Logo

Nova Jazz sauvé par les internautes

31 octobre 2019 | Edition N°2614

Yverdon-les-Bains – L’association qui promeut le jazz dans le Nord vaudois a récolté 15 000 francs grâce à un financement participatif. Face à des problèmes de trésorerie, elle avait lancé un appel à l’aide au début du mois. Un repas de soutien aura lieu samedi, suivi d’un concert.

«C’était in extremis, mais on a reçu un coup de pouce d’un donateur généreux.» Contacté mardi, Clément Strahm était soulagé, concernant l’avenir de Nova Jazz, l’association qui promeut le jazz actuel au Conservatoire de musique du Nord vaudois. Au début du mois d’octobre, ses membres avaient lancé un appel à l’aide pour éponger une dette de 15 000 francs, qui a rencontré le succès escompté grâce à une plateforme de financement participatif. Désormais, «il va falloir être plus prudent sur les dépenses, mais ce soutien va nous permettre de repartir avec un rythme plus ou moins normal», assure le programmateur.

Un trou financier à combler

Cette situation difficile est due «à plusieurs facteurs», estime le jeune homme. L’un des membres fondateurs de l’association, qui œuvrait de manière bénévole, a décidé de se consacrer à d’autres activités. Pour combler ce vide, les deux membres restants ont engagé une personne pour promouvoir les concerts, mais cela a creusé le budget en quelques mois. Par conséquent, l’association a dû y renoncer et réfléchit à d’autres pistes. De plus, l’une des soirées organisées lors du Nova Jazz Festival n’a pas marché comme l’espéraient les organisateurs et deux fondations n’ont pas pu soutenir l’association cette année.

Y aurait-il un désintérêt du public nord-vaudois pour le jazz? Les concerts de certaines pointures comme Vincent Peirani, Tigran Hamasyan et Avishai Cohen affichaient pourtant salle comble. «Le réservoir de population est plus restreint qu’à Lausanne ou Genève, mais la fréquentation est assez saine, puisqu’une cinquantaine de spectateurs assistent en moyenne à chaque concert», explique Clément Strahm. Et de préciser: «Certains d’entre eux sont venus du canton de Zoug pour venir écouter Tord Gustavsen Trio et le concert de Vincent Peirani a suscité l’intérêt jusqu’en France voisine. Ce qui est plutôt bon signe.»

Des subventions de la Ville

L’association reçoit également une subvention de 25 000 francs par année de la Ville d’Yverdon-les-Bains. Une convention a été signée pour garantir un soutien durant trois ans, jusqu’en 2021. Dans le cadre du festival, certains concerts sont organisés en collaboration avec d’autres institutions culturelles yverdonnoises et cette saison, la plupart des évènements se déroulent à L’échandole. «Il y a de belles synergies entre ces différents acteurs culturels», considère Raphaël Kummer. Si le jazz ne touche pas forcément tout le monde, le chef du Service de la culture estime que la programmation de l’association se veut «très ouverte» et permet d’accueillir des publics différents. «Avec le Théâtre Benno Besson, Nova Jazz va proposer des concerts grand public, tandis qu’à L’Échandole, les organisateurs vont plutôt miser sur des projets plus intimistes». Et de conclure: «En Suisse, nous avons de très bonnes écoles de jazz et il est important de mettre en valeur des artistes contemporains. C’est aussi ce qui fait la force de Nova Jazz.»

Hommage à Esbjörn Svensson pour l’anniversaire de Nova Jazz

Cette année, l’association Nova Jazz souffle ses cinq bougies. Pour marquer l’évènement, un repas de soutien aura lieu samedi à 19h, au restaurant L’Impro, à la rue des Cygnes 10 à Yverdon-les-Bains. La soirée se poursuivra ensuite avec un concert qui se déroulera au Conservatoire de musique du Nord vaudois, dès 21h. À cette occasion, quatre artistes – André Hahne, Clément Grin, Nicolas Masson et Marc Méan – reprendront le répertoire du pianiste suédois Esbjörn Svensson, aujourd’hui disparu. «On a voulu proposer une création originale pour l’occasion en rassemblant des musiciens qui sont déjà venus jouer sur la scène du Nova Jazz», assure Clément Strahm.

Inscription pour le repas de soutien jusqu’à vendredi midi au 024 425 44 27.

Valérie Beauverd