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«Vingt-sept ans d’une vie, ce n’est pas rien!»

1 octobre 2020

Laurent Lambercier a vendu son «Centre Tir», situé à la route de Lausanne. L’ancien gendarme l’avait ouvert en 1993 et les souvenirs y sont nombreux.

 

Laurent Lambercier rayonne au milieu de son centre de tir. Le boss ici, c’est lui. Et il n’a aucun besoin de son t-shirt floqué «patron» pour se faire reconnaître et respecter par ses clients, qui sont devenus au fil des années des amis. Le week-end dernier, tout le monde est ainsi venu adresser un mot sympa au boss, qui a décidé de passer la main, vingt-sept ans après avoir créé le centre de tir de la rue de Lausanne. «Ils sont venus de partout, ceux de la première heure comme les nouveaux clients. évidemment que ça me touche, ce sont 27 ans de vie qui défilent en deux jours», explique l’Yverdonnois d’adoption, arrivé à 9 ans dans le Nord vaudois. Il en compte aujourd’hui 58 et il va donc quitter ce lieu si important dans sa vie d’ici quelques semaines. «Les nouveaux propriétaires arrivent le 1er octobre et je vais les accompagner jusqu’à la fin du mois pour que la transition se passe au mieux», explique-t-il alors que son «week-end d’adieux» se déroule comme il l’avait imaginé.

Le «maître de tir» ne va d’ailleurs pas s’en aller bien loin, puisqu’il va désormais diriger l’entreprise de protection Transeco, située juste à côté du stand de tir et gérée par son ex-épouse. Il va également se concentrer sur les cours pour professionnels et amateurs (lire encadré), dans un bâtiment là aussi tout proche du centre de tir, associé avec… sa future épouse! «LLA» va donc s’occuper de deux sociétés, l’une avec sa compagne actuelle, l’autre avec son ex.

Une situation un peu particulière, non? «Non, tout le monde le vit très bien, elles s’entendent parfaitement. Bon, allez, c’était un peu compliqué au début», sourit l’ancien gendarme, qui a donc eu l’idée en 1992 de créer son centre de tir. «C’était une belle idée commerciale. J’ai quitté la Police pour me lancer et je ne le regrette absolument pas. évidemment, en presque vingt-huit ans, tout n’a pas été simple tous les jours, mais je peux dire que je suis fier aujourd’hui de ce qui a été fait. Après, cette aventure au centre de tir, c’est aussi deux divorces, pour être tout à fait clair…»

Quand une passion devient un travail, et que celui-ci doit être effectué du mieux possible, il arrive que l’entrepreneur indépendant y passe plus de temps qu’à la maison… «C’est exactement ça, mais il le fallait pour développer ce centre, confie Laurent Lambercier. Nous nous sommes agrandis au fil des années, tout en gardant l’esprit du début, celui d’accueillir tout le monde et de ne juger personne. Il y a énormément de mixité sociale ici. On trouve aussi bien des avocats qui ont besoin de faire le vide que des ouvriers ou autres.»

Le regard du patron fait le tour de la buvette qu’il va quitter dans quelques semaines et s’arrête sur la table principale en bois, vers l’entrée. «Il y en a eu des discussions ici en vingt-huit ans… Pour moi, elle symbolise les rencontres, le fait que tout le monde est le bienvenu ici.» Il marque un temps d’arrêt. Et décide. «Cette table, je la prends avec moi.» Les souvenirs, eux, vont rester bien ancrés dans les murs du bâtiment.

 

 

«Les femmes sont de plus en plus nombreuses»

 

Patron du centre de tir depuis vingt-huit ans, Laurent Lambercier est bien placé pour observer l’évolution des mentalités et notamment la présence de plus en plus massive de femmes à l’aise avec les pistolets ou les fusils. «Avant, c’est bien simple, il n’y en avait pas du tout, ou alors vraiment très très peu. Et puis, il y a eu quelques pionnières et elles sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses, y compris toutes seules. Elles viennent désormais régulièrement et cette évolution est évidemment très positive», explique Laurent Lambercier. Ànoter que le centre sera repris par la société Richert et associés, déjà active à Bière et Genève dans le secteur de l’armurerie. La nouvelle entité ne proposera pas de cours, mais mettra simplement les installations à disposition des clients.

 

 

Le boss va se concentrer sur la formation

 

Impossible pour Laurent Lambercier de se couper complètement du monde du tir, puisqu’il va désormais proposer des cours pour professionnels et amateurs au sein d’une nouvelle structure baptisée «LLASRT», soit «Laurent Lambercier Shooting Range Training». Ces cours seront destinés à tout le monde. «La Police vient régulièrement utiliser mes installations, tout comme les entreprises de sécurité. Mais tout un chacun peut venir, débutant comme amateur confirmé. Je donne des cours pour tous les niveaux et c’est ce que j’aime le plus: transmettre, partager. C’est sympa et très gratifiant pour le formateur de voir les progrès qu’une personne peut faire d’une séance à l’autre. L’offre sera complémentaire du centre de tir, pas concurrente», précise «LLA».

Tim Guillemin