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Un Français chez les Welsches

27 septembre 2019 | Edition N°2590

En Suisse depuis 6 ans, Norman Peyretti a posé ses valises à Yverdon-les-Bains, cet été, après être passé par plusieurs clubs germanophones.

Les changements de décor font partie de l’ADN de Norman Peyretti. Fils de restaurateurs, le Niçois a grandi entre sa ville d’origine, Saint-Domingue, le Sénégal et le Maroc. Avec une constante: le football. «Au début, je jouais dans la rue, avec des copains. J’ai commencé à vraiment aimer ça quand j’étais au Sénégal. L’équipe nationale avait affronté la France, lors de la Coupe du monde en 2002. Je me souviens avoir regardé le match, les Français avaient perdu 0-1, j’étais très déçu.»

Il commence à jouer en club à l’âge de 9 ans, auprès de l’OGC Nice. «J’ai fait pratiquement toute ma formation là-bas, en sport-études», précise-t-il. À 17 ans, il suit une nouvelle fois sa famille et s’envole pour le Maroc, où il se perfectionne avec la réserve du Wydad Athletic Club de Casablanca. «C’est l’une des meilleures adresses du pays. Cela m’a notamment permis de bénéficier de très bonnes infrastructures, même si le professionnalisme faisait parfois un peu défaut.»

Au bout de trois ans, le Français se voit offrir un contrat de joueur professionnel, mais préfère tenter sa chance ailleurs. «Mon manager m’a proposé d’aller faire des essais au FC Bienne. Après une semaine de tests, j’ai été engagé. Et depuis, je n’ai plus quitté la Suisse.» Le footballeur de 25 ans goûte à la Super League avec Thoune, puis rejoint Aarau en Challenge League. En fin de saison passée, les Argoviens affrontent Xamax en barrage. Vainqueurs 0-4 du match aller, ils peuvent légitimement rêver de retrouver le plus haut échelon national. Mais les Neuchâtelois s’offrent une véritable remontada au Brügglifeld, faisant à leur tour trembler les filets à quatre reprises, avant de s’imposer aux tirs au but. Cruelle désillusion pour le FC Aarau de Norman Peyretti.

Un retour en terre francophone

«Alors que j’étais en vacances avec ma famille dans le sud de la France, les dirigeants du club ont voulu que je rentre sur-le-champ pour renouveler mon contrat, car le précédent arrivait à son terme. J’ai refusé et j’ai examiné mes différentes options. J’ai d’abord eu une proposition du côté de Grasshopper, qui ne s’est pas concrétisée, puis l’offre d’YS est arrivée. À la base, je n’envisageais pas vraiment de jouer en Promotion League, mais j’ai trouvé le projet intéressant, avec l’ascension comme objectif, et tant le staff que l’équipe m’ont plu. De plus, on me proposait un contrat de deux ans, ce qui apporte une certaine sécurité.»

Le club yverdonnois possède également un atout non négligeable: la possibilité pour Norman Peyretti de revenir en terre francophone. «Au début, j’ai pas mal galéré pour apprendre l’allemand et le suisse-allemand. Puis, au fil du temps, j’ai appris à jongler avec les langues, nationales et internationales. Mais j’avoue que je suis content d’être de retour dans une région où je peux utiliser ma langue maternelle, c’est quand même plus facile!»

Une équipe qui se concentre sur elle-même

Le Niçois se dit également satisfait de sa nouvelle vie dans la Cité thermale. «Nous sommes une super équipe. Il nous arrive régulièrement de nous retrouver pour aller manger ou boire un café lorsque nous avons congé. J’ai aussi pu continuer à me consacrer à 100% à mon sport, alors que ce n’est de loin pas la norme en Promotion League. C’était important pour moi, je ne voulais pas devoir tout mélanger. Ma vie, c’est le football.»

Demain, face à Carouge, Norman Peyretti retrouvera certains joueurs qu’il a déjà affrontés lorsqu’il évoluait en Challenge League. «Au-delà de ça, je ne connais pas vraiment nos adversaires. Contrairement aux clubs avec lesquels j’ai évolué précédemment, nous ne regardons pas de vidéos des équipes contre lesquelles nous jouons. C’est le staff qui s’en charge et qui fait ensuite en sorte que nous soyons prêts. En ce qui nous concerne, nous ne nous concentrons que sur nous-mêmes.»

 

Un gaucher très à l’aise avec le pied droit

Si le polyvalent joueur offensif d’Yverdon Sport admet avoir une préférence pour le poste d’ailier, le côté duquel il est aligné n’a cependant pas d’importance à ses yeux. Il faut dire que Norman Peyretti semble être aussi habile avec son pied gauche que son pied droit quand il a le ballon en sa possession.

«C’est quelque chose d’inné chez moi. J’ai toujours été relativement ambidextre au niveau des pieds (ndlr: il écrit en revanche de la main gauche), même si j’ai par la suite travaillé cela à l’entraînement pour me perfectionner. Mais je reste quand même plus à l’aise avec le gauche», précise-t-il. Un véritable atout sur le terrain, qui lui permet notamment de délivrer des centres millimétrés à ses coéquipiers, peu importe le pied qu’il emploie!

Muriel Ambühl