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Vivien Streit aurait voulu en donner tellement plus

4 février 2019 | Edition N°2428

Le néo-Yverdonnois n’a pas réussi à exploiter tout son potentiel, samedi lors du concours Hauteur et Musique, dont il était le régional en l’absence de Loïc Gasch, blessé.

C’est à 2m18 que s’est jouée la victoire du concours international de Hauteur et Musique, samedi. Le Français William Aubatin a battu son record personnel d’un centimètre pour s’imposer devant l’Allemand Falk Wendrich (2m18 aussi, mais au deuxième essai). Les deux hommes n’ont pas réussi à franchir la barre suivante, placée à 2m21 au-dessus du sol de la salle du Centre sportif de Sainte-Croix, au cours d’un beau duel final que Vivient Streit a suivi, un poil désabusé, depuis le bas des tribunes.

Le sauteur de l’Union sportive yverdonnoise n’avait pas réussi à franchir 2m08, ni même 2m12 après avoir tenté un ultime coup de poker à son dernier essai. Il a été éliminé bien trop tôt, après avoir pourtant passé avec une extrême aisance les deux premières barres à 2m et 2m04. «J’avais des sensations parfaites en début de concours, puis tout d’un coup, ça n’a plus fonctionné, maugréait l’ancien du COVA Nyon. C’est d’autant plus dur que lors des deux précédents concours, je sentais que je montais en puissance. Je pense que j’ai manqué de sérénité vers la barre.»

«J’étais en forme»

A chaud, la pilule n’était pas évidente à avaler pour celui qui a amélioré son record personnel l’été dernier, l’établissant à 2m15, quatre longues années après avoir franchi 2m14. Souvent gêné par des blessures dans l’intervalle, l’athlète de 26 ans a connu une bonne saison estivale 2018. «Cela m’a souvent pris du temps pour revenir, mais cette fois j’étais en forme. Et, en ce moment, je me sens dans les mêmes conditions, voire mieux. Je sais que j’ai les jambes.»

Vivien Streit a quitté son club à Nyon après 17 ans d’athlétisme en son sein, pour rejoindre l’USY et la nouvelle structure de l’entraîneur Nicolas Verraires à sa création en septembre. Il s’est entraîné en binôme avec le Sainte-Crix Loïc Gasch, jusqu’à la blessure de ce dernier en toute fin d’année. «Il y a une belle émulation, qui devrait nous faire progresser tous les deux, relève celui qui habite Vich, sur la Côte, et travaille à Lausanne, en plus de désormais venir s’entraîner à Yverdon-les-Bains. Mais compte tenu de tous ces changements, je sais que je dois me montrer patient avant que ça paie.»

Cela n’empêche pas le champion de Suisse en salle en titre – une couronne à défendre dans deux semaines – de se fixer des objectifs assez clairs, comme celui de passer 2m16 le plus tôt possible. «C’est une barre assez symbolique pour moi, car c’est 40 centimètres au-dessus de ma taille. Je pense que la réussir me libérera pour les suivantes.» Non, Vivien Streit n’entend pas s’arrêter là.

 

Les tout premiers mérites sainte-crix

S’il n’a pas pu concourir devant son public, Loïc Gasch était présent, samedi, pour suivre les épreuves de Hauteur et Musique. Le héros local a été honoré par sa commune en recevant un «coup de coeur» décerné par la commission sportive de Sainte-Croix.

Les autorités ont profité du concours pour remettre, pour la première fois, un mérite sportif individuel et un autre collectif: le premier a été délivré à l’inusable Rémy Lassueur qui, à 88 ans, a entamé sa 73e année de tennis de table en tant que licencié; la première équipe du FC Sainte-Croix/La Sagne a, pour sa part, été récompensée pour sa promotion en 3e ligue.

Manuel Gremion