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Uber a déjà trouvé ses émissaires 

15 juillet 2020 | Edition N°2756

Yverdon-les-Bains – Deux chauffeurs actifs sous les couleurs de la société californienne défendent son implantation dans la région, et leurs conditions de travail.

Ils ont tout deux la fin de cinquantaine, un passé professionnel situé loin du monde des taxis et un grand sourire au moment d’évoquer leur reconversion. Ce week-end, Manuel Da Costa et Philippe Bocion ont décidé de venir se présenter à La Région pour défendre la société Uber.

Quelques jours après l’annonce du déploiement des activités du géant du transport dans le Nord vaudois – et une réunion dans ses locaux lausannois – les deux hommes tenaient à dissiper quelques préjugés dont ils s’estiment victimes, au même titre que leur (presque) employeur.  «Beaucoup de gens sont restés figés à l’époque où n’importe qui pouvait travailler pour Uber.  Mais nous avons un statut légal (ndlr: celui de «VTC», véhicule de transport avec chauffeur), nous avons un permis pro et nos voitures sont expertisées chaque année», plaide Manuel Da Costa, ancien restaurateur. «Nous sommes indépendants, nous sommes en règle et nous ne sommes pas des amateurs», appuie Philippe Bocion.

Fêtes de Jeunesses à haut potentiel

S’ils mettent tant d’ardeur à défendre Uber, c’est que selon eux la plateforme leur a permis de se relancer à un âge où retrouver un emploi classique se serait sans doute avéré très difficile. Travaillant beaucoup la nuit, ils estiment que les environs d’Yverdon-les-Bains, où ils n’ont jusqu’ici eu l’occasion de faire que quelques courses (ils ne viennent pas de la région), comportent un certain potentiel commercial, notamment avec les fêtes des Jeunesses des villages environnants.

Une clientèle habituée au smartphone qui, d’après eux, ne devrait pas faire de l’ombre aux taxis classiques, peu enthousiastes à l’idée de voir débarquer un concurrent tirant les prix vers le bas. «Nous sommes zen avec tout le monde», insiste  Philippe Bocion.

Quant à leur salaire, les deux hommes avancent un revenu net allant de 1200 à 1850 francs par semaine– du moins c’était le cas avant le Covid – sans compter les courses privées. Un revenu qui leur permettra de partir quelques jours en vacances… non payées: «Mais nous sommes des indépendants, c’est normal», concluent ceux dont Uber prélève pourtant 25% du chiffre d’affaires.

Raphaël Pomey