Logo

Respirer sainement, mais avec style

25 février 2019 | Edition N°2444

Yverdon-les-Bains – Quatre étudiants hébergés par la HEIG-VD développent des masques design destinés au marché asiatique.

Carmen Grange, Gaëlle Rey-Bellet, Quentin Schmidlin et Quentin Rüeger sont encore étudiants à Lausanne, mais ils ont déjà lancé leur start-up baptisée Breez, dans les locaux de la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), à Yverdon-les-Bains. Leur objectif? Produire des masques design qui filtrent l’air, destinés au marché chinois et peut-être, pourquoi pas, à la  Suisse par la suite.

Dans l’Empire du milieu, connu pour ses pics de pollution atmosphérique, les habitants sont habitués à porter des protections respiratoires. Et les jeunes Suisses, qui se trouvaient précisément sur place dans le cadre de leur formation, en juillet dernier, ont décidé de leur apporter du style (lire encadré). L’idée leur est venue au moment de concevoir un projet rentable et viable sur la thématique de «La vie saine en Chine», avec une semaine pour le mener à bien en collaboration avec deux étudiants locaux. «On a voulu présenter quelque chose de simple, car le rythme de travail chinois nous faisait peur. Mais au final, nous sommes les seuls de la classe à avoir continué notre projet!», confie Carmen Grange.

Idée suisse mais production chinoise

De retour en Suisse, les quatre étudiants en Master Innokick – celui-ci permet d’acquérir les compétences interdisciplinaires nécessaires pour développer des produits et des services innovants afin de les commercialiser avec succès – ont remarqué qu’il y avait beaucoup d’intérêt pour leur projet, ici aussi. Ils ont donc déposé un brevet et commencé à chercher des matériaux et à créer des prototypes, en collaboration avec divers établissements et entreprises helvétiques. «Le but est de développer le projet ici pour obtenir le meilleur sur le plan qualitatif», expliquent-ils. «Lorsque nous seront sûrs de nous, nous donnerons les ordres en Chine pour lancer la production sur place. C’est moins cher et plus écologique», complète Carmen Grange.

Quentin Rüeger, Carmen Grange et Gaëlle Rey-Bellet ont imaginé des masques antipollution au design étudié, pour le marché chinois. Quentin Schmidlin (absent sur la photo), complète le groupe de jeunes entrepreneurs.

Quentin Rüeger, Carmen Grange et Gaëlle Rey-Bellet ont imaginé des masques antipollution au design étudié, pour le marché chinois. Quentin Schmidlin (absent sur la photo), complète le groupe de jeunes entrepreneurs. © Carole Alkabes

Si les jeunes entrepreneurs sont basés à Yverdon-les-Bains, c’est que le Master Innokick n’a pas d’institut de recherche. La HEIG-VD a donc décidé de les héberger en leur faisant signer un contrat d’un an, qui démarrera en juin prochain. Les frais liés à la recherche et au développement de Breez ainsi qu’aux salaires de Carmen Grange et de Gaëlle Rey-Bellet, qui assurent la gestion du projet, seront couverts grâce à une enveloppe de 150 000 francs. Les fondateurs de la start-up sont en effet parvenus à obtenir ces fonds en décrochant la première place du programme First Ventures de la fondation Gebert Rüf Stiftung, dont le but est de soutenir les étudiants des hautes écoles spécialisées qui développent une idée de projet à potentiel entrepreneurial. «C’est une opportunité géniale de lancer sa start-up en étant financés, c’est ce qui est intéressant avec les concours», poursuit Carmen Grange.

Un mois d’observation en Asie

Carmen Grange et Gaëlle Rey-Bellet partiront le mois prochain durant un mois en Asie pour effectuer une étude de marché, afin de tester leur futur produit sur place. L’objectif sera de déterminer s’il correspond aux besoins des futurs utilisateurs ou s’il nécessite des adaptations supplémentaires. Les quatre étudiants espèrent mettre leurs masques en vente dès le mois de novembre. «Nous surfons sur une mode et il y a des pics de pollution en Chine qui tombent en hiver, nous voudrions donc en profiter», expliquent-ils. Pour cela, ils entendent lancer un financement participatif dès le mois d’août. Pour la suite, l’équipe de Breez – qui ne sait pas encore si elle gardera ce nom au moment de lancer ses produits – ne manque pas de motivation: une deuxième génération de masques, plus complexe que la première, trotte en effet déjà dans leurs têtes d’entrepreneurs.

 

Lara Liard