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Un chasseur de buts imperturbable

23 septembre 2016 | Edition N°1834

Football – 1re ligue – Auteur de quatre buts en deux apparitions furtives, Matt Moussilou (se) régale avec Yverdon Sport, où le Franco-Congolais n’a pas tardé à apporter sa pierre à l’édifice.

Matt Moussilou a rapidement trouvé ses marques avec YS. ©Champi-a

Matt Moussilou a rapidement trouvé ses marques avec YS.

Matt Moussilou est arrivé au Stade Municipal en fin de mercato, sous l’impulsion d’un président Mario Di Pietrantonio insatisfait du rendement du secteur offensif d’Yverdon Sport. A 34 ans, l’ancien joueur de Lille, qui sortait d’une saison tronquée avec le FC Le Mont, a, de son côté, misé sur la stabilité en acceptant l’offre des Nord-Vaudois. Il a ainsi adhéré à un ultime projet, celui d’un YS qui souhaite retrouver, au plus vite, son lustre d’antan. «Ma famille se plaît dans la région (ndlr: frontalier, il vit avec les siens dans le pays de Gex), et j’avais déjà eu des échos des envies des dirigeants yverdonnois, dans le vestiaire du Mont. Ils ont d’ailleurs rapidement témoigné de leurs ambitions en en gageant des joueurs comme Gilberto Reis et Aurélien Chappuis, qui étaient titulaires en Challenge League», relève celui qui a défen du à une dizaine de reprises les

couleurs des Léopards du Congo.

Le stress? Il ne connaît pas

Séduit par le challenge proposé dans la Cité thermale, Matt Moussilou n’est pas là pour se prendre la tête. Au contraire, celui qui souhaiterait pouvoir jouer jusqu’à 38 ans veut avoir du plaisir et aller le plus loin possible avec cette équipe construite pour gavir les échelons. Toutefois, pas question de se laisser étouffer par les attentes légitimes qui pèsent sur les épaules d’un groupe remodelé de fond en comble pour la gagne.
«La pression? Ce n’est pas la même que celle que je ressentais lorsque j’étais à Marseille, en toute humilité», tempère le chasseur de goals, histoire de placer les choses sous leur bon jour. Pour autant, le doyen du vestiaire du Stade Municipal sait qu’il sera attendu au tournant et qu’il a un rôle à assumer auprès de ses coéquipiers. Et malgré un déficit dans la préparation physique, ses premières apparitions sont là pour attester qu’il a bien compris la mission qui lui était confiée.

Une fonction de grand frère

«Mon expérience me confère un statut que je dois honorer, et cette fonction de grand frère, elle est facile à exercer ici, avec ces jeunes qui écoutent volontiers les conseils qu’on leur donne. On est tous égaux dans le contingent, mais c’est vrai qu’on attend peut-être un peu plus de ma part», estime celui qui a appris à devenir un leader sur le tard. «Ça ne correspondait pas vraiment à mon tempéramment, auparavant», acquiesce-t-il. «Mais c’est venu avec l’âge et au gré des évènements. Il y a quatre, cinq ans, lorsque j’ai été sélectionné avec le Congo, c’était un tel honneur que j’ai eu à cœur de prendre les choses en main», retrace celui qui pense être devenu plus mature, plus conscient, depuis l’arrivée de son premier enfant, en 2009. «Ici, d’autres joueurs comme Gilberto Reis, Aurélien Chappuis ou encore Adriano De Pierro ont également un statut qui leur permet de prendre la parole», dit-il encore, soucieux de partager les responsabilités.

Séduit par ses coaches

A Yverdon, où l’environnement sain dans lequel baigne le club lui plaît beaucoup, Matt Moussilou a, du reste, découvert un duo d’entraîneurs pour lequel il ressent, déjà, beaucoup de respect: «Jérôme Sonnerat, qui avait côtoyé Phlippe Perret et Robert Lüthi à la Chaux-de-Fonds, m’en avait dit beaucoup de bien, lorsque nous étions coéquipiers au Lausanne- Sport.» Et pour l’heure en tout cas, l’attaquant partage les vues du défenseur français. Pour que l’idylle naissante se poursuive, Matt Moussilou serait bien inspiré de transpercer les filets adverses, une nouvelle fois, samedi contre Naters car, lorsque l’on connaît les exigences du président Mario Di Pietrantonio, on imagine bien que tout autre résultat qu’un succès à domicile amènerait son lot de nuages dans le ciel actuellement radieux du Stade Municipal.

L’avant-match
Le point avec les équipes de la région

1re ligue
Yverdon Sport – Naters, samedi à 17h30 au Stade Municipal.
«C’est un match dans la conti nuité de celui contre Martigny, dans le sens où on affronte une équipe de bas de tableau. Mais cela ne signifie pas qu’il s’agit de rencontres plus faciles. Si on le pense, c’est dangereux, lance l’entraîneur d’YS Philippe Perret. Naters est toujours difficile à manœuvrer.» Gudit est suspendu, Bamélé et Dia blessés.
Marc Fragnière