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«Une guérilla urbaine» à la Villette

3 août 2018 | Edition N°2302

Après avoir essuyé des tirs directs de feux d’artifice dans la nuit de mercredi à hier, les agents de Police Nord vaudois ont effectué douze dénonciations et saisi près de 500 objets pyrotechniques dans un quartier de la ville.

«On a eu vraiment peur», confie Balkis Jarrar qui, pour une fois, avait décidé de célébrer la Fête nationale à Yverdon-les-Bains au lieu de partir en vacances. Du haut de son balcon, cette habitante du quartier de la Villette a assisté à la confrontation entre une bande de jeunes et les forces de l’ordre, durant la nuit de mercredi à hier. «On est rentrés de la plage (ndlr: où avait lieu la Fête nationale officielle de la ville qui, elle, s’est déroulée sans encombre) à 23h et, à 23h15, les jeunes ont commencé à lancer des pétards et à tirer des feux d’artifice en direction des policiers, raconte-t-elle. Ça n’a pas arrêté jusqu’à ce que je m’endorme à 1h30 et, quand je me suis réveillée à 4h30, j’entendais encore des pétards.»

Plusieurs habitants ont eu l’impression que la police observait les débordements sans agir. «Je peux comprendre que cela soit pénible pour la population, mais certaines personnes ont bien vu que la police a été hyper active, relève Raphaël Cavin, capitaine de Police Nord vaudois. Grâce aux renforts de trois autres polices intercommunales, plus de vingt personnes ont été affectées uniquement à la Villette de 20h à 4h du matin. Et les écoles des 4 Marronniers (ndlr: attaquée l’an dernier à la même époque) et de la Villette ont été mises sous surveillance. Nous n’avons jamais déployé un dispositif aussi important pour cela.»

Présente depuis le matin, Police Nord vaudois a dû faire face à une soixantaine de jeunes, âgés de 16 et à 20 ans et venant principalement d’Yverdon-les-Bains ou de l’ouest lausannois et de Morges. «Ils cherchent la confrontation par tous les moyens et nous devons répondre avec la bonne mesure. On ne doit pas surréagir et entrer dans leur jeu mais on ne peut pas non plus les laisser nous tirer dessus avec des fusées, explique Raphaël Cavin, qui décrit cette nuit-là comme une miniguérilla urbaine. C’est vraiment le jeu du chat et de la souris parce qu’ils sont très mobiles, extrêmement bien organisés et, quand on les attrape, ils n’ont jamais plus qu’un pétard sur eux puisqu’ils cachent leur stock dans tous les coins.»

Pour le capitaine, le bilan policier est positif car les officiers ont réussi à rétablir «un embryon de calme» plus rapidement que d’habitude. «Nous avons dénoncé douze jeunes et procédé à des interpellations massives dès 1h du matin», se félicite-t-il, en précisant avoir saisi près de 500 pétards modifiés et batteries de mortiers professionnels.

«Bien sûr que c’était bruyant, mais c’était le 1er Août, relativise Jacqueline Faigaux, de la Villette, qui admet ne pas avoir beaucoup dormi. Mais il faut dire que parmi tous les pétards tirés, on a aussi eu droit à de très beaux feux d’artifice!»

Christelle Maillard