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Politique du stationnement à deux vitesses

21 février 2019 | Edition N°2441

Yverdon-les-Bains  –  Alors que la Municipalité a annoncé qu’elle gelait son projet de macarons destinés aux pendulaires, la police a commencé à déplacer certains automobilistes.

«Le véritable luxe, c’est l’espace», clamait le slogan d’une célèbre marque automobile française. Et de l’espace, il y en a désormais sur le parking de l’Ancien-Stand à Yverdon-les-Bains. Au lieu de tourner en rond pour trouver une place libre, les pendulaires qui travaillent au centre-ville ont désormais le choix en arrivant le matin. La raison? Une nouvelle politique d’attribution des macarons. En effet, depuis quelque temps, la Police du stationnement redirige tous ceux qui renouvellent leur fameux sésame vers le parking de l’Hippodrome.

«Le taux de macarons pendulaires encore affectés au parking de l’Ancien-Stand est de 54%, sur un nombre total de 140 places, détaille Vincent Audemars, chef de la police administrative. L’objectif est de le réduire à 0%, ce parking n’étant désormais plus destiné aux pendulaires mais aux touristes, aux clients des commerces et aux autres automobilistes de passage dont les besoins en stationnement excèdent trois heures consécutives. C’est un ajustement qu’on ne peut faire qu’au moment du renouvellement des macarons.»

Autre nouveauté: Police Nord vaudois a décidé, depuis décembre 2018, que toutes les  autorisations seraient désormais limitées à six mois, en attendant que le nouveau Règlement communal du stationnement soit validé par le Canton. Et c’est là que ça se corse, en cas de renouvellement. Les anciennes dispositions sont en effet encore en vigueur  et elles prévoient, à l’article 12, que «si le bénéficiaire n’a pas résilié son macaron un mois avant son échéance, celui-ci est automatiquement reconduit pour la durée initialement prévue». Il serait donc impossible, selon le texte, de limiter la durée de validité des sésames déjà attribués, ce que conteste Vincent Audemars. Selon lui, le renouvellement d’un macaron n’est rien d’autre que l’octroi d’une autorisation de stationner, dont la seule compétence revient à la Ville. «L’autorité conserve toujours la main sur l’octroi des macarons. On ne peut jamais le lui imposer», assure-t-il.

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Discussions en cours

Le nouveau Règlement du stationnement d’Yverdon-les-Bains, validé par la Municipalité en octobre dernier, a fait couler beaucoup d’encre. Car celui-ci prévoyait une augmentation drastique du prix des macarons pendulaires, passant de 270 francs à 1200 francs. Face aux vives réactions des milieux économiques et industriels, la Ville avait alors décidé de «suspendre provisoirement la mise en œuvre de sa politique de stationnement destinée aux pendulaires motorisés», le 31 octobre 2018. Ce moratoire de six mois doit permettre aux autorités de discuter avec les acteurs locaux. «Pour l’instant, je n’ai pas encore reçu le premier rapport des discussions», affirme le syndic Jean-Daniel Carrard.

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Recours encore possible

Le Canton de Vaud a validé le nouveau Règlement communal du stationnement le 14 février dernier. Cette décision a été publiée cinq jours plus tard dans la Feuille des avis officiels, ouvrant un délai de recours de vingt jours. Celui-ci a pour objectif de permettre à «n’importe quel administré qui pourrait stationner à Yverdon-les-Bains de faire recours auprès de la Cour constitutionnelle du Tribunal cantonal», souligne Vincent Duvoisin, chef de division du Service des communes et du logement. Tant que le délai de recours n’est pas échu, l’entrée en vigueur du nouveau règlement est suspendue.

Christelle Maillard