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Présence policière accrue au centre

21 avril 2017 | Edition N°1980

Yverdon-les-Bains – Depuis une dizaine de jours, des agents de Police Nord vaudois sillonnent les rues du centre-ville. Seul ou à deux, ils marquent une présence qui a pour objectif de lutter contre le sentiment d’insécurité.

Les agents patrouillent désormais entre 10h et 22h au sein des rues piétonnes du centre-ville. ©Carole Alkabes

Les agents patrouillent désormais entre 10h et 22h au sein des rues piétonnes du centre-ville.

«Tu crois qu’ils sont là pour prévenir un risque d’attentat ?», lâche une dame en voyant deux patrouilles de Police Nord vaudois qui s’entretiennent en plein centre-ville d’Yverdon-les-Bains. C’est vrai que depuis un peu moins de deux semaines, les visages des agents deviennent presque familiers pour les passants qui empruntent régulièrement les rues du centre historique. Comment expliquer une telle présence policière ?

 

Réorganisation des forces

 

«Il s’agit d’une réarticulation de nos moyens, pour optimiser notre visibilité. L’objectif à long terme est de réduire significativement le sentiment d’insécurité qui touche certains habitants et commerçants du centre-ville», explique le capitaine Cavin, chef de la division opérationnelle de Police Nord vaudois.

Ce dernier affirme sans hésiter qu’il n’y a aucun lien avec un potentiel risque d’attentat. C’est bien un sentiment d’insécurité lancinant qui est la première cible de réarticulation des moyens des forces de l’ordre.

«C’est un constat qui n’est pas neuf, et qui est notamment dû à la scène de la drogue. Je n’entends par là pas uniquement le deal de rue, mais aussi les délits connexes, les déchets relatifs à la consommation et les désagréments qu’ils peuvent engendrer», précise le capitaine Cavin, en rappelant que la lutte contre le trafic de stupéfiants est de la compétence de la Police cantonale vaudoise.

Désormais, deux à trois policiers marquent une présence accrue au centre-ville entre 10h et 22h, environ, dans un rayon qui va de la gare aux rues piétonnes, dont la rue du Lac, la rue du Valentin et la rue de Neuchâtel.

 

Des commerçants positifs

 

La cadence élevée d’uniformes bleus dans les rues est vu d’un bon œil par les commerçants du centre-ville. «C’est une excellente chose. Sans se faire d’illusions quant à l’éradication complète du deal en ville, cela va favoriser l’effet d’éparpillement des dealers et rassurer l’ensemble de la population locale, des visiteurs et des touristes», avance Laurent Bertschi, vice-président de la Société industrielle et commerciale d’Yverdon-les-Bains, Grandson et environ.

 

«En solo»

 

Particularité : il ne sera pas rare de rencontrer des agents «en solo». «C’est une manière de rationaliser les patrouilles pédestres et d’augmenter la visibilité policière. Dans le cas d’une intervention, ils ne fonctionnent jamais seuls. Ils demanderont assistance à un collègue toujours présent non loin de la zone», avance le capitaine Cavin.

Cette réorganisation des ressources policières n’a pas de lien direct avec une volonté d’arrestations supplémentaires, mais veut avoir un effet dissuasif sur la commission d’infractions. «Nous partons de la logique propre au concept de police de proximité que notre plus forte présence est susceptible de réduire le nombre d’interventions», avance le capitaine Cavin.

 

«Montée en puissance»

 

Cette présence accrue n’est que la première phase d’un processus qui sera mis en place sur la durée. «Il est encore trop tôt pour se prononcer, nous attendons le retour des commerçants et des citoyens. Nous tentons de nous adapter en permanence aux différentes attentes, mais c’est le début d’une montée en puissance», conclut le capitaine Cavin.

 

Compétences limitées en matière de stupéfiants

 

A chaque service ses compétences. Même s’ils collaborent étroitement avec la Police cantonale vaudoise, les agents de Police Nord vaudois ne sont pas directement compétents pour traiter une affaire de stupéfiants. En cas d’interpellation, ces derniers peuvent amender les consommateurs s’ils ne détiennent qu’une quantité limitée de cannabis. Ils remettront les trafiquants ainsi que l’affaire à la Police cantonale vaudoise en cas d’investigations complémentaires. «Nous collaborons avec Police Nord vaudois, mais elle n’est effectivement pas compétente en matière judiciaire. Elle transmet à nos services les cas qui nécessitent une investigation pénale», explique Olivia Cutruzzolà, porte-parole de la Police cantonale vaudoise.

 

Opération azur en place depuis novembre 2016

 

En collaboration avec Police Nord vaudois, la Police cantonale vaudoise a lancé l’opération «azur» en novembre 2016. Dans une volonté d’endiguer le deal de rue, elles ont déjà effectué vingt d’opérations. Résultats jusqu’à aujourd’hui : une vingtaine d’interpellations et plusieurs dizaines de grammes d’héroïne et de cannabis saisis.

La Division flagrant délit de la Brigade des stupéfiants travaille au quotidien pour décourager les trafics, mais c’est une délinquance compliquée à gérer. «Le deal de rue est difficile à juguler. Les dealers connaissent les lois, ils ont peu ou pas de marchandises sur eux. Mais nous maintenons une pression constante sur les trafiquants», avance Olivia Cutruzzolà, porte-parole de la Police cantonale vaudoise.

Bayron Schwyn

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Rédaction