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Première prise pour un festival du court métrage

27 septembre 2018 | Edition N°2340

Yverdon-les-Bains  –  Le club de cinéma Objectif vidéo souffle sa quarantième bougie ce samedi. Public et réalisateurs francophones de tous bords sont invités à se rencontrer lors d’une manifestation créée pour l’occasion.

C’était en 1978. Avant les smartphones à haute définition. Avant même l’avènement des caméscopes. Le club yverdonnois de vidéastes Objectif vidéo voyait le jour. Quarante ans plus tard, il est toujours là, mû par la volonté de rendre accessibles les arcanes du cinéma. Pour fêter ce cap, le comité a mis les petits plats dans les grands et organise, ce samedi, le Festival romand du court métrage d’Yverdon-les-Bains (Frcmy), au Théâtre Benno Besson. Au menu de cet évènement accessible gratuitement: 26 œuvres de réalisateurs amateurs et confirmés.

Une pierre deux coups

Le constat à l’origine du projet est fataliste pour François Amiguet, secrétaire et membre du comité d’Objectif vidéo: «Les clubs de cinéma tendent à disparaître.» Celui qui chapeaute le festival regrette aussi la désertion des associations par les jeunes. Pourtant, il y a toujours de l’espoir. «J’ai assisté à pas mal de festivals. C’est extraordinaire, même des petits villages arrivent à attirer jusqu’à 300 personnes, s’exclame-t-il. Il y a un intérêt pour les courts métrages!»

Il explique que le but d’Objectif vidéo est double. D’abord, relier et réunir les clubs romands et raviver un terreau de création souvent effacé par les Alémaniques. Mais aussi recruter, notamment des jeunes. «Nous voulons attirer des profanes, glisse-t-il. Nous voulons montrer que les amateurs font des belles choses, ailleurs que sur Youtube et avec du matériel professionnel.»

Dès 17h30, les festivaliers pourront contempler une douzaine de courts métrages produits par des réalisateurs francophones semi-professionels. Mais dès 13h30, ce sont surtout quatorze œuvres de cinéastes des différents clubs romands qui seront diffusées. A l’image de Neuchâtel ou Fribourg, le club de la Cité thermale est représenté par deux vidéastes.

Des réalisateurs du cru

Josy Taramarcaz présentera son documentaire sur le sarclage des céréales.

Josy Taramarcaz présentera son documentaire sur le sarclage des céréales. © Michel Duperrex

Josy Taramarcaz est un adepte du format vidéo depuis un an seulement. Mais ce conseiller agricole originaire de Neuchâtel a, depuis, développé une passion pour le média, qu’il décrit comme idéal pour «montrer, promouvoir et vulgariser». Il admet d’ailleurs volontiers qu’il a beaucoup appris auprès du club yverdonnois, ravi de la manifestation de samedi. «C’est une bonne chose. C’est la première et c’est peut-être le début de quelque chose!».

Pour Romain Chautems, Internet est une niche à exploiter pour diffuser le travail des cinéastes amateurs et les clubs devraient davantage investir ce terrain.

Pour Romain Chautems, Internet est une niche à exploiter pour diffuser le travail des cinéastes amateurs et les clubs devraient davantage investir ce terrain. © Carole Alkabes

L’autre vidéaste local est Romain Chautems, 20 ans, d’Yverdon-les-Bains. C’est sa petite fiction, «O.F.N.Y», tournée entre Thièle et Mujon, qui sera diffusée samedi. Celui qui diffuse depuis ses 13 ans des vidéos sur Internet voit le club comme un endroit de partage et moins d’aprentissage. Si le réalisateur se réjouit de la tenue du festival, il estime que les productions locales n’y sont pas assez mises en valeur, notamment la palette de vidéastes qui se produisent sur Internet. «C’est un cadre très classique. Pour un festival de cette ampleur, il faudrait plus d’ouverture.»

Pour sa première édition, entièrement autofinancée, le Frmcy n’a peut-être pas trouvé ses marques. Mais si le succès est au rendez-vous, sans doute que la formule se précisera.

Le programme est accessible sur objectif-video.ch/festival

 

La Cité thermale fait son cinéma

Léon Yersin à l’honneur

Faits divers, film de Léon Yersin, sera diffusé demain en ouverture de La nuit du court métrage à Yverdon-les-Bains, ville d’origine du réalisateur. Les cinéphiles pourront le visionner à 12h15 à la bibliothèque publique et scolaire ainsi qu’à 20h au cinéma Bel-air, en compagnie de l’actrice Leonor Oberson.

Guillaume Guenat