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Vingt ans de yodel en famille, ça se fête !

20 février 2017 | Edition N°1938

Yvonand – Le groupe folklorique bernois Oesch’s die Dritten a sorti un neuvième album «Jodelzirkus», afin de célébrer leur jubilé. Entretien avec la sublime Mélanie, quelques heures avant de monter sur scène.

Il est environ 13h devant la salle polyvalente d’Yvonand. De nombreux fans piétinent d’impatience avant que les portes s’ouvrent, pour assister au concert tant attendu d’Oesch’s die Dritten, ce dimanche.

Le groupe bernois fête deux décennies de musique folklorique. En coulisse, la charmante Melanie attend d’entrer en scène. Chevelure brune et voix d’or, la chanteuse sillonne les routes d’ici et d’ailleurs avec sa famille depuis dix ans. Rencontre.

 

Melanie, comment vous sentez-vous, quelques heures avant de monter sur scène ?

Je suis très impatiente de retrouver mon public. Hier soir (ndlr : samedi), nous avons joué devant une salle comble et enthousiaste. C’est la troisième fois que nous venons chanter à Yvonand et c’est, à chaque fois, un véritable plaisir de rencontrer les Romands.

Comment avez-vous découvert le yodel ?

C’est grâce à mon grand-père que j’ai appris le yodel. Il y a vingt ans, il a fondé le trio Oesch’s die Dritten. Il a ensuite été rejoint par mon père. Avec mes deux frères, Mike et Kevin, nous représentons la troisième génération. Mes parents ont su nous transmettre l’amour de la musique folklorique. De plus, nous avons su insuffler de la modernité à notre yodel et intégrer d’autres styles de musique, tels que la country, le blues et le rock’n roll.

Votre groupe connaît un véritable succès en Suisse, mais aussi en Allemagne et en Autriche. Comment l’expliquez-vous ?

Nous n’avons jamais imaginé que la musique prenne autant d’ampleur dans nos vies. Mais je crois que ce qui fait notre force, c’est d’avoir la chance de pouvoir chanter en famille.

Justement, travailler en famille, c’est une évidence pour vous ? ¨

Cela fait dix ans que nous chantons ensemble. C’est parfois compliqué parce que chacun à ses propres idées. Mais il n’y a souvent pas besoin de mot pour comprendre ce que l’autre veut dire. On s’accorde d’un simple regard.

«Jodelzirkus» est votre neuvième album. Pourquoi avoir choisi la thématique du cirque ?

L’aventure que nous vivons tous ensemble est semblable à un cirque. C’est à la fois un synonyme d’émotion et de fantaisie. C’est un lieu qui réunit les jeunes et les moins jeunes. Toutes les couleurs et tous les rythmes de la musique des Oesch trouvent leur place dans le grand cirque du yodel.

Comment le public romand vous a découvert ?

C’est grâce à l’émission des Coups de Coeurs d’Alain Morisod que nous avons pu nous faire connaître en Suisse romande. Notre public francophone est plus démonstratif que les Suisses alémaniques et aussi plus jeune.

Vous chantez également en français, pourquoi ce choix ?

J’ai beaucoup insisté auprès de ma famille pour intérpréter des chansons en français. C’est un réel plaisir de chanter dans cette langue. Et c’est ma manière de dire merci aux fans de Suisse romande.

La chanson «Trou di eifach» existe en version bilingue. Que signifie pour vous cette chanson ?

C’est Fred Vonlanthen (ndlr : un membre des Sweet People d’Alain Morisod) qui a traduit cette chanson et ça a donné «Trouver de l’or». Dans cette chanson, j’insiste sur ces petits instants magiques de la vie et sur le fait qu’il est important de profiter du moment présent et de ses amis.

Quel rapport entretenez-vous avec vos fans ?

Après chaque concert, j’aime retrouver le public pour signer des autographes et échanger. La semaine dernière, nous étions à La Chaux-de- Fonds et une fan s’est approchée d moi pour me confier que son arrière grand-mère était originaire de mon village, dans l’Oberland bernois. Ça m’a beaucoup touchée.

A côté de la musique, à quoi occupez- vous vos loisirs ?

J’aime écrire. J’ai d’ailleurs publié mon premier livre pour enfant «Elin, la petite fille de l’arbre», en allemand. Je ne sais pas encore si une version française sera publiée.

Pourriez-vous imaginer vivre sans la musique ?

Je ne pourrais pas vivre sans elle, c’est certain (rires). La musique, c’est ce qui me rend heureuse.

Melanie Oesch a enchanté son public avec sa musique.© Michel Duvoisin Oesch’s die Dritten fêtent vingt ans de musique avec leur tournée jubilé. © Michel Duvoisin

Valérie Beauverd