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Un cercle vertueux

4 mai 2020 | Edition N°2727

Yvonand – L’opticien du village casse sa tirelire pour relancer l’économie locale à travers une action solidaire.

Quel est le point commun entre le Café de l’Étoile de Combremont-le-Petit, une physiothérapeute à Châtillon et un fitness à Cheyres? Leurs lunettes. Elles proviennent toutes de Mattmann Optique à Yvonand. Ce commerçant a décidé de donner un coup de pouce à ses clients entrepreneurs, ainsi qu’aux sociétés du coin, tout en attirant des acheteurs. Le magasin a lancé samedi l’offre «Solidarité avec…», pour booster l’économie locale.

Le concept est simple: à chaque achat de lunettes optiques, Mattmann Optique remet un bon correspondant à 30% de la valeur du ticket à faire valoir dans l’une des 24 entreprises partenaires d’ici à juillet 2021. «On ne voulait pas que les clients bénéficient d’un rabais immédiat car on s’est rendus compte qu’ils ne se rendaient pas vraiment compte de la valeur d’un tel geste. On ne souhaitait pas non plus donner de l’espèce, car ils n’iraient pas forcément le dépenser là où on le voudrait, vers les commerçants du coin, explique Marlène Mattmann. Celui qui ne comprend ça, c’est qu’il ne colle pas à notre état d’esprit.» Si celle-ci croit fermement en ses convictions, c’est parce qu’elle pressent que le pire reste à venir: «On se doute que le redémarrage des activités sera plus difficile que leur arrêt.»

Un partage de chance

Derrière cet élan de générosité, il y a un vrai sacrifice. Car en finalité, c’est bien Mattmann Optique qui va sponsoriser d’autres entreprises sans rien demander en échange. «Beaucoup ne comprenaient pas pourquoi on faisait ça, mais on a juste envie de relancer l’économie locale et donner de l’espoir», souligne Jean-François Mattmann, qui a toutefois apprécié que certains partenaires leur offrent une contre-partie. Quant à sa tendre moitié, elle ne nie pas que l’opération profitera aussi à leurs affaires: «On va sacrifier une partie de nos bénéfices pour les autres commerces, mais on va parler de nous. Aussi, on espère que les clients reviendront rapidement chez nous.»

Si l’enseigne tapa-sabllia est prête à distribuer 10 000 francs en bons, c’est parce qu’elle est passée par des moments difficiles: «Au début, on a refusé le chômage partiel à mon époux, confie Marlène Mattmann. On s’est dit: punaise, comment va-t-on faire ? Heureusement, on avait des économies en vue du déménagement de notre boutique dans le village. On a donc pris dedans. Et finalement, on a pu toucher le chômage. Du coup, on a voulu aider les autres.»

«C’est très noble de leur part, concède Carolane Sutterlet, responsable de la communication pour la Commune. C’est super de voir que les gens se mobilisent pour remettre le village à flot.»

Christelle Maillard