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Le village se bat pour garder son école

14 septembre 2017 | Edition N°2081

Donneloye – La Municipalité a récemment lancé une pétition pour s’opposer à la fermeture programmée des classes de son collège. Quatre députés, issus de quatre partis différents, soutiennent également cette action.

Cette image, prise dans la cour de l’école, pourrait appartenir au passé dès la rentrée des classes 2021. ©Carole Alkabes

Cette image, prise dans la cour de l’école, pourrait appartenir au passé dès la rentrée des classes 2021.

Lorsqu’un sentiment d’injustice taraude une communauté, la réaction ne se fait souvent pas attendre. Cette situation secoue actuellement le village de Donneloye. En effet, en mai dernier, l’Association scolaire intercommunale de la région d’Echallens (ASIRE), à laquelle la commune appartient, a fait savoir à la Municipalité, par l’intermédiaire de son comité de direction, que le collège de la localité serait fermé au plus tard fin décembre 2021, décision qui a fait grincer des dents l’Exécutif.

Résultat des courses, une pétition a récemment été lancée pour s’opposer formellement à la fermeture de l’école et pour demander à la direction de l’ASIRE de revenir sur sa décision.

«Notre commune a vu sa population augmenter ces derniers temps, détaille la syndique Lise Courvoisier. Et selon nos calculs, ce sont entre dix et quinze nouveaux enfants par année, jusqu’en 2021, qui intégreront le cursus scolaire. Aujourd’hui trois classes de 1 P à 5 P subsistent, totalisant une soixantaine d’élèves. Cette tendance à tout centraliser pénalise les villages comme le nôtre, que ce soit au niveau des écoles ou des services, comme ceux de La Poste.»

Du côté de l’ASIRE, on reste droit dans ses bottes. «Je peux comprendre que cette décision soit mal accueillie, reconnaît Daniel Leuba, le président du comité de direction. Mais pour y parvenir, nous nous sommes reposés sur une analyse impliquant huit critères définis (ndlr : besoins pédagogiques, gestion efficiente, parc immobilier, visibilité pour les citoyens, évolution de la société, prévisibilité financière communale, plus-value à la population et réponse au cadre légal). Ainsi, même si nous nous trouvons dans un état de droit, et que chacun est libre d’utiliser les outils à disposition, nous ne reviendrons pas sur notre décision.»

 

Députés à la rescousse

 

La situation de Donneloye a intrigué plusieurs députés au Grand Conseil. «La décision de fermer ce collège est regrettable, souffle le Sainte-Crix Hugues Gander. Car un village sans école, est un peu un village mort. Donneloye se retrouve à la frontière d’un découpage scolaire, et cela la dessert.» Le socialiste imagine que la séparation entre le primaire et le secondaire pourrait offrir une solution. Pour l’ASIRE, cette proposition n’est pas réalisable, car elle péjorerait les synergies possibles entre les deux niveaux.

 

Tout pour bien faire

 

L’école pourrait donc fermer malgré le fait que les infrastructures demeurent disponibles. «La commune a régulièrement investi pour répondre aux normes de l’Etat, rappelle Pierrette Roulet-Grin, et elle n’est pas du tout récompensée par une telle décision. Surtout qu’avec un collège aux normes, une salle de gymnastique et un terrain de sport attenants, il y a tout pour bien faire. Mais il semble que lorsque l’on se trouve loin des centres, il est plus difficile de sensibiliser les décideurs.» Vassilis Venizelos (Yverdon-les-Bains, Les Verts) et José Durussel (Rovray, UDC) ont également montré leur soutien à la pétition lancée par Donneloye. Le délai de retour des signatures est fixé à demain.

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Jean-Philippe Pressl-Wenger