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Vivre ensemble pour lutter contre la maladie

22 mai 2014

Depuis quelques semaines, six personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer partagent leur vie dans deux appartements de la Résidence Saint-Martin à Orbe. Une première en Suisse.

Les colocataires partagent toutes les repas et toutes les tâches communes.

Les colocataires partagent toutes les repas et toutes les tâches communes.

Pour la première fois en Suisse, six personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer -le pronostic a été clairement posé-, mais jouissant encore de nombreuses facultés vivent ensemble, dans deux appartements spécialement aménagés dans un immeuble neuf de la Résidence Saint- Martin, à Orbe, construit par Richard Promotions (La Région Nord vaudois Hebdo du 27 février).

Cette expérience nommée «Topaze», pilotée par la Fondation Saphir, qui gère, entre autres, de nombreux EMS dans la région, a pour but de favoriser le maintien à domicile de personnes qui jouissent encore de nombreuses ressources, tout en assurant leur sécurité.

Pas un hasard

Le lancement de cette expérience de cohabitation dans notre région ne doit rien au hasard. En effet, l’Association Alzheimer Suisse a son siège à Yverdon-les- Bains. Et c’est justement la directrice de cette organisation, Birgitta Martensson, qui est à l’origine de ce projet, dans lequel de nombreux partenaires sont impliqués (voir encadré). «Ce type de structure est assez répandu en Allemagne et en Suède, mon pays d’origine, et cette formule est très appréciée », explique la directrice d’Alzheimer Suisse.

Une alternative

«Un nouveau projet de vie pour se sentir aussi bien qu’à la maison !» Ce slogan résume à lui seul l’ambition de cette expérience originale, qui se veut une alternative, axée sur l’autonomie, à la vie en institution.

En effet, à part l’hospitalisation et l’entrée en établissement médico-social (EMS), il existe peu de solutions pour les personnes atteintes de démence, mais qui bénéficient encore d’un certain degré d’autonomie. «Et l’évolution de la société fait qu’il y a de plus en plus de personnes qui se retrouvent seules. Souvent, les enfants ne sont pas disponibles pour assumer l’accompagnement », expliquent André Allmendinger, directeur général de la Fondation Saphir, qui gère l’expérience au quotidien, et son prédécesseur Patrice Lévy, d’Apress (analyses, projets, réalisations en santé sociale), qui a joué le rôle de consultant.

Si on y ajoute les prévisions des spécialistes -le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer va tripler d’ici 2050-, ont voit l’intérêt de développer ce genre de structure.

Accompagnement

Les deux appartements accueillent trois locataires chacun. Chaque personne dispose de sa chambre et de sa salle d’eau. Mais salon et cuisine son communs et un accompagnateur de la Fondation Saphir assure une présence durant la journée et participe aux activités courantes de ménage et de loisirs, notamment la confection des repas. La nuit, une autre personne assure «une veille dormante» dans un local proche. Elle intervient sur demande.

Suivi assuré

«On est dans la logique du domicile. L’idée est de favoriser une meilleure qualité de vie pour le colocataire, et que cela ne coûte pas plus cher que l’institution», relève le directeur de Saphir. Ce projet a fait l’objet d’une préparation minutieuse, qui a pris deux ans. Il est suivi par un comité de pilotage, présidé par Marc Diserens, ancien chef du Service de la santé publique et président de la section vaudoise d’Alzheimer Suisse.

«Au final, cela facilite la vie des proches et cela permet aux colocataires de gagner en qualité de vie», expliquent les promoteurs de «Topaze».

 

Un véritable travail de réseau

Gagner en qualité de vie

Le projet «Topaze» implique de nombreux partenaires. Les locataires ont été proposés par les CMS (centres médicosociaux) après une information diffusée par le Réseau Nord-Broye. Apress, la Fondation Saphir, Alzheimer Suisse, Richard Promotions S.A. À Orbe, l’Etat de Vaud, ont notamment été impliqués dans le développement. Alzheimer Suisse (Don Aiuto), les Fondations Odette et Emile Moser, Accentus, Paul Schiller, Leenards, Roger de Spoelberch, et la Loterie Romande participent au financement de cette opération.

Isidore Raposo