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Tomcho Sokolov, le Phileas Fogg des parquets européens

9 janvier 2017 | Edition N°1908

Basketball – 2e ligue – Dernière recrue d’Yverdon, le Macédonien a joué sous les couleurs d’une bonne douzaine de clubs. Portrait d’un géant de 2m05 au CV long comme le bras.

Du haut de ses 2m05, Tomcho Sokolov entend bien faire parler sa force et son adresse avec l’USY Basket. ©Carole Alkabes

Du haut de ses 2m05, Tomcho Sokolov entend bien faire parler sa force et son adresse avec l’USY Basket.

Jules Verne avait imaginé un tour du monde. Tomcho Sokolov, lui, est en passe d’écrire les dernières lignes de son tour d’Europe. Le flegmatique et énigmatique Phileas Fogg l’avait bouclé en quatre-vingts jours. Le baroudeur macédonien l’a débuté il y a quinze ans. Croatie, Portugal, Roumanie, Russie, Tunisie, Turquie, Slovaquie, Bosnie-Herzégovine, Slovénie et, enfin, Suisse.

Après avoir passé la moitié de sa vie à fouler les parquets du continent, le globe-trotter du ballon orange vient de poser ses valises dans la Cité thermale, au vestiaire de l’USY Basket.

Une énième formation dans laquelle il compte bien, cette fois, s’éterniser.

«J’arrive gentiment au terme de ma carrière. La Suisse, et en particulier Yverdon-les-Bains, c’est évidemment une destination de rêve pour moi», confie l’ailier fort de 32 ans. S’il a fini par jouer sous les couleurs d’Yverdon, il s’en est fallu de peu pour que le joueur à la riche expérience au plus haut niveau ne revêtisse le maillot d’une équipe de Ligue nationale. «J’étais en contact avec deux-trois clubs. Malheureusement, pour diverses raisons, c’est tombé à l’eau», explique celui qui s’était déjà rendu en Suisse l’été dernier pour signer un hypothétique contrat. Qu’importe, il s’y plaît, Tomcho Sokolov, sur le parquet de la Passerelle, dans la Cité thermale. Il faut dire que ses nouveaux coéquipiers lui ont réservé plutôt bon accueil. «Je n’ai pas à me plaindre. Tout le monde est super sympa et, vu mon faible niveau de français, mes coéquipiers font l’effort de me parler en anglais», sourit celui qui a élu domicile à Goumoëns-la- Ville.

Si, durant ses années au plus haut niveau, son quotidien était rythmé par une ou deux séances d’entraînement, en Suisse la donne est bien différente ; l’USY ne se réunissant qu’un soir par semaine, sans compter les matches. «J’ai trouvé un emploi à plein-temps, de quoi occuper mes journées et mettre un peu d’argent de côté», explique l’employé d’une société spécialisée dans le bâtiment, à Renens. Un univers à des années lumières de ce que Tomcho Sokolov a connu durant la grosse décennie qu’il a consacrée au basket professionnel. «En Russie, lorsque j’évoluais dans l’élite, des joueurs, pour certains des coéquipiers, amassaient plus d’un million de dollars de gain par saison», confesse celui qui, durant ses meilleures années, en gagnait dix fois moins. «Mais c’est déjà beaucoup par rapport au salaire moyen des joueurs ici.»

Premiers dribbles à 7 ans

Il faut dire qu’entre la Suisse et la Russie, il y a bien plus qu’une poignée de pays. Il y a tout un monde. «Là-bas, les gens regardent soit le hockey, soit le basket. Le sport, c’est comme une religion», lâche l’ancien ailier fort de Magnitogorsk durant la saison 2010-2011. Si le natif de Strumica, en Macédoine, a évolué dans les meilleurs championnats du continent, il n’a jamais fait le pari de la NBA, aux Etats-Unis. «Lorsque j’avais 18 ans, j’ai été approché par un collège américain, mais j’avais refusé, souhaitant me consacrer à une carrière professionnelle en Europe », glisse celui qui a fait ses premiers dribbles à l’âge de 7 ans.

Depuis une rencontre lors de sa pige d’une année sous les couleurs de Bucarest, il partage sa vie avec sa femme, Alicia, joueuse professionnelle de volleyball, qui, comme son fils Marko, est restée au pays, en Slovaquie. «Le plan est que ma petite famille et moi puissions nous établir en Suisse. C’est le pays idéal pour élever des enfants», sourit celui qui ne découvre pas la région, puisqu’il vient souvent rendre visite à sa soeur, établie depuis quelques années à Echallens. En attendant, chaque mercredi, sur le parquet de la Passerelle, il dribble, il court, il dunke, Tomcho Sokolov. «Je me sens bien, il n’y a pas de raison que j’arrête», assure-t-il. Et ce n’est pas l’USY qui s’en plaindra.

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Simon Gabioud