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Ousmane Doumbia prêt à se dévoiler

12 octobre 2017 | Edition N°2100

Football – Promotion League – L’Ivoirien, fraîchement débarqué à Yverdon Sport après quatre saisons passées au Servette FC, pourrait disputer son premier match samedi à Cham. Rencontre.

Ousmane Doumbia est Yverdonnois pour au moins six matches. Mais il espère bien terminer la saison au Stade Municipal. ©Michel Duperrex

Ousmane Doumbia est Yverdonnois pour au moins six matches. Mais il espère bien terminer la saison au Stade Municipal.

Ousmane Doumbia, c’est ce milieu défensif irréprochable, qui ne cherche jamais à faire de vagues en-dehors du terrain. Ce jeune homme (25 ans) qui respire la fraîcheur, aussi, mais qui bénéficie pourtant de l’expérience d’un cador (trois saisons en Challenge League, une en Promotion League). Ce joueur qui vient de débarquer dans le Nord vaudois, mais qui y possède déjà tous ses repères, à commencer par les méthodes d’entraînement du coach Anthony Braizat, qu’il connaît sur le bout des doigts pour les avoir exercées à Servette. Bref, sur le papier, l’Ivoirien est la recrue idéale pour Yverdon Sport. Et il lui tarde de démontrer que c’est aussi le cas sur le terrain.

Si Ousmane Doumbia n’en peut plus d’attendre samedi, date de ses débuts avec YS (16h à Cham), c’est aussi qu’il n’a plus joué depuis six mois, la faute à une vilaine blessure. Un arrêt qui lui a valu de ne pas être retenu dans le groupe dirigé par Meho Kodro.

Mais cela ne change pas son constat : il a vécu quatre saisons formidables dans la Cité de Calvin : «Cela a été une très belle expérience. Je pourrais comparer l’ambiance d’équipe à celle que je trouve ici, à Yverdon. Tout le monde essaie d’intégrer les nouveaux le plus rapidement et simplement possible, et ça fonctionne. A Genève, on s’en fichait de ce qu’il se passait autour (ndlr : la faillite du club, les salaires impayés), on jouait. C’était la seule chose qui importait.»

 

Sur la trace de Kouassi

 

Demeure tout de même un regret dans la jeune carrière servetienne de celui qui avait quitté la D2 ivoirienne pour s’établir en Suisse : «Mon départ pour Sion, ou plutôt le départ qui n’a jamais eu lieu… Au milieu de la saison 2015/2016, j’aurais pu rejoindre la Super League, un rêve de gosse quand je repense à d’où je viens. J’avais eu plusieurs fois l’entraîneur (ndlr : Didier Tholot) au téléphone. Je devais pallier l’absence de Xavier Kouassi, qui s’était blessé, et que j’avais d’ailleurs déjà remplacé à Genève lorsqu’il avait rejoint le Valais. J’aurais eu ma place, c’était presque sûr.» Sauf que le Servette FC, alors en Promotion League, jouait la montée et n’avait pas accepté de perdre l’un de ses meilleurs éléments. Un coup dur, assurément, mais le petit frère de Seydou -l’aîné marque aujourd’hui au Sporting Lisbonne- s’en était remis.

Au bout du lac, lors de cette même saison, l’homme au six buts en ligue nationale avait déjà été dirigé par Anthony Braizat , avant que le technicien ne soit remercié, quelques mois plus tard, malgré des résultats probants. «On ne s’est jamais beaucoup retrouvés en-dehors du football, explique le joueur. Mais, dans son travail, il est excellent. On avait d’ailleurs été très surpris d’apprendre son éviction du Servette. C’est une chance pour Yverdon. Il fait vraiment progresser les footballeurs qu’il a sous ses ordres. Ses séances sont intenses, mais supportables. En général, c’est après l’entraînement que les jambes commencent à piquer.»

«Je n’ai pas envie de lâcher Yverdon Sport si le club compte sur moi»

 

L’homme fort d’YS n’est évidemment pas étranger à l’arrivée de ses anciens protégés (également Bruno Caslei, voir ci-dessous) dans la Cité thermale. Cet été, le Français avait déjà réussi à faire venir Dylan Tavares, excellent sur la gauche de la défense depuis le début de la saison. Preuve qu’Anthony Braizat est impliqué à 100% à Yverdon Sport et qu’il effectue du très bon travail, bien au-delà des résultats de l’équipe.

Ousmane Doumbia, pour l’heure, a signé un contrat le liant au club uniquement jusqu’au terme du premier tour, soit six matches. L’occasion pour YS d’observer si son nouveau renfort est encore capable d’afficher le standing Challenge League après sa blessure, et pour l’Ivoirien de retrouver du temps de jeu et ses repères sur le terrain. «Cela dépendra beaucoup de mes performances, c’est logique, assure celui qui a de bonnes chances de se retrouver sur la pelouse après-demain. Mais je n’ai pas envie de lâcher le club s’il compte sur moi. Ça fait deux semaines que je suis arrivé, mais j’ai l’impression d’avoir passé ma vie ici. Je vois cette étape comme un tremplin. Je n’ai pas abandonné mes rêves de jouer plus haut. Mais, si mes prestations conviennent au club, j’espère au moins terminer la saison avec et l’aider à atteindre ses objectifs.»

Séduisant dans le discours, il ne reste plus qu’à Ousmane Doumbia de l’être aussi en pratique. S’il en est capable, il deviendra très vite un indispensable dans les rangs yverdonnois.

 

La salle de sport au rythme de la Côte d’Ivoire

 

Qui dit signature avec Yverdon Sport dit forcément séances d’entraînement avec Djibril Cissé. Ce privilège, Ousmane Doumbia en profite à fond. «J’ai rencontré quelqu’un de vraiment humble, qui s’implique pour aider l’équipe. Ça peut paraître anodin, mais tous les footballeurs ayant vécu une carrière aussi riche ne sont pas comme ça, et de loin. Si on m’avait dit qu’on serait un jour coéquipiers lorsque je le regardais à la télé depuis mon pays, jamais je n’y aurais cru.» Une anecdote illustre la simplicité de «Djib»: «L’autre jour, on s’est retrouvés à la salle de sport pour s’entraîner, raconte le demi défensif. Lorsque je suis entré dans la pièce, il était déjà là et de la musique ivoirienne résonnait. Il m’a dit : puisque tu viens d’arriver et que je veux que tu te sentes comme chez toi, on va écouter de la musique de ton pays, c’est normal. Et on a effectué toute notre séance comme ça. C’était génial !»

 

Bruno Caslei : «Changer d’air»

 

Arrivé dans la Cité thermale en même temps que son complice genevois, Bruno Caslei aurait déjà pu être Yverdonnois cet été. Cela ne s’était finalement pas fait, tout le monde ne s’étant pas entendu. Mais le milieu offensif ayant compris qu’il n’entrait plus dans les plans de Servette, qui le faisait évoluer avec la réserve en 2e ligue inter, il a décidé de revenir toquer à la porte d’YS, avec succès cette fois-ci. «Mon arrivée s’est très bien passée, les joueurs se sont montrés super accueillants. L’objectif est de retrouver du temps de jeu à bon niveau. Et puis, l’équipe est ambitieuse. Pour moi, ce serait génial de revenir en Challenge League autre part qu’à Genève», note celui qui compte 21 matches de ligue nationale à son actif. Il a signé un contrat d’une saison.

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Florian Vaney