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Une streetbox se mue en un dojo

16 novembre 2016 | Edition N°1872

Aïkido – Un club yverdonnois a inauguré une salle d’entraînement dans un module des Champs-Lovats, avec l’ambition de faire de la Cité thermale un haut-lieu de cet art martial japonais.

Le local a été totalement réaménagé et décoré, afin d’accueillir les amateurs d’aïkido aux Champs-Lovats. ©Michel Duperrex

Le local a été totalement réaménagé et décoré, afin d’accueillir les amateurs d’aïkido aux Champs-Lovats.

«Avec 30 000 habitants, Yverdon est la deuxième ville du canton. Elle se devait d’avoir un dojo permanent pour la pratique de l’aïkido, afin de combler ce manque dans la région », lâche, d’entrée, Carl Schmitt, le fondateur de l’association Aïkido Yverdon. Après deux ans de recherches et de difficultés administratives en tous genres, le quinquagénaire a enfin inauguré son dojo dans les modules streetbox des Champs-Lovats, à Yverdon-Sud. Un lieu de vie qui se joint aux trois autres dojos permanents de l’association- mère Birankaï Suisse, aménagés à Lausanne, Berne et Zurich.

Art martial japonais né de la rencontre entre des techniques de combat, et une réflexion spirituelle et philosophique, l’aïkido se définit comme une pratique de la légitime défense à la fois martiale et non violente. Le dojo -lieu consacré à l’exercice des arts martiaux- des Champs-Lovats est tapissé de tatamis sur une surface de 83m2, tandis que les murs blancs, les boiseries et les décorations donnent à la salle un véritable air du pays du soleil levant. «Il faut s’imaginer que lorsqu’on m’a remis les clés du local, c’était brut de chez brut», narre le responsable de cette start-up peu commune et quasi totalement autofinancée.

En plus de la surface d’entraînement à proprement parler, deux vestiaires, une mezzanine et un espace d’accueil ont été aménagés. Une tâche à laquelle s’est attelée le professeur de microtechnique de la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD): «Des plans à la construction, en passant par la décoration, j’ai tout réalisé moi-même, à ma sauce. Je voulais faire de ce dojo à la fois une salle d’entraînement et un lieu de vie, de détente ; un endroit où les gens peuvent passer un bon moment après l’entraînement.»

Parcours semé d’embûches

A 58 ans, la création de ce dojo est une forme d’aboutissement personnel pour celui qui compte plus de trente ans d’expérience à son compteur dans la pratique de l’aïkido. «En 2011, lorsque j’ai déménagé à Yverdon, j’ai quitté l’association dont j’étais membre à Lausanne, afin de créer ma structure et de voler de mes propres ailes», souligne le disciple confirmé, devenu instructeur.

En raison de la pénurie de locaux que connaît la Cité thermale, trouver une salle n’a de loin pas été un long fleuve tranquille pour Carl Schmitt. «Ça a même été un véritable parcours du combattant», renchérit l’intéressé. Ce n’est qu’en mai de l’année passée, soit deux ans après le début des recherches, et après moult rebondissements, que les Champs- Lovats se sont avérés être la meilleure solution.

Destinés aux femmes comme aux hommes, de tous âges et sans catégorie, les cours d’aïkido visent la pratique d’un exercice physique, mais également le développement spirituel de l’élève. «Je dispense d’ailleurs depuis peu des cours dans le cadre des sports facultatifs de la HEIG-VD. C’est très bénéfique pour les étudiants, notamment pour la concentration», conclut Carl Schmitt.

Cherche colocataires !

En plus d’accueillir les membres du club Aïkido Yverdon-les-Bains, Carl Schmitt projette de sous-louer le dojo à des associations proposant la pratique d’arts martiaux, tels que le tai-chi-chuan ou, moins connu, l’iaido, l’art japonais traditionnel de dégainer un sabre. «Cela me permettrait de tourner économiquement, ainsi que d’élargir l’offre sportive dans le dojo», note le responsable.

D’autres activités comme le yoga, les pilates, les gymnastiques, ainsi que toutes formes de pratiques de mouvements corporels qui nécessitent des tapis sont possibles. «J’envisage également de donner des cours d’aïkido adaptés au troisième âge», ajoute Carl Schmitt.

Simon Gabioud