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«On demande simplement l’égalité de traitement»
Irena et Nikola Jeremic. © Michel Duperrex

«On demande simplement l’égalité de traitement»

27 mai 2021

Irena et Nikola Jeremic ne comprennent pas pourquoi la Municipalité ne les autorise pas à avoir une terrasse protégée de la pluie. Ou pas comme ils le souhaitent.

«Dans cette histoire, nous avons perdu deux ans et 10 000 francs pour l’instant. Mais je ne veux rien lâcher, j’ai espoir qu’il y ait encore une issue positive.» Irena Jeremic et son mari Nikola sont gérants, depuis 2015, de La Brassr’Y, à l’angle de la rue de la Plaine et de celle du Valentin. La récente fermeture forcée due au Covid les a peinés, mais a été l’occasion de repenser tout l’intérieur. «Maintenant, on se sent vraiment chez nous, la décoration porte ma patte», sourit la patronne, qui souhaitait apporter encore plus de confort à ses clients en aménageant la terrasse côté rue de la Plaine, principalement pour les protéger de la pluie.

Aujourd’hui, il existe bien une bâche, mais qui est… inutilisable en cas de pluie, puisque l’eau s’accumule et finit par tomber sur les clients. «Il y a beaucoup de monde qui me dit être courageux de venir dans notre établissement vu les conditions. Lorsqu’il pleut, on est une des pires terrasses d’Yverdon, ce n’est pas agréable. Mais nous, on veut travailler aussi quand il fait mauvais temps. Nous avons donc soumis plusieurs projets à la Ville», explique Irena Jeremic.

De ces projets élaborés, tous ont été refusés, après plusieurs péripéties. Le couple a eu l’idée d’une pergola, puis d’un deck (le sol n’étant pas plat), et enfin de deux poteaux fixes pour soutenir la bâche et la solidifier, afin d’éviter ce fameux effet de «déversement sur les clients». D’abord, le couple pense à des poteaux plantés dans le sol, comme un bar voisin l’a fait. Refus strict. Et enfin, les deux cafetiers-restaurateurs apportent une nouvelle version à leur projet, avec des poteaux collés au sol. «Là, je pensais sincèrement que c’était bon. On avait déjà beaucoup réduit le projet, même si je ne comprends toujours pas pourquoi. On demande simplement l’égalité de traitement et on a parfois eu l’impression d’être moins bien traités que d’autres. Là, sincèrement, c’est flagrant…», soupire la patronne.

Et surprise, ils reçoivent, en date du 20 mai, un permis de construire avec dispense d’enquête, signé par la municipale Gloria Capt. La Police des constructions annonce «accepter cette demande moyennant le fait que les deux poteaux soutenant le store beige soient fixés sur une base de type pied de parasol, sans trous dans la chaussée, et que ces éléments soient supprimés tous les soirs. Le deck est refusé.» Une annonce qui fait bondir les Jeremic. «Le deck, même si on peine à comprendre, on a fait une croix dessus. Mais enlever notre terrasse tous les soirs, c’est inimaginable. On ne comprend pas. La colle ne laisse aucune trace, même si elle est puissante.» Ils ont trente jours pour faire recours. «Sincèrement, je ne vais pas lâcher», promet la tenancière.

 

Gloria Capt: «L’inégalité entre les différents demandeurs est de fait, elle n’a aucun lien avec la Municipalité»

 

Municipale des bâtiments, Gloria Capt a signé les différents courriers adressés à Irena et Nikola Jeremic. «Nous ne faisons évidemment aucune différence entre les dossiers. Ce couple de restaurateurs invoque l’égalité de traitement, mais l’inégalité est de fait, elle n’a aucun lien avec la Municipalité. Certains restaurants ont des grandes terrasses, sur la place Pestalozzi par exemple, et d’autres n’ont même pas droit à une terrasse. C’est malheureux. Bien sûr que nous aimerions faire plaisir à tout le monde, mais il y a des règles et elles sont les mêmes pour tout le monde. Notre politique est claire.»

Gloria Capt défend les décisions de son service, expliquant par ailleurs que celle de ne pas autoriser le deck dans le centre historique d’Yverdon, dont fait partie la zone concernée, est du ressort du Canton. «Ce couple peut prendre contact avec nous s’il y a des éléments nouveaux», continue la municipale en charge.

Parmi les points qui ont interloqué les Jeremic dans le dernier courrier, celui qui indique que le Service Travaux & Environnement situe leur projet à la rue du Valentin n’est pas le moindre. «Nous avons fait une demande concernant la Plaine, pas le Valentin. Sont-ils seulement venus voir?» s’interroge Irena Jeremic. Gloria Capt répond: «Les Services font leur travail correctement. Maintenant, s’il y a une interrogation sur tel ou tel point du dossier, je propose à ce couple d’écrire en demandant un éclaircissement et ils recevront une réponse détaillée, voire un réexamen du dossier si nécessaire.» Tout espoir n’est donc pas perdu pour Irena et Nikola Jeremic.

Tim Guillemin