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Un driver d’Ependes aux Européens

15 septembre 2016 | Edition N°1829

Trot attelé – Etienne Massonnet, le groom d’Ependes, participera, dès demain et tout le weekend prochain, aux Championnats d’Europe des drivers de trot amateurs, au nord des Pays-Bas.

Etienne Massonet part à l’aventure. Dès demain, il participera aux Européens des trotteurs amateurs à Wolvega, aux Pays-Bas. ©Turffotos.ch

Etienne Massonet part à l’aventure. Dès demain, il participera aux Européens des trotteurs amateurs à Wolvega, aux Pays-Bas.

Etienne Massonnet participera aux Championnats d’Europe des drivers de trot amateurs, les 16, 17 et 18 septembre, à Wolvega, aux Pays-Bas.

Le palefrenier d’Ependes a été sélectionné pour ces joutes continentales, à la faveur de son bon classement chez les amateurs suisses. «En fait, j’étais le premier des viennent-ensuite. Joe Vignoni qui avait été retenu, a décliné l’invitation. Il préfère disputer une course à Avenches à cette date», explique-t-il en toute modestie.

Une vraie aventure

Le groom (ndlr : l’entraîneur- soigneur) se réjouit de pouvoir disputer des courses hors de Suisse.

Habitué des champs helvétiques, Etienne Massonnet apprécie l’idée de sillonner d’autres pistes même si le fait de participer à ces Européens le privera de la course la mieux cotée de l’année, à Avenches.

Organisé par la Fédération suisse de trot, cette escapade néerlandaise séduit la Grenouille : «Ça va être une jolie découverte, d’autant plus que je ne me suis encore jamais rendu aux Pays-Bas». Voilà pour les faits. Tout le reste, il faudra le prendre comme il se présentera. Ce sera, en fait, une véritable aventure. «On ne peut rien prévoir à l’avance. Les résultats seront secondaires car tout dépendra des chevaux mis à disposition des entraîneurs». Et comme les équidés seront tirés au sort, il est impossible de faire des projections en matière de résultats avant de savoir si on drivera des cadors ou des tocards… «Mon objectif sera de faire le mieux possible avec les moyens qui seront mis à ma disposition», pose, sans se prendre la tête, Etienne Massonnet.

Par ailleurs, alors que les soigneurs se regroupent dans un microcosme bien établi sur le plan national, la Grenouille découvrira autant de nouveaux visages qu’elle aura de rivaux sur le champ de courses de Volwega. De quoi pimenter encore cette escapade pour un passionné qui n’a plus grandchose à découvrir au pays.

Arrivé «un peu par hasard » dans le monde des grooms, le quarantenaire s’y est rapidement affirmé comme l’un des meilleurs spécialistes du trot attelé. «J’ai grandi à Ependes et j’étais toujours fourré à la ferme de Bernard Perrin. Il y avait un manège. C’est là que j’ai appris à monter. Puis, il a arrêté l’école d’équitation peu après. C’était au début des années 1980 et il était, alors, passé au trot. C’est là que j’ai découvert les spécificités de cette allure qui n’est pas naturelle chez les chevaux. Cela m’a tout de suite plu», relate le petit jockey, lequel a, néanmoins, stoppé ses activités équestres durant une dizaine d’années.

Un savoir-faire apprécié

«Je les ai reprises en 1995, lorsqu’une fille avait besoin de monter sa jument récalcitrante et avait fait appel à mes services. Elle connaissait quelqu’un qui avait des trotteurs, c’est comme ça que je suis reparti dans l’attelage», se souvient Etienne Massonnet. Le Nord-Vaudois a ensuite œuvré comme teneur de pied chez un maréchal ferrant, avant de définitivement retrouver de l’embauche comme groom. Son savoir-faire, sa patience et son instinct ont été très appréciés par ses employeurs. «Les chevaux sont comme les êtres humains… Ils sont parfois chiants !», reconnaît celui qui en déjà vu de toutes les couleurs avec ses équidés. «J’ai dû m’occuper d’une jument qui s’était déjà échappée trois fois et qui avait cassé son Suky», se souvient-il. «Je suis endurant ou alors complètement fou, c’est selon (ndlr : il rit), j’ai pris six mois pour la dresser. Au début elle n’arrêtait pas de mettre des coups de pattes dans le suky et de lever l’arrière-train, il fallait être vigilant. Mais généralement, on sent quand ça va dégénérer. Heureusement, parce que prendre un coup de sabot, c’est comme si Mike Tyson te frapppait des deux poings en même temps, en pleine figure», ose le turfiste.

A Etienne Massonnet de s’inspirer de cette belle métaphore et de frapper juste et fort, dès demain sur le champ de course de Wolvega !

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Marc Fragnière