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Ses copains n’ont plus aucune excuse

19 novembre 2020

Jonas Dorsaz a passé des nuits entières en ligne pour faire exister Topp Sports dans ce marché très concurrentiel.

Jonas Dorsaz n’a pas profité du confinement de mars pour rester sur son canapé et enchaîner les parties de playstation. «Je devenais fou. En fait, tout était fermé, les grands magasins de sport comme notre petit commerce indépendant, mais eux continuaient de vendre sur leurs sites web. Forcément, ce sont des grandes chaînes, ils ont des moyens qu’on n’a pas…»

Ce passionné de football, joueur amateur le soir et le week-end, constatait que ses amis commandaient leur matériel sur les sites des géants du secteur. «Ils me disaient que moi, j’étais fermé, et qu’ils étaient bien obligés de faire comme ça…» Plutôt que d’en vouloir à ses clients et amis, le gérant de Topp Sports s’est démené pour créer tout seul un site internet recensant tous les produits de son magasin situé en dessus de Migros-Sud, avec boutique et panier à la clé. Exactement comme les gros. Un boulot énorme, qu’il avait clairement sous-estimé.

«Ah oui, on peut le dire! Je n’avais aucune compétence en informatique, donc j’ai déjà regardé comment faire, puis je me suis lancé. Mais je n’ai pas eu le temps de finir avant la réouverture des magasins», sourit celui qui a passé des nuits devant son ordinateur… et dans son magasin pour prendre les chaussures, maillots et autres en photo. «Je n’avais pas pensé à ça, mais j’ai dû faire une image de chaque produit, ensuite traiter la photo et la mettre sur le site, entrer les prix, créer les catégories… Ça a l’air vite dit, mais c’est un peu plus long à faire!»

Plusieurs mois après, voilà donc le site de Topp Sports en ligne et il n’a rien à envier à celui des «gros», qui peuvent compter sur plusieurs dizaines de collaborateurs pour s’en occuper.

Jonas Dorsaz se discipline lui à tenir ses stocks à jour, en faisant bien attention à actualiser à chaque fois qu’il vend un produit en magasin, afin que les chiffres soient corrects sur son site. Et c’est avec une grande fierté qu’il l’a mis en ligne cette semaine, en espérant des retours très positifs… et beaucoup de commandes! «J’espère! En tout cas, mes copains et nos clients n’ont plus d’excuse, ils peuvent commander depuis leur salon ou leur téléphone, et payer par carte de crédit ou Twint, c’est super simple. Les frais de livraison sont offerts dès 170 francs de commande, sinon ils sont à 9 francs dans toute la Suisse. Et nos prix sont largement concurrentiels avec ceux des grandes surfaces.»

Mais Topp Sports n’a évidemment pas vocation à devenir un géant du numérique. «Non, c’est vrai, mais quitte à faire quelque chose, autant le faire bien. Mais c’est sûr que ce qui fait notre force, c’est le conseil personnalisé et l’accueil du client. Alors, tous nos produits sont désormais sur notre site, sauf les skis, les chaussures de ski et les raquettes de tennis, car je tiens au conseil personnalisé pour ceux-là.» Le gérant de Topp Sports voit en effet encore arriver dans son magasin des gens ayant acheté ailleurs sur le web des skis bien trop grands ou bien trop petits. «Ce sont les limites des achats virtuels. Rien ne remplace le conseil sur place et c’est bien là qu’on doit faire la différence.» Sans toutefois ne plus se faire distancer par les grandes enseignes pour les commandes en ligne.

 

Gérer les stocks, une tâche difficile en 2020

Si Jonas Dorsaz est aussi motivé à l’idée de faire perdurer Topp Sports, c’est qu’il en deviendra bientôt le patron, dès que son père Henri ressentira le besoin de lui passer la main définitivement. Pour l’heure, «Riquet» est encore bien là et ne compte lui non plus pas ses heures pour préparer les skis des clients, entre autres.

«On fait du boot-fitting, ce qui est très apprécié, et on prend du temps pour tout le monde. Par rapport aux grandes enseignes, on insiste sur le conseil et on propose des garanties sur les skis, mais aussi sur les fixations», détaille Jonas Dorsaz, qui explique avoir vécu une année compliquée. «Forcément, on a souffert. Et la gestion des stocks est très difficile cette année», explique-t-il en montrant des dizaines de chaussures de football restées en magasin. «On a reçu les nouvelles paires et deux jours plus tard tous les championnats étaient interrompus… Et là, on doit déjà faire les commandes pour les modèles de 2021, alors qu’on n’a aucune visibilité, c’est impossible.»

Tim Guillemin