Logo

Un fils de L’Auberson pour booster les vins vaudois

20 décembre 2018 | Edition N°2400

Vaud  –  Michel Rochat a repris le flambeau de l’Office des vins vaudois (OVV) à la suite de Pierre Keller la semaine dernière. Rencontre avec ce Nord-Vaudois qui n’a pas oublié ses racines.

L’enfant de L’Auberson qui aimait faire de l’équitation dans les pâturages du Balcon du Jura a bien grandi. Fils d’instituteurs sainte-crix, il a laissé sa monture à la campagne pour partir à l’assaut de la capitale vaudoise. Son voyage l’a mené jusqu’à la direction de l’Ecole hôtelière de Lausanne. Et depuis la semaine dernière, Michel Rochat a trouvé un nouveau cheval de bataille: l’Office des vins vaudois (OVV). Rencontre avec son nouveau président, qui a gardé son âme de Nord-Vaudois.

Que représente cette nomination à la présidence de l’OVV pour vous? 

C’est un honneur d’avoir été choisi par le Conseil d’Etat. Mais ce qui m’a vraiment motivé à accepter le poste, c’est que cette fonction me permet de rendre un peu de tout ce que le canton m’a donné au fil des années. C’est une manière très modeste de renvoyer l’ascenseur.

Un moyen de renvoyer l’ascenseur, mais pas gratuitement… Car la fonction de président est rémunérée! 

Oui, mais j’ai refusé le salaire. Je le fais bénévolement, car j’ai le sentiment que le canton a déjà fait assez pour moi.

Justement, en tant que président, que prévoyez-vous de faire pour les Vaudois?

Je ne peux pas encore tout dévoiler, il faudra attendre début 2019 pour connaître mes objectifs. Ce que je peux dire, c’est que l’on va mettre l’accent sur la Suisse alémanique tout en continuant le travail de mon prédécesseur à l’étranger.

Pour faire la promotion des vins vaudois, il faut les connaître. Etes-vous un fin connaisseur?

Indirectement. Déjà, j’ai plusieurs membres de ma famille qui sont vignerons en France. Ensuite, de par l’Ecole hôtelière de Lausanne, je suis très en lien avec tous les métiers de bouche, et donc avec les vignerons. J’ai découvert leur travail quand j’étais sur la Côte.

Qu’avez-vous appris?

Quand j’étais jeune, je suis allé faire les vendanges sur la Côte. Tout ce dont je me rappelle, c’est que c’était très physique. C’est pourquoi j’ai d’autant plus de respect pour les vignerons.

Un métier que vous avez pu approfondir lorsque vous étiez membre du conseil de fondation de l’Ecole d’ingénieurs de Changins?

Oui, c’est d’ailleurs là que j’ai découvert l’ampleur du travail vitivinicole. C’est un métier extraordinaire, car le vigneron accompagne son produit de la terre à la vente. Il le fait pousser, il le travaille et le promeut. C’est pour cela que ce sont des ambassadeurs incroyables de notre région.

Mais connaissez-vous vraiment les vins vaudois? 

Le vin est un produit emblématique du canton, et je suis un vrai vaudois, donc forcément, ça crée des liens. En plus, j’ai toujours été intéressé par la complexité des goûts. Je ne peux pas dire que j’ai un sacré palais, mais j’ai une bonne mémoire des goûts. Et je crois être un bon dégustateur.

Comment pouvez-vous affirmer cela?

Je me rappelle avoir participé à une dégustation de neuf pinots noirs au Culinary Institute of America, à New York (USA). Au 5e verre, j’ai senti que quelque chose n’allait pas. J’ai tout de suite reconnu qu’il s’agissait d’un vin vaudois. Les organisateurs avaient tenté de me piéger en glissant un chasselas au milieu!

Vous êtes plutôt vin rouge ou vin blanc?

Vin blanc à 95%! Une vieille bouteille de 1999 ou de 2005, avec un morceau de fromage: c’est un petit goût de paradis.

Que pensez-vous des cépages nord-vaudois?

Je connais les vins de Bonvillars depuis longtemps. Et je me rappelle avoir découvert les Côtes de l’Orbe lorsque j’étais doyen de l’Ecole d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud. On avait organisé une dégustation avec des vignerons du coin et on avait pu goûter des crus étonnants. Ils méritent de gagner en visibilité.

Avez-vous des bouteilles du cru dans votre cave?

Bien sûr. Je collectionne des vieux vins blancs depuis 1971.

Comptez-vous rencontrer les vignerons locaux?

Oui, dès janvier. Avec Benjamin Gehrig (ndlr: le directeur de l’OVV), on va aller visiter deux vignerons par mois. Et on commencera par les Côtes de l’Orbe normalement!

Cela vous manque-t-il de ne plus vivre à L’Auberson? 

Non, je suis passé à autre chose. Mais j’aime bien y retourner.

Quelles expériences avez-vous emportées avec vous du Balcon du Jura à Lausanne?

L’organisation et la mutation industrielle. A 16 ans, je travaillais chez Gueissaz, à L’Auberson, à faire des boîtes à musique et j’ai été captivé par les ouvriers industriels qui partageaient leur temps entre le secteur tertiaire et primaire. Et à 18 ans, j’ai vu et senti Yverdon-les-Bains se transformer. Cela m’a beaucoup marqué.

Christelle Maillard