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Un lifting pour le Grand Hôtel des Rasses

26 mars 2012

Bernard Russi, directeur du groupe BOAS, qui s’est porté acquéreur de cet établissement, ne manque pas d’idées pour lui redonner un second souffle. Nouvelle terrasse, espaces mieux agencés, rénovation du spa, il se montre très enthousiaste.

Jean-Philippe Scalbert, nouveau directeur du Grand Hôtel des Rasses.

«Je suis venu au Grand Hôtel des Rasses en août dernier un peu à reculon, sur l’insistance d’un ami. Mais quand je l’ai vu, j’ai eu un véritable coup de coeur.» Bernard Russi, président et co-fondateur avec son épouse du groupe BOAS, a alors rapidement décidé de se porter acquéreur de cet établissement plus que centenaire (voir encadré), «sans même en parler à sa femme et à son directeur général», a-t-il confessé lors de la cérémonie de présentation organisée jeudi dernier en présence de plus de 200 invités.

Si le groupe BOAS s’était focalisé à ses débuts sur l’hébergement  médico-social, il possède également aujourd’hui cinq hôtels en Romandie (voir encadré). «Contrairement à ce que prétendent certaines rumeurs, nous ne transformerons pas le Grand Hôtel des Rasses en EMS», a rassuré d’emblée Bernard Russi. Ce qui a le don de réjouir le syndic de Bullet Jean-Franco Paillard, pour qui il existe un réel besoin d’un hôtel de ce type sur le Balcon du Jura. «Je souhaite remercier Hans Wyssbrod qui a dirigé cet établissement durant 26 ans et a su bien gérer cette reprise en trouvant les bonnes personnes.»

Un beau défi et un cachet exceptionnel

Le président du groupe BOAS est bien conscient du risque pris: «Le Grand Hôtel a connu bien des moments difficiles et des faillites. C’est vrai qu’il y a de quoi avoir peur. Mais nous possédons une véritable logistique et infrastructure qui nous permettront de relever ce beau défi, j’en suis persuadé.»

Pour redynamiser le Grand Hôtel des Rasses, le groupe a prévu des travaux, pour un montant total estimé à environ un million de francs. Rien de révolutionnaire cependant, «l’établissement possédant en soi un exceptionnel cachet», selon son nouveau directeur Jean-Philippe Scalbert, mais simplement de revoir la décoration des chambres, de la salle Belle-Epoque, du Petit Restaurant et du salon, de réaménager au mieux le hall d’entrée ou encore de moderniser le spa. Prudent, Bernard Russi a toutefois précisé que les rénovations seraient échelonnées dans le temps: «Les banques ne sont pas motivées à prêter de l’argent pour le Grand Hôtel des Rasses, a-t-il souligné. Et Jean-Philippe Scalbert d’ajouter: «Il faudra voir l’évolution de la fréquentation qui, nous l’espérons, augmentera dans les prochaines années.» Tous deux ont décidé de donner la priorité à la terrasse, qui sera agrandie et relookée d’ici le début de cet été, histoire de mettre en valeur la magnifique vue dont bénéficie leur établissement. «L’idée est aussi de redonner envie aux gens de la région de venir prendre l’apéro ou manger chez nous. Nous avons besoin d’eux», a insisté Bernard Russi. Il a également eu un petit mot pour ses concurrents présents lors de cette inauguration: «Ne vous inquiétez pas, le monde attire le monde.» Le groupe BOAS compte également investir dans la communication et redonner une identité forte à l’établissement. Il a ainsi mis en ligne un site internet, un instrument de promotion qui manquait jusqu’ici.

 

Un grand groupe

Bernard Russi et sa femme Anne ont acquis en 1989 l’établissement médico-social Joli-Automne, à Ecublens. Dans les années suivantes, ils ont redressé plusieurs autres entreprises de ce type en difficulté. Si le développement et la gestion d’EMS représentent leur activité première, dès 1992, ils se sont également portés acquéreurs d’hôtels. En 1995, ils créent le groupe BOAS S.A, qui a son siège à Morges. Aujourd’hui, le groupe est propriétaire de dix-huit EMS, six résidences médicalisées ou appartements protégés, cinq restaurants, cinq hôtels, un service traiteur, des Bains de Saillon et d’un dancing. Il emploie 940 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 90 millions de francs. Il planche en outre sur différents projets, dont l’AquaEcopôle, un complexe prévu au nord de la ville de Lausanne qui abritera un parking, un aquarium géant, un hôtel et une clinique.

 

Un passé plein de rebondissements pour un grand hôtel mythique

Le Grand Hôtel des Rasses a ouvert en grande pompe en 1898, sous l’impulsion d’Edouard Baierlé, un Nyonnais d’origine bavaroise qui a eu un véritable coup de cœur pour le Balcon du Jura. Il a connu, à l’époque, un succès extraordinaire, accueillant des hôtes de prestige originaires des quatre coins du monde. Les sports d’hiver se développent alors sur le plateau des Rasses. L’hôtel a cependant dû fermer ses portes durant les deux Guerres Mondiales. En 1945, l’établissement passe en main de la BCV. Puis en 1953, il est repris par un collectif d’industriel du Balcon du Jura qui entame des travaux de rénovation et construit la piscine. Mais en 1975, c’est la faillite. Il reste fermé durant deux ans, avant d’être repris par Willy Hoffer. Dans le courant des années 70, pour faire face aux difficultés financières, quelques chambres sont vendues à des particuliers. Aujourd’hui encore, le Grand Hôtel des Rasses est une copropriété, à deux-tiers entre les mains du groupe BOAS et à un tiers entre les mains de 18 particuliers, qui, aux dires Adalbert Jaques, administrateur de la copropriété, sont très soulagés que l’établissement ait trouvé un si bon repreneur. Certains d’entre eux ont cédé la gestion de leur bien au groupe, d’autres en jouissent en tant que résidence secondaire. Depuis 26 ans, le Grand Hôtel des Rasses était gérés par Hans Wyssbrod, absent de la cérémonie de jeudi dernier pour des raisons de santé.

 

Sonia Délèze