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Un élan du cœur fait chou blanc

20 mai 2020 | Edition N°2734

Solidarité - L’Entraide familiale d’Orbe et environs est pleine de bonnes intentions, mais il n’y a pas foule pour en profiter.

La frustration. C’est le sentiment que ressent Christine Favre-Bulle, secrétaire de l’Entraide familiale d’Orbe et environs. Comme ses collègues bénévoles, elle a voulu apporter son aide durant la crise. «On a dû arrêter toutes nos activités durant le confinement. Comme on a la chance d’avoir quelques liquidités, on a décidé d’offrir des sacs de nourriture non périssable à ceux qui en avaient besoin», explique-t-elle.

Malgré ces louables intentions, seules sept personnes en trois semaines ont manifesté leur intérêt. «C’est frustrant», avoue-t-elle. Pourtant, il y a un point sur lequel son équipe ne voulait pas capituler: donner de l’argent. «On voulait être dans l’action, et pas simplement donner un chèque à Caritas ou aux Cartons du Cœur.»

Quasi personne dans le besoin?

Vu le résultat, l’Entraide familiale a tenté de comprendre pourquoi quasi personne ne saisissait cette main tendue. Est-ce une question de honte et de pudeur? Ou alors le fait de communiquer par Facebook et Instagram? «En fait, je n’ai pas d’explication», déplore Christine Favre-Bulle, qui reconnaît qu’il existe déjà beaucoup d’actions caritatives.

Les bénévoles se sont même  questionnés sur la nécessité d’une telle solidarité dans la région. «On ne veut pas croire qu’il n’y a pas de Nord-Vaudois dans le besoin», poursuit la secrétaire. Une intuition confirmée par Pierre Faivre, président des Cartons du Cœur d’Orbe et environs: «Chaque mois, on sert environ 310 personnes. Et ces derniers temps, on a vu au moins deux nouvelles familles venir chaque semaine.» Il a aussi noté des élans de générosité. «Les gens se rendent compte que c’est la misère.»

D’ailleurs, le Kiwanis Club Orbe vient d’accorder un chèque de 5000 francs à l’association et, peu avant, c’est la Chaîne du Bonheur qui lui a promis un soutien. «Les autorités et les grandes entreprises pourraient faire plus. Le problème, c’est qu’ils veulent généralement voir tous nos comptes, et là-dessus, je ne basterai jamais!», tonne le président. Avant de conclure: «Les gens dans le besoin ont souvent de la peine à admettre leurs difficultés. Quand ils viennent ici, certains pleurent, d’autres nous remercient chaudement. Pour moi, c’est le respect de ces personnes qui doit primer.»

Christelle Maillard