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«Toute la motivation à puiser émanera des Jeux olympiques»

17 octobre 2017 | Edition N°2103

Saut à ski – Sacré champion de Suisse pour la deuxième fois consécutive, Killian Peier a terminé la saison d’été sur une bonne note. Idéal avant un hiver à ne pas manquer.

Killian Peier, 22 ans et déjà deux titres nationaux à son actif. ©FIS Ski Jumping

Killian Peier, 22 ans et déjà deux titres nationaux à son actif.

Une année après son premier sacre national dans l’élite, Killian Peier a remis ça, le week-end dernier, sous le soleil radieux d’Einsiedeln, dans le canton de Schwytz. Le Sarrazin du Ski- Club Vallée de Joux, qui a devancé Gregor Deschwanden en distance et en style, a ainsi bouclé sa saison estivale de belle manière. Le point, avant l’hiver olympique, depuis Oberstdorf, où les sauteurs suisses s’entraînent depuis hier.

 

Killian, comment avez-vous vécu ce week-end national ?

Les sauts du concours par équipes, le samedi soir, ont servi de galop d’essai. J’ai pu me jauger. Cela s’est assez bien passé, même si j’ai rencontré quelques difficultés à poser mon télémark. Le lendemain, on s’est élancés dans de superbes conditions : un grand soleil et pas de vent. J’avais bien sûr un peu de pression, avec mon titre à défendre, ce d’autant plus que je me sentais capable de faire quelque chose de bien.

 

Que représente, à vos yeux, le fait de conserver ce titre suisse ?

C’est quelque chose de très positif, et particulièrement parce que je me suis battu tout l’été pour améliorer ma technique. Ce n’est d’ailleurs pas encore parfait, et de loin. Mais ma victoire prouve que je suis sur la bonne voie.

 

La mésaventure de Simon Ammann -de retour d’entraînements à PyeongChang, le Saint-Gallois n’a pas pu récupérer son matériel à temps et n’a pas sauté- vous a-telle été bénéfique ?

Honnêtement, je n’en suis pas certain. Personne ne sait si Simon aurait réussi à poser son télémark, à ces distances (ndlr : Killian Peier s’est posé à 116,5 et 115m, dimanche). Par ailleurs, il est possible qu’en sa présence, la piste d’élan aurait été raccourcie, ce qui m’est théoriquement favorable. C’est, par conséquent, très difficile à dire.

 

Ces Championnats de Suisse marquent la fin de la saison estivale. Comment celle-ci s’est-elle déroulée pour vous, dans son ensemble ?

Tout n’a pas été facile. Je n’ai pas vraiment été capable de sortir les bonds que je souhaitais en concours. Il me reste encore des points à travailler. C’est pourquoi j’aimerais vraiment réussir de bons sauts en début de saison hivernale, afin d’engranger de la confiance.

 

De quoi sera fait votre programme ces prochains jours, alors que la Coupe du monde reprendra à la mi-novembre ?

On reste ici, à Oberstdorf, jusqu’à mercredi, puis on aura quatre jours de pause. On reviendra en Allemagne la semaine prochaine. On devrait alors commencer à s’entraîner sur la trace en glace.

 

L’an dernier, après un été encourageant, toute l’équipe avait manqué son début d’hiver. Que faire pour ne pas connaître pareille mésaventure ?

Avant toute chose, il faut souligner que les résultats du circuit estival ne reflètent pas ce qui se passe en hiver. Dans les faits, on s’est entraînés plus précisément et plus sérieusement. En ce qui concerne les principaux changements, on a travaillé un peu sur le matériel, afin de se rapprocher de la concurrence. De nouveaux skis doivent arriver prochainement et on a essayé d’améliorer nos combinaisons.

 

Avez-vous déjà discuté des objectifs de l’hiver ?

Pas encore. Pour ma part, je vais surtout me concentrer sur ma technique et mon mental. Si ces deux aspects fonctionnent, alors je sais que je peux voler loin et obtenir des résultats au niveau international.

 

Et il y a les Jeux de Pyeong-Chang au programme…

Le gros défi de l’hiver ! Je vais vraiment tout donner pour y être. C’est un rêve d’enfant. Toute la motivation à puiser émanera des Jeux olympiques.

 

Quels seront les minima à atteindre pour pouvoir vous rendre en Corée du Sud ?

Je devrai réaliser soit un top 10, soit deux classements dans les vingt premiers en Coupe du monde. Quant au concours par équipes, la Suisse y participera uniquement si au moins trois athlètes réussissent ces minima. Ce qui pourrait permettre à un quatrième sauteur d’être du voyage.

 

La relève pointe

 

Les jeunes du Ski-Club Vallée de Joux Néo Freiholz (2005, 9e) et Marti Deltell (2004, 14e) ont participé à leurs premiers Championnats de Suisse M16, le weeken dernier à Einsiedeln, réalisant de bonnes performances. Olivier Anken (SC Le Brassus, 13e) a, lui, rechaussé les skis en élite.

Par ailleurs, le quatuor romand -composé notamment des régionaux Killian Peier et Sébastien Cala- a terminé 3e d’un concours par équipes peu relevé. «A noter que Sandro Hauswirth, de Gstaad, a été titré chez les juniors. Ce qui signifie que la structure West a remporté deux titres», se réjouit Sébastien Cala, chef de discipline à Ski-Romand.

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Manuel Gremion