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Une vraie révolution ou la débandade

16 mars 2020 | Edition N°2705

Tout est à l’arrêt sur les terrains de foot suisses à cause du coronavirus. L’avenir des championnats se jouera prochainement, et les enjeux sont énormes, notamment pour Yverdon Sport.

Le ballon ne tourne plus rond. Il ne tourne plus du tout, en ce moment. À l’heure où tous les championnats sont suspendus, le futur du football suisse – et de nombreux clubs – se joue en coulisses. De grandes décisions sont attendues ces prochains jours, alors que la réunion extraordinaire de la Swiss Football League initialement prévue aujourd’hui a été repoussée à une date encore à définir.

Le football reprendra-t-il cette saison? Et si ce n’est pas le cas, quel sera le visage des meilleures ligues du pays à l’entame du prochain exercice? Plusieurs solutions se dessinent: le statu quo; une augmentation «maîtrisée» du nombre d’équipes en Super League et en Challenge League (par exemple à douze et onze, respectivement), qui permettrait de prendre le temps de réfléchir pour les saisons suivantes; ou alors une refonte immédiate et bien plus profonde, avec par exemple deux groupes de dix équipes en Challenge League et la disparition de la Promotion League. Les scénarios sont nombreux. «C’est le moment, scande Mario Di Pietrantonio. Il existe des solutions aujourd’hui. Par contre, si tout est annulé et qu’Yverdon Sport n’est pas promu, je pose les plaques.»

Ce scénario catastrophe où tout reste figé, le président d’YS ne veut pas y croire. «Ce serait dilapider tellement d’argent. Ça me coûterait près de deux millions. Dans ces conditions, j’arrête. Et le Lausanne-Sport a investi quelque chose comme vingt millions. En ski alpin, quand la seconde manche est annulée, la première compte», argumente-t-il.

À la reprise du championnat de Promotion League ce printemps encore, le boss d’YS n’y croit pas. Pas plus que Jean-Michel Viquerat, son homologue du FC Bavois. «Les discussions vont être très chaudes», lance le dernier nommé, lui aussi complètement favorable à une refonte des championnats de SFL et de Première Ligue. «Cela permettrait aux mieux classés actuels d’être promus et aux moins bien positionnés d’être sauvés, reprend le président du club bavoisan. Mais est-ce que cela peut être mis en place en trois ou quatre mois?»

On court au bord du lac

Au stade municipal, toutes les activités sont d’ores et déjà suspendues. «Des plans d’entraînement individuels ont été envoyés aux joueurs de la première équipe, explique Serge Duperret, directeur technique d’YS. Les gars vont notamment courir au bord du lac. Notre préoccupation principale est que personne, au sein du club, ne soit infecté par le coronavirus.»

Le FC Bavois doit statuer aujourd’hui sur le maintien ou non des entraînements de sa première équipe, la dernière a être encore active pour l’heure.

 

 

Dominique Blanc positif au coronavirus

Dominique Blanc a été testé positif au coronavirus COVID-19. Il a reçu la confirmation hier matin. Le président central de l’Association Suisse de Football (ASF), âgé de 70 ans, a été contrôlé après avoir ressenti un mal de gorge et une légère toux.

Le Vaudois est actuellement en quarantaine à son domicile. «Je me sens actuellement assez bien et je ne ressens que de légers symptômes grippaux.»

Le siège de l’ASF, la Maison du football à Muri, dans le canton de Berne, est fermé depuis hier et jusqu’à nouvel avis. Toutes les mesures internes nécessaires ont été prises. Le personnel qui a eu récemment des contacts directs avec le président a été informé et se conformera aux mesures nécessaires selon les instructions du département médical de l’ASF.

 

 

Des solutions financières à trouver

Les clubs vont souffrir financièrement de cette période d’arrêt. Chacun cherche des solutions. Dans les rangs d’Yverdon Sport, où environ 90% de l’effectif est professionnel, les joueurs devraient se retrouver au chômage. «La situation pourrait devenir compliquée, reconnaît Mario Di Pietrantonio, lorsqu’il évoque les incidences financières. Beaucoup dépendra des décisions à venir.»

La problématique est encore différente au FC Bavois, où les joueurs sont amateurs et n’auront pas droit au chômage. «La situation est catastrophique pour le foot. Il y aura un grand manque à gagner, concède Jean-Michel Viquerat. Pour beaucoup de clubs, il s’agit de survie. Avec mon comité, on se demande si on touchera quelque chose des allocations dont la Confédération a parlé.»

Manuel Gremion