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Un soutien pour les écoliers du Cameroun

29 mai 2017 | Edition N°2005

Chavornay – En présence de l’ambassadeur de la République du Cameroun en Suisse, des bénévoles ont récolté du matériel scolaire, samedi, afin de soutenir une école, dans le village de Yatchika.

Léonard Henri Bindzi, ambassadeur camerounais à Berne, a salué l’initiative de Liliane Vessah, qui soutient plus de 180 élèves dans une école, à Yatchika. ©Carole Alkabes

Léonard Henri Bindzi, ambassadeur camerounais à Berne, a salué l’initiative de Liliane Vessah, qui soutient plus de 180 élèves dans une école, à Yatchika.

Des centaines de chaises, une soixantaine de pupitres, deux tableaux noirs et un bus scolaire, tel est le contenu d’un container de 60m3, qui devrait quitter, aujourd’hui, le centre de transbordement rail/route pour le trafic combiné (TERCO), à Chavornay, en direction du Cameroun. Les principaux acteurs de ce projet se sont réunis, samedi dernier, dans la commune nord-vaudoise, avec la présence exceptionnelle de Léonard Henri Bindzi, ambassadeur du Cameroun en Suisse.

Une équipe de dix personnes, dont quatre ingénieurs suisses et français, se rendra directement sur place, du 20 juin au 1er juillet, afin que les fournitures scolaires soit affectées dans une école, à Yatchika.

 

Promouvoir l’éducation

 

L’ambassadeur et sa femme étaient accompagnés de nombreux bénévoles. ©Carole Alkabes

L’ambassadeur et sa femme étaient accompagnés de nombreux bénévoles.

C’est grâce à l’Association des enfants et parents solidaires (AEPS), créée en 2008 par Liliane Vessah, une Camerounaise d’origine, qui vit depuis de nombreuses années à Paris, que tout a commencé. «En 2002, lors d’un voyage d’étude, je suis retournée au Cameroun et j’ai été profondément bouleversée par le manque de structures scolaires pour les enfants dans les zones rurales, et surtout l’absence de prévention contre le SIDA», confie la fondatrice de l’association. Le but de l’AEPS consiste à promouvoir la santé, l’éducation et la protection de l’environnement auprès des enfants démunis et de leurs parents dans le village de Yatchika, situé à plus de 200 km à l’est de la capitale Yaoundé. L’association a déjà construit une école bilingue français-anglais. Il ne manquait plus que des fournitures scolaires.

 

Des partenaires en Suisse

 

Liliane Vessah en est consciente, elle n’aurait jamais pu réaliser ce projet sans l’aide de nombreux partenaires suisses. Elle a tout d’abord pris contact avec Narcisse Niclass, qui dirige l’Institut de management de projets internationaux (IMPI) -une plateforme fribourgeoise qui suit des actions humanitaires en Afrique. «Nous avons notamment mis en place un jardin potager, afin de sensibiliser les enfants à l’importance de l’agriculture», affirme Liliane Vessah.

Lorsqu’il a appris que l’AEPS cherchait du matériel pour les écoliers camerounais, Pierre-Alain Lunardi, directeur administratif de l’Association intercommunale de Payerne et environs (ASIPE), a tout de suite été emballé par cet acte de volontariat. «Nous avions l’équivalent de trois salles de classes à débarrasser, autant que ce matériel soit utile à d’autres enfants», révèle le municipal de Montagny-près-Yverdon.

Selon Ueli Ramseier, responsable de l’association TechShare, basée à Avenches, et qui connaît l’Afrique comme sa poche pour y avoir vécu une vingtaine d’années, acheminer un tel matériel est un long processus. «Il faut parfois batailler dur pour régler les contraintes administratives liées à l’envoi du container, explique-t-il. Mais nous espérons qu’il arrivera à bon port.

 

L’ambassadeur du Cameroun salue cette action

 

Accompagné de son épouse, Léonard Henri Bindzi, ambassadeur à Berne depuis neuf ans, s’est rendu à Chavornay, à la demande de Liliane Vessah, fondatrice de l’association qui promeut l’éducation et la santé auprès d’enfants démunis, au Cameroun.

«Apporter du matériel, c’est bien, a remarqué le délégué camerounais en Suisse. Mais, comme le dit un proverbe chinois, il faut d’abord apprendre à pêcher». Et de signifier la nécessité de promouvoir les techniques de l’agriculture suisse au Cameroun. «Nous avons besoin du savoir et du savoir-faire de votre pays», a-t-il poursuivi devant l’assemblée. Il a également souligné l’importance de nombreux partenariats de ce type entre la Suisse et le Cameroun. «Il est primordial d’inculquer le maximum de connaissances à nos compatriotes, afin qu’ils puissent s’auto-alimenter.»

Valérie Beauverd