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Un plan pour la mobilité «horlogère»

29 février 2012

Le district Jura-Nord vaudois accueille de très nombreux frontaliers. La promotion du co-voiturage va être promue avec le soutien d’Interreg.

Jaeger-Lecoultre, au Sentier, a été l’une des premières sociétés à se préoccuper de la mobilité. Elle finance un service de navettes.

L’industrie horlogère se porte bien et, avec elle, l’économie de l’Arc jurassien. Après la crise qui a frappé le secteur en 2008-2009, le redressement est spectaculaire. Ainsi, selon une étude de l’Observatoire statistique transfrontalier de l’Arc jurassien, l’horlogerie fournit un quart des emplois industriels de l’Arc jurassien suisse.

En première ligne…

Cette situation est certes réjouissante, mais, comme toute médaille, elle a son revers: des flux de trafic considérables provoqués par le va-et-vient des frontaliers. Afin de les limiter, et avec eux les nuisances qu’engendre le trafic individuel, un plan de mobilité destiné, notamment, à promouvoir le co-voiturage, a été préparé pour l’ensemble de la chaîne montagneuse, de la vallée de Joux au canton du Jura.

«Nous avons des efforts à consentir sur le plan de la mobilité. Ce plan a été conçu par zones et c’est le Jura-Nord vaudois qui va commencer. La mise en oeuvre aura lieu entre la fin du printemps et le début de l’été», annonce Eric Duruz, directeur de l’Association pour le développement des activités économiques de la vallée de Joux (ADAEV).

Ce plan a été étudié par les partenaires suisses et français, notamment l’ADNV et l’ADAEV côté suisse. Côté français, le Parc naturel du Haut-Jura, le Pays du Haut-Doubs et le Pays Horloger figurent au nombre des interlocuteurs.

Parkings dédiés

Côté français, près d’une centaine d’aires de stationnement ont été répertoriées. Des négociations sont en cours pour en faire des parkings-relais. «Nous avons un budget pour les signaler avec des panneaux spécifiques. Il est financé pour moitié par des fonds Interreg», relève Eric Duruz.

La société Mobilidée a été chargée de promouvoir le co-voiturage dans les entreprises. Celles-ci seront aussi encouragées à promouvoir l’opération, principalement avec des mesures incitatives.

Un service transfrontalier

Par ailleurs, aux navettes existantes, financées par Jaeger-Lecoultre, devraient s’ajouter à moyen terme un nouveau service transfrontalier proposé par la compagnie régionale de transports AVJ.

Ces mesures sont indispensables pour une région qui offre plus de 6600 emplois (6500 habitants), dont une bonne moitié sont occupés par des frontaliers.

La main d’oeuvre frontalière occupe 61% des emplois horlogers dans le canton de Vaud

Le dilemme combier entre renforcement des points forts et diversification

Renforcer les points forts et se diversifier. Ce dilemme est aussi vieux que bien vécu à la vallée de Joux. L’étude de l’Observatoire statistique transfrontalier confirme l’importance de l’emploi horloger dans l’Arc jurassien, avec plus de 30 000 postes, essentiellement concentrés en Suisse (94%).

On dénombre quelque 4800 emplois dans la branche horlogère sur territoire vaudois, ce qui représente 11,4% des emplois industriels du canton, et 1,4% de la totalité des emplois. Rapportés à la région, les emplois horlogers représentent le 41% des emplois industriels dans le district Jura-Nord vaudois.

La branche horlogère a recours, plus que d’autres, à la main d’oeuvre frontalière. Celle-ci occupe 61% des emplois horlogers dans le canton de Vaud, une proportion estimée à 50% par Eric Duruz pour la vallée de Joux sur l’entier des travailleurs. Le district Jura-Nord vaudois est celui qui, dans l’industrie horlogère, occupe le plus de frontaliers (2876 personnes).

Faut-il s’inquiéter de la part occupée par l’industrie horlogère dans une région comme la vallée de Joux? Le directeur de l’ADAEV s’en réjouit, même si, chaque fois que c’est possible, il faut oeuvrer pour la diversification. Et de citer en exemple Valtronic Technologies (Les Charbonnières): «Cette entreprise spécialisée dans la miniaturisation électronique à but médical se renforce. Elle est en train de construire un nouveau bâtiment. C’est une bonne chose.»

Eric Duruz se réjouit aussi de l’accord intervenu avec le Canton, qui permet d’offrir à la Vallée un nouveau de sécurité à la hauteur du risque. Des agressions récentes ont en effet démontré que plus aucune région n’est à l’abri de la criminalité.

Isidore Raposo