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Trois bancomats ont été «piratés»

26 septembre 2016 | Edition N°1835

Trois bancomats ont été touchés par une opération de «skimming», entre fin août et début septembre, dans le canton de Vaud. L’un d’eux est celui situé à l’extérieur du siège de la Banque Raiffeisen Mont-Aubert Orbe, dans la zone commerciale d’En Chamard, à Montagny-près-Yverdon.

La mise en place du dispositif ne prend pas plus de temps qu’un simple retrait d’argent. ©Michel Duperrex

La mise en place du dispositif ne prend pas plus de temps qu’un simple retrait d’argent.

Plusieurs centaines de clients ce cette banque, mais aussi d’autres établissements -la zone commerciale est fréquentée quotidiennement par des milliers de clients qui procèdent à des retraits sur les appareils disponibles-, ont été touchés par cette opération. Les services de sécurité de la banque ont été alertés par des retraits inhabituels.

Pas de préjudice

Sitôt informés, les responsables de la Banque nord-vaudoise et des autres établissements touchés ont alerté, dans la mesure du possible, les clients concernés, au nombre de plusieurs centaines.

Toutefois, certains ont vu, à l’occasion d’un retrait, leur carte bloquée avant qu’ils n’aient été avertis. C’est le cas d’un Yverdonnois qui a, à l’analyse de son compte, découvert qu’un montant atypique -moins de deux cents francs-, avait été prélevé à plusieurs reprises depuis l’étranger.

«Nous regrettons bien évidemment les dérangements dont nos clients ont été victimes. Sur le plan financier, ils ne subiront aucun préjudice. Les montants prélevés indûment leur seront intégralement crédités», relève Cyril Rod, président de la direction de la Banque Raiffeisen Mont-Aubert Orbe, dont une partie du personnel a passé l’essentiel des derniers jours à avertir, respectivement régler les problèmes inhérents à cette affaire.

En fin de semaine dernière, une partie des clients avait déjà reçu une nouvelle carte.

Dispositif astucieux

Chef de la Division presse et communication à la Police cantonale vaudoise, Jean-Christophe Sauterel confirme qu’une enquête est en cours. Des retraits ont été effectivement opérés depuis l’Espagne et l’Indonésie. Il est difficile pour l’instant d’en évaluer le montant total, «mais ce ne sont pas des millions», précise le commissaire principal.

Le dispositif posé dans les distributeurs de billets incriminés est particulièrement efficace et difficile à détecter par certains appareils. La police dispose d’images vidéo, mais il sera difficile d’identifier la personne qui met en place le dispositif, une opération qui ne lui prend pas plus de temps qu’un simple retrait d’argent.

Le dispositif -sur lequel les enquêteurs conservent évidemment la confidentialité- permet de copier les données d’un client procédant à un retrait (skimming). Généralement, celles-ci sont envoyées dans un délai très bref à des complices qui œuvrent dans d’autres pays et qui, dans les 24 à 48 heures, procèdent aux opérations de retrait illicites. Il est donc primordial de réagir très vite lorsqu’une anomalie est constatée, en avertissant la banque ou la police.

Un fonds spécial

Les opérations de «skimming» sont malheureusement fréquentes et de plus en plus élaborées. Malgré le développement constant des systèmes de sécurité sur les distributeurs de billets, les criminels parviennent, grâce à des moyens techniques qui, eux aussi, suivent l’évolution technologique, à procéder à des opérations de «piratage» de données. Il est déjà loin le temps où un enfant, placé à proximité d’un distributeur, observait et mémorisait le code composé par un client.

Lorsque des retraits sont effectivement opérés après une opération de «skimming», le client est remboursé par un fonds de compensation créé par des organismes financiers suisses (FIXX), précise Bertrand Barbezat, président de la Fédération vaudoise des Banques Raiffeisen. D’autres bancomats, de banques différents, ont été «piratés» ces dernières semaines, à Schaffhouse et Saint-Gall notamment.

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Isidore Raposo