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Sur les traces du yodleur Yvan Pahud

2 juillet 2018 | Edition N°2279

Yverdon-les-Bains – Le député de L’Auberson a participé au concours de yodel, vendredi soir, au Théâtre Benno Besson. La Région Nord vaudois l’a suivi.

Vêtu de son bredzon de l’Oberland bernois, brodé de deux edelweiss blancs sur le col, Yvan Pahud attend avec impatience son passage devant les membres du jury tout en saluant quelques personnalités yverdonnoises venues participer à la Fête romande des yodleurs, vendredi soir, vers le kiosque à musique à Yverdon-les-Bains. Depuis 2001, le député vaudois chante la «youtse» avec le Club des yodleurs Edelweiss de Sainte-Croix, une passion qui l’a pris «aux tripes» dès son plus jeune âge. «Gamin, j’écoutais les disques de ma grand-mère, se souvient-il. Et à l’école, j’adorais amuser la galerie en donnant de la voix parce que ça faisait rire les filles.»

Premier soliste du club fondé en 1945, le virtuose de L’Auberson sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. «Il faut être au top de sa forme et pour cela, rien de tel que de faire des petits exercices sans fatiguer la voix, poursuit Yvan Pahud. Si le public a des frissons ou les larmes aux yeux, c’est gagné!»

Pas le temps de poursuivre la discussion que le voilà déjà dans la salle de répétition, au premier étage du Théâtre Benno Besson. Les mains dans les poches pour garder la même prestance que ses compagnons, l’homme chauffe sa voix, mais semble stressé. «L’un de nos collègues est en train de descendre la côte, il sera là juste à temps pour le concours.» Le cœur battant la chamade, Yvan Pahud met son chapeau noir et se faufile derrière la scène du théâtre en attendant que la Valaisanne Regula Ritler termine sa prestation avec son accordéoniste.

Trois minutes pour convaincre

Le moment tant attendu est enfin arrivé. Sous un tonnerre d’applaudissements, les chanteurs du Balcon du Jura, dirigés par Nicolas Mossu, entrent sur scène pour interpréter Le vieux sapin, un titre en français. Contrairement aux autres groupes régionaux, le Club des yodleurs Edelweiss a pris le parti de ne chanter que dans la langue de Molière. Toutefois, ils sont à la même enseigne que les autres, puisqu’ils ont trois minutes trente chrono, pas une seconde de plus, pour convaincre le jury. Les membres du club démarrent en douceur leur morceau, puis dans une envolée lyrique, la voix d’Yvan Pahud résonne tel un rossignol.

Rester critique avec soi-même

Le stress passé, on retrouve Yvan Pahud à l’extérieur du théâtre, les larmes aux yeux. Et l’homme ne s’en cache pas: «Je pleure toujours lorsque j’ai terminé un morceau de yodel, confie-t-il. Il y a tellement d’émotion, c’est magnifique d’être ici!» Cependant, le soliste reste critique avec lui-même et ses prestations. «T’en a pensé quoi?», lance-t-il à son directeur Nicolas Mossu. «Je suis soulagé et je crois que ça s’est bien passé. On verra les résultats», répond son interlocuteur.

Après une accolade avec Philippe et Anne-Lise Boss, deux fans d’origine sainte-crix qui le suivent au gré des manifestations populaires, voilà qu’Yvan Pahud se dirige vers sa mère et son père pour les saluer. «Le soutien de ma famille est important», relève le yodleur. Avant de faire la fête, Yvan Pahud doit encore se concentrer sur son interprétation avec Nicolas Mossu, qui aura lieu au temple Pestalozzi à 20h30. «Je suis toujours plus tendu lorsque je chante en duo qu’avec le club, glisse-t-il sur le chemin en direction de sa deuxième audition. Fidèle à ses racines, le chanteur interprète La youtse du Chasseron, un titre composé par le Sainte-crix Walter Rüfenacht.

C’est à la sortie du temple que nous laissons Yvan Pahud, heureux et ému. La soirée se poursuivra jusque tard dans la nuit. Dans les rues yverdonnoises, lui et son club entonnent quelques airs devant une centaine de badauds. Mais pas de folie, puisque le chanteur est de corvée le lendemain pour aider à la manifestation.

Valérie Beauverd