Logo
«On est partis pour une grande ouverture le 31 mars»
© Michel Duperrex

«On est partis pour une grande ouverture le 31 mars»

8 janvier 2021

Le coup d’envoi était prévu pour décembre, mais le Covid est passé par là. Où en est-on avec le chantier d’Explorit, le grand projet futuriste d’Y-Parc?

Son mélange de noir et d’or attire forcément les regards. Et d’ailleurs, vu sa taille, il est difficile de passer à Yverdon sans apercevoir cet immense bâtiment au design atypique. Il s’agit du très attendu projet à 70 millions de francs de Kindercity, rebaptisé par la suite Explorit. Ce nouveau centre multifonctionnel d’Y-Parc regroupera le monde du business, de l’innovation, de la science et des loisirs. Et autant dire qu’il est très attendu… Normalement, décembre 2020 aurait dû être synonyme de grande inauguration. Mais force est de constater qu’en janvier, les portes de cet espace avant-gardiste ne se sont toujours pas ouvertes… Faut-il s’en inquiéter?
Jusqu’à hier après-midi, le président directeur général d’Explorit, Jean Christophe Gostanian, avait un espoir d’annoncer un coup d’envoi en février… Mais la situation sanitaire actuelle l’a poussé à revenir sur sa position. «Ouvrir dans cette situation n’a aucun sens. On est dans l’expectative, car ouvrir un lieu si magnifique avec l’autorisation de ne recevoir que cinq visiteurs, c’est juste impossible. Donc on prend notre mal en patience, déplore celui qui gère également les centres Explorit de Zurich, de Bâle et du Tessin. On est partis pour une grande ouverture le 31 mars, juste avant Pâques!» Mais pas de quoi entamer son enthousiasme: «J’ai assez de malheurs dans les autres Explorit, car ils sont fermés. Si on ouvre après le coronavirus, en fait, ce sera mieux.»

Pourtant, en passant devant l’imposant édifice, on pourrait croire que l’intérieur est tout vide et qu’une inauguration en février aurait de toute façon été irréaliste. Mais ce n’est pas l’avis de Jean Christophe Gostanian. «Le bâtiment était hors d’eau en juin. Là, on vient de finir la façade. Mi-mars, on va finir la partie extérieure. Avec la Ville d’Yverdon, on a décidé de relier la future halte CFF et les différents axes d’Y-Parc avec des ponts et des passerelles.» Il ajoute: «Actuellement, les locataires entrent gentiment. On en a cinq qui débarquent en janvier, dix en février et 25 en mars. Et chacun des 40 locataires arrive avec les employés du bâtiment qu’il a mandatés pour équiper ses locaux.» Et ce n’est pas peu dire qu’il y a du monde qui s’active pour aménager les locaux. Puisqu’ils sont des dizaines à pied d’œuvre et, dès la semaine prochaine, ils seront même entre 200 et 250 sur le site au quotidien. Le point positif est que l’ensemble du bâtiment, ou presque, a trouvé preneur (voir notre pyramide ci-dessous).
Mais est-ce que le rez-de-chaussée, porte d’entrée de ce complexe futuriste, est au moins prêt? «Oui et non, répond Jean Christophe Gostanian. Avec le coronavirus, c’est compliqué. En fait, c’est surprise tous les jours avec les fournisseurs et les entreprises. Tout est compliqué dans le sens qu’on doit être extrêmement flexibles et pragmatiques. Au final, on ouvrira quand on ouvrira.»

 

L’Union européenne mise sur un projet pilote yverdonnois

 

Heureusement, malgré les mauvaises nouvelles qui tombent constamment, il y en a une qui remet du baume au cœur. «On est assez fiers parce qu’on vient d’apprendre que notre projet a été retenu par l’Union européenne, qui va nous soutenir», se réjouit le Marseillais d’origine qui vit désormais à Zurich depuis de nombreuses années. Et c’est là que l’entrepreneur s’enflamme à présenter son grand projet pilote: SunnYparc. En résumé, Explorit a intégré différentes installations afin de rendre Y-Parc 100% autonome en énergie. Et la botte secrète de ce concept: les voitures électriques. «On va lancer l’un des premiers microgrid du canton de Vaud. C’est le fait que l’on consomme directement l’énergie que l’on produit avec nos bâtiments, sans l’injecter dans le réseau traditionnel.»

Mais la difficulté, dans ce type de réseau fermé, c’est la gestion des besoins. Parce que si les panneaux solaires produisent plus d’électricité que ce que les entreprises du parc technologique ont besoin à un moment donné de la journée, à midi par exemple, il faut réussir à stocker cette énergie pour plus tard. Et c’est là que les voitures de dernière génération ont un rôle crucial. «On va créer une Powertower (ndlr: littéralement une tour d’énergie), dévoile-t-il. On va prendre les vieilles batteries des voitures électriques et on va les empiler dans une tour pour stocker notre énergie.» Mais ce n’est pas tout… Il va aussi utiliser les voitures de tourisme qui roulent pour alimenter les activités d’Y-Parc. «On va faire des sortes de rails de chargement, poursuit-il. Par exemple, quand un employé arrive le matin avec sa voiture électrique, il va la plugger à une borne de recharge et il va dire à quelle heure il compte repartir. Et là, on aura un système intelligent qui va récupérer toute l’énergie de la voiture pour l’utiliser dans le parc et, dans l’après-midi, il va recharger la voiture. En fait, le véhicule va servir de batterie du Parc durant la journée.»

Ce projet pilote n’est qu’un outil de plus pour placer Explorit dans le camp des bons élèves. Car le bâtiment lui-même est responsable. «Il a été construit avec le bois qui vient de la région d’Orbe par la société JPF-Ducret, qui est basée juste à côté de nous. Ils ont quasi transporté notre bâtiment à pied! C’est vraiment quelque chose d’unique!, se félicite Jean Christophe Gostanian. Et je suis très heureux qu’il y ait à Yverdon un projet aussi innovant au niveau suisse et européen.»

Christelle Maillard