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Le sabre renaît de ses cendres

7 mars 2018 | Edition N°2200

Mesuré et parfaitement conscient de ses limites, le CE Nord vaudois se développe à son rythme, sous la tutelle de son président Eric Gorgerat.

Eric Gorgerat n’a qu’un objectif en tête: développer l’escrime dans la région sans commettre les mêmes erreurs que le Cercle d’escrime d’Yverdon (CEY), victime de son succès il y a un peu plus de deux ans. «Entre le matériel, les locaux, les maîtres d’armes à rémunérer et les compétitions, la discipline peut vite s’avérer coûteuse, relève le président du Cercle d’escrime du Nord vaudois (CENV). Les dettes, c’est ce qui avait forcé le CEY à mettre la clé sous la porte.»

Un déclin qui a laissé bon nombre de passionnés sur le carreau. «C’est ainsi qu’on a décidé de recréer une structure. Certes plus modeste, avec des ambitions tempérées et progressives, mais qui peut permettre aux pratiquants d’exercer leur sport et aux plus jeunes de s’y initier. Un garçon de la vallée de Joux vient s’entraîner avec nous chaque mercredi. On tient à devenir le club de toute une région», explique celui qui est aussi impliqué au sein des Amis de la Course. A noter que le CENV se focalise sur la pratique du sabre. «C’est en partie cette spécialité qui nous a poussés à recréer un cercle, nos jeunes membres étant exclusivement attachés à cette discipline.»

Chaque chose en son temps

Après deux ans d’existence, le club basé entre Chavornay et Corcelles-sur-Chavornay compte une trentaine de membres, athlètes inclus. «Se retrouver avec sept ou huit sportifs par catégorie d’âge, c’est idéal, surtout lorsqu’on est deux pour les encadrer», note le maître d’armes David Bozier, généralement assisté de Kevin Grosso, un moniteur Jeunesse et Sport.

Entraînement à Corcelles-sur-Chavornay. © Michel Duperrex

Entraînement à Corcelles-sur-Chavornay. © Michel Duperrex

Fils d’un père lui aussi dévoué à l’enseignement de l’escrime, le Français est arrivé en Suisse il y a une dizaine d’années: «Durant tout ce temps, j’ai entraîné à la Société d’escrime de Neuchâtel, un club d’une autre envergure que le CENV. Cela me prenait de plus en plus de temps, c’est pourquoi j’ai senti le besoin de me lancer dans un défi différent. Ici, le projet est plaisant et me laisse davantage de liberté.»

Si les idées de développement pullulent dans la tête d’Eric Gorgerat, à l’image d’une section dédiée à l’escrime artistique qu’il aimerait mettre en place, le président fonctionne selon une maxime simple: chaque chose en son temps. «On ne peut pas brûler les étapes. Financièrement, on doit s’en sortir avec les cotisations, ainsi que quelques événements qu’on cherche à proposer (ndlr: voir encadré). Mais les choses évoluent dans le bon sens. On a par exemple commencé à aller dans les écoles. C’est marrant, mais on repère tout de suite les enfants qui pourraient être intéressés par la discipline: calmes, posés, réfléchis. Exactement les qualités que requiert l’escrime.»

Le club nord-vaudois a d’ailleurs pris part à son premier tournoi, début février à Morges. «C’était une petite compétition régionale. Quatre athlètes ont participé et se sont vraiment bien comportés. Mattia Serino s’est notamment imposé dans sa catégorie. C’est encourageant», se réjouit l’homme fort du CENV.

Comédie policière

Pour permettre au Cercle d’escrime Nord vaudois de boucler une partie de son budget, la Troupe des Mosaïques présentera son spectacle Parfum et Suspicions, vendredi à la grande salle de Corcelles-sur-Chavornay. «Il s’agit d’une comédie policière en deux actes. La fin risque d’en surprendre plus d’un», révèle Eric Gorgerat. Ouverture des portes à 18h30, début des hostilités à 20h. Petite restauration. Billet d’entrée à 20 francs. Réservations recommandées à morella.frutiger@sunrise.ch ou au 079 508 43 48. «On compte déjà une bonne centaine d’inscriptions.»

Florian Vaney