Tandis qu’Yverdon Sport s’inclinait 2-1, samedi contre Paradiso à Payerne, Kevin Martin a joué une mi-temps. Le gardien de 30 ans a une occasion de retrouver sa place de titulaire.
Dernier rempart titulaire des promotions d’Yverdon Sport de 2021 et de 2023 en Challenge League et en Super League, Kevin Martin avait commencé la première saison des Verts dans l’élite en tant que titulaire, avant l’arrivée de Paul Bernardoni au Stade municipal.
Alors que le Français se trouve sur le départ, le portier de Cossonay, arrivé dans la Cité thermale en 2018, a été prolongé. Il formera le duo de gardiens avec le Zougois Simon Enzler. Mais lequel des deux sera le titulaire cette saison? Le duel interne s’annonce intéressant à suivre.
Kevin Martin part-il avec une longueur d’avance, lui qui fait partie des meubles et qui est à l’aise dans le jeu au pied que prône le nouvel entraîneur yverdonnois? En tout cas, le jeune trentenaire se plaît à YS.
«Des gens diront que je me trouve dans ma zone de confort, mais je me sens bien ici. Surtout, j’ai senti que le club et le coach souhaitaient que je reste une année en plus», explique celui dont l’option de prolongation de son bail a été activée.
Si, avec Paul Bernardoni, la hiérarchie était clairement établie, ce n’est plus le cas, a priori, à l’heure actuelle. Kevin Martin a désormais une nouvelle chance de s’installer devant le filet. «Ce sera le choix du coach, esquive le gardien. On essaie de faire une bonne préparation, de donner le meilleur de soi-même, et on verra au premier match du championnat qui sera dans les buts.»
Samedi à Payerne, contre Paradiso – équipe de Promotion League –, Yverdon Sport a sans cesse répété certains schémas tactiques balle au pied. Sans beaucoup de succès, d’ailleurs, mais l’effectif a été complètement remodelé et les préceptes d’Adrian Ursea tranchent nettement avec ce que ceux qui sont encore au club ont connu ces derniers mois.
«Il n’y a pas besoin de faire le curriculum vitae du coach, on connaît sa philosophie de jeu. On essaie de la mettre en pratique, mais cela va nécessiter du temps. On va tâcher de le faire le plus vite possible et le mieux possible, promet Kevin Martin, réputé pour être à l’aise dans le jeu au pied. En fonction de l’adversaire, on essaiera de le manœuvrer de différentes manières. On aura plein de flèches à notre arc, et il s’agira d’opérer les bons choix.»
Quitte à flirter avec le rond central pour relancer? «Ça me plaît, rétorque le concerné. J’apprécie le poste de gardien de but pour ses responsabilités, et là, c’en est une en plus. Après, il faudra juste jauger ce qui est bien ou moins, ce qui est dangereux, faire ses expériences, et on verra où ça nous mène.»
Adrian Ursea va y aller étape par étape
Yverdon a beaucoup de travail, et le public devra se montrer patient: le groupe est en reconstruction et le projet de jeu a complètement changé. Le match contre Paradiso l’a démontré.
«On part de très loin, on apprend à se connaître», relevait Adrian Ursea, alors que sa formation s’est retrouvée face à un adversaire qui pratique le marquage homme à homme sur tout le terrain, un cas de figure sur lequel les Verts n’avaient pas encore pu s’exercer. «C’est difficile, il faut des automatismes et on n’est pas du tout à ce niveau encore: on ne travaille que depuis trois semaines, reprenait l’entraîneur. Je suis malgré tout très content de ce que les joueurs ont tenté de mettre en pratique.»
Pour le Roumain, il n’est pas question de sauter les étapes. L’idée est de «construire quelque chose qui va durer», et il sait qu’YS ne sera pas tout de suite prêt en début de championnat.
Le but, à terme, sera de tenter d’avoir «le contrôle du match, ce qui demande beaucoup d’apprentissage», affirmait Adrian Ursea, rappelant qu’il n’est pas un joueur de poker, mais quelqu’un qui «aime donner des choses concrètes aux joueurs».