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Pendaison de crémaillère chez les tortues

1 juillet 2019 | Edition N°2529

Chavornay – Jean-Marc Ducotterd et son équipe ont invité les autorités et le public à inaugurer le nouveau centre Emys, qui pourra accueillir jusqu’à 5000 reptiles.

Il en a passé des nuits blanches. Et ce n’est pas rien de le dire. Depuis 25 ans, le président de l’association Protection et récupération des tortues (PRT), Jean-Marc Ducotterd, se démène pour la sauvegarde de ses petites protégées. Vendredi, l’ange-gardien des tortues et son équipe ont inauguré le centre Emys en présence des autorités cantonales et communales, à Chavornay. À terme, le site pourra accueillir jusqu’à 5000 hôtes, contre 2400 actuellement.

Avec le cœur et les tripes

«Cette aventure a chamboulé toute ma famille et rythmé nos vies», a assuré Jean-Marc Ducotterd. Cependant, entre le rêve de sauvegarder des milliers de carapaces et la réalité du terrain, il y a parfois un fossé.

Pendant près de dix ans, le passionné a cherché des financements pour aménager ce nouveau site. «Il a fallu prendre mon bâton de pèlerin. Aujourd’hui, je peux le dire, 98% des demandes que j’ai envoyées ont reçu une réponse négative. Mais quand on y va avec son cœur et ses tripes, tout est possible.»

Lors de son discours, la présidente du Conseil d’État, Nuria Gorrite, a rappelé que ce type de centre était «malheureusement nécessaire» pour «l’ensemble des êtres vivants qui font les frais des égoïstes», notamment à l’approche des vacances d’été. Elle a aussi confié qu’elle même avait possédé une tortue nommée Playda lorsqu’elle était enfant. «Quand elle est morte, j’ai pleuré pendant deux jours et je ne suis pas allée à l’école.»

À ce jour, l’association PRT a récolté 1,8 million de francs de dons sur les 2 millions recherchés, dont une contribution importante de la Loterie Romande.

Jamais à court d’idées pour améliorer l’infrastructure, Jean-Marc Ducotterd souhaite professionnaliser le centre et envisage de créer une zone de sensibilisation d’un montant de 70 000 francs, afin d’accueillir Emys orbicularis, la seule espèce indigène.

Valérie Beauverd