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Une plainte pénale déposée contre la ministre Cesla Amarelle
(KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Une plainte pénale déposée contre la ministre Cesla Amarelle

9 mars 2022

Une plainte pénale pour des propos jugés « attentatoires à l’honneur » a été déposée à l’encontre de la conseillère d’Etat vaudoise Cesla Amarelle, a indiqué mercredi le canton. La ministre a demandé en séance du gouvernement la levée de son secret de fonction.

Pour la cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), qui a décidé elle-même de rendre publique l’information, il s’agit de donner « en toute transparence » quelques éléments de contexte. La levée du secret professionnel a été accordée par le Conseil d’Etat, réuni mercredi.

« Dans le cadre d’une séance professionnelle et dans l’exercice de ses fonctions, la cheffe du DFJC a rapporté des propos de personnes qui s’étaient confiées à elle. La partie plaignante estime que ces propos rapportés sont constitutifs d’une atteinte à l’honneur. Les personnes impliquées ne dépendent pas hiérarchiquement du DFJC », a expliqué dans un premier temps le canton dans un communiqué.

« Je regrette cette affaire »

Interrogée par Keystone-ATS, Celsa Amarelle a donné quelques détails supplémentaires. « Lors d’une séance de travail, on m’a confié des problèmes concernant de la brutalité, du dénigrement et des comportements inappropriés. J’ai écouté ces témoignages qui m’ont beaucoup touchée et ébranlée ».

La ministre affirme qu’elle a rapporté ces problèmes « dans une deuxième séance de travail qui avait pour but de les régler ». « L’idée était d’attirer l’attention sur une ambiance de travail dégradée et sur ses conséquences humaines et professionnelles », poursuit-elle.

« C’est lors de cette seconde séance qu’une des personnes qui y participait s’est sentie atteinte dans son honneur par les propos que j’ai rapportés, sans les prendre à mon compte, mais bien pour illustrer l’ambiance de travail dégradée dans laquelle on se trouvait », ajoute encore Mme Amarelle.

La conseillère d’Etat socialiste dit « regretter cette affaire » et « être désolée de cette situation ». Elle insiste aussi pour dire qu’elle a une « tolérance zéro » pour ce type de problème cité. Elle souligne au passage que c’est la première fois qu’elle fait l’objet d’une plainte pénale.

Pas d’opposition

C’est le procureur général du Ministère public qui a transmis la plainte pénale au Bureau du Grand Conseil. Conformément à la loi, c’est en effet à ce dernier de décider souverainement s’il y a lieu d’autoriser l’ouverture d’une poursuite pénale contre un membre du Conseil d’Etat, après avoir demandé aux parties de se déterminer.

A ce stade, Mme Amarelle indique qu’elle ne s’opposera pas à une telle autorisation. « Je considère en effet important que la justice puisse œuvrer en toute indépendance, comme elle le ferait à l’égard de tout un chacun », souligne la conseillère d’Etat.

ATS