Logo

Trois religions et un même message

24 février 2016 | Edition N°1688

Yverdon-les-Bains – Une chrétienne, un musulman et un juif se sont unis pour enregistrer un morceau de musique. Leur message de paix a été produit dans la région, par JM Records.

VSeth, Rodjo, Yuliana et James Moor entourent Christian Constantin. DR

VSeth, Rodjo, Yuliana et James Moor entourent Christian Constantin.

Les mots «salam» et «shalom» en rap sur l’Ave Maria. Voilà le message de paix et de tolérance chanté par une catholique chrétienne, Yuliana, un juif, Rodjo, et un musulman, VSeth. La Russe et les deux Français se sont unis pour créer le single «Ave Maria Salam Shalom», produit par l’Yverdonnois James Moor et Alain Marie, du label nord-vaudois JM Records, en ce début d’année. «Après avoir chanté pour l’UNESCO, le trio est venu en Suisse pour assurer la première partie de la soirée de gala du FC Sion, il y a deux semaines, lance, avec joie, James Moor, directeur du label de musique. Il y avait plus de 7500 personnes, dont Christian Constantin et le clip vidéo posté sur internet a déjà dépassé les 4 600 000 vues sur les réseaux sociaux.»

Malgré ce bon début, les artistes espèrent pouvoir aller plus loin et faire connaître davantage leur morceau, écrit par le compositeur Mario Santangeli. Ces chanteurs de confessions différentes ont déjà bravé de nombreux obstacles pour cette production, mais ils ne semblent pas au bout de leurs peines. «Parce qu’ils sont de confessions différentes, ils ont dû faire face à des tensions avec leur famille et leurs amis», explique James Moor, en racontant qu’avant d’être interprétée par Yuliana, Rodjo et VSeth, «Ave Maria Salam Shalom» était présenté à la fin des spectacles de l’humoriste Anne Roumanoff. «Et la soirée se terminait, à chaque fois, par une standing ovation. Pourtant, aucune maison de disques n’a voulu produire la chanson en France», lance, perplexe, celui qui a décidé de produire ce «message universel» pour lequel il a eu un coup de coeur. «Visiblement, les messages de paix et d’unité ne sont pas vendeurs, ou font peur, regrette James Moor, en évoquant la difficulté qu’il a à faire parler de ce single dans les différents médias, que ça soit la presse, la radio ou la télévision. C’est aberrant que ça soit aussi difficile alors que c’est un travail sérieux de qualité et que des raps qui incitent à la violence sont, en revanche, diffusés tous les jours.»

Mais James Moor ne baisse pas les bras et compte bien faire passer ce message d’union et de tolérance dans un maximum de ménages. «Les paroles ont déjà été traduites et nous projetons d’organiser une manifestation avec des concerts sur le thème: «Tous unis pour la paix», lance le producteur, qui s’organise un voyage à Paris pour promouvoir ces trois musiciens qui clament: «Ce qui nous lie est plus fort que ce qui nous divise».

Le single peut être acheté chez JM Records et écouté ou téléchargé légalement sur les différents sites de partage de musique (iTune, Youtube, Spotify…) en cherchant «Ave Maria Salam Shalom».

Du monde de l’architecture à celui de la musique

Le nom de James Moor est connu pour son bureau d’architecture, basé à Yverdon-les- Bains. Sans passé musical particulier, l’architecte s’est acheté, il y a une douzaine d’années, un synthétiseur et a composé un premier morceau, qu’il a finalement enregistré en 2013. «Nora» est un hommage à une amie disparue qu’il a finalisé après s’être lié d’amitié avec Charles Aznavour.

«C’est la plus belle rencontre de ma vie», lance James Moor qui, depuis, a réalisé plusieurs morceaux de musique, a créé son propre label, JM Records, et s’est trouvé une nouvelle passion. Le chef d’entreprise de 57 ans prévoit de s’investir davantage dans sa nouvelle société. «Je pense remettre la direction de mon bureau d’architecture d’ici quelques années, pour me consacrer à la musique et développer davantage mon label», explique l’autodidacte.

Muriel Aubert