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Un périple en 4L dans le désert

1 février 2017 | Edition N°1925

Rallye raid – Le Molondinois Samuel Drakidis et son ami Nicolas Pittet partent pour le 4L Trophy. Après un an de préparation, leur bolide est enfin prêt.

Les deux amis se retrouvent trois soirs par semaine dans le garage de Nicolas Pittet (à g.). ©Michel Duperrex

Les deux amis se retrouvent trois soirs par semaine dans le garage de Nicolas Pittet (à g.).

Dans le garage de Nicolas Pittet, la musique est à plein tube. Une ambiance à laquelle la petite commune de Villars- le-Terroir commence à être habituée. Trois soirs par semaine depuis un an, lui et son ami Samuel Drakidis ont les mains dans le cambouis, la salopette sur le dos. «Manque plus que les pneus à changer et elle sera prête à rouler », lance le premier nommé.

Elle, c’est leur bébé. Une vieille Renault 4L qu’ils retapent quotidiennement pour participer au 4L Trophy, un rallye d’orientation dans le désert marocain, qui se tiendra du 16 au 26 février prochain. Quelque 6000 km de parcours, qui rassemblent chaque année plus de 1200 équipages. Cette année, c’est la 20e édition, et les deux amis ont hâte d’y être.

«Sensation de voler»

©Michel Duperrex

©Michel Duperrex

«J’ai déjà roulé de nombreuses fois dans le désert avec mon père, explique Nicolas Pittet. C’est une sensation incroyable. Plus tu vas vite, moins ça secoue. On a l’impression de voler !»

Samuel Drakidis, lui, n’a jamais vécu une telle expérience. Cet apprenti charpentier, habitant de Molondin, a testé pour la première fois la bête il y a quelques mois. «C’est très différent d’une voiture normale. Il n’y a pas de direction assistée, il faut passer les vitesses sur le tableau de bord et elle tremble à 120 km/h, sourit le jeune homme de 19 ans. Ça va être un sacré défi.»

Pour les deux amis, l’aventure a commencé en mars 2016. «On buvait un verre et, sur un coup de tête, on a décidé de s’inscrire à l’épreuve. Deux semaines plus tard, on achetait notre première 4L.»

De nombreux sponsors

Depuis, le duo a réussi à ameuter de nombreux sponsors. «C’est principalement mon père qui nous a trouvé les contacts, explique Samuel Drakidis. Il travaille dans une grande entreprise et connaît du monde.» Grâce aux divers stickers placardés sur la 4L, les deux compagnons ont pu rembourser tous leurs frais. «Nous avons amorti l’achat de la voiture et tous les coûts de réparation. Finalement, ce rallye demande plus de temps que d’argent», estime Nicolas Pittet.

Mais le 4L Trophy n’est pas qu’une histoire de bolide. Chaque année, les participants ont le devoir d’apporter des fournitures scolaires aux enfants du pays. Le binôme a rassemblé près de 60 kg de matériel, qu’il transportera sur son toit. «Ce sont aussi les sponsors qui nous ont fourni tout ça», rajoutent les deux jeunes hommes.

Ils partageront cette aventure avec quatre autres équipages romands. Ils partiront tous ensemble le samedi 11 février pour rejoindre le top départ à Biarritz, en France.

En attendant, Nicolas Pittet et Samuel Drakidis empaquettent leurs dernières affaires : une tente, quelques pulls pour les fraîches nuits sahariennes et… des skis. «On va s’accrocher derrière la voiture et rider sur le sable», se réjouit Nicolas Pittet, hilare. Les deux amis ont également bricolé un frigo à l’arrière de leur engin. «Sinon, où aurait- on stocké le fromage à fondue, les röstis et la Suze ?»

La mécanique facile

Les organisateurs du 4L Trophy effectuent un contrôle technique minutieux avant le départ. Pour Nicolas Pittet, cela ne constitue pas un problème. Le mécanicien de 21 ans a changé les suspensions et acheté les pièces manquantes du moteur, pour un total de 11 000 francs. «Je retape plein de vieilles bagnoles. J’ai même un char de guerre et une voiture de pompier, sourit-il. Alors, restaurer une 4L, c’était plutôt facile. Surtout avec l’aide de Samuel !»

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Lila Erard