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Y avait-il des braqueurs sur les lieux?

14 février 2018 | Edition N°2185

Chavornay - Le convoyeur de fonds, qui prétendait avoir remis le contenu de son fourgon à des malfaiteurs, a été placé en garde à vue avant d’être libéré par la police lyonnaise, hier.

Selon le témoignage d’une jeune conductrice, il n’y avait rien d’anormal, jeudi dernier à 19h45, sur le parking de Chavornay. © Michel Duperrex.

Rebondissements dans l’affaire du braquage qui a eu lieu jeudi dernier sur une aire de stationnement à la sortie d’autoroute de Chavornay (lire La Région Nord vaudois de lundi dernier). Après avoir été entendu par la Police cantonale vaudoise, samedi dernier, le convoyeur de fonds, qui avait remis le contenu de son fourgon à des malfaiteurs qui avaient, selon ses dires, kidnappé sa fille, a été placé en garde à vue par la police judiciaire de Lyon lundi, selon Le Parisien.

Même s’il refuse de préciser à quel moment le convoyeur de fonds, sa fille et son coéquipier ont été mis en garde à vue, le secrétariat de Marc Cimamonti, procureur au sein du Tribunal de grande instance de Lyon, confirme qu’ils ont été auditionnés, avant d’être libérés, hier après-midi.

Par ailleurs, les enquêteurs veulent vérifier la provenance d’une somme de quelque centaines de milliers de francs retrouvés au domicile de l’un des deux convoyeurs. Le collègue du père de la jeune fille kidnappée a assuré aux policiers qui l’interrogeaient que les braqueurs lui avaient laissé une partie du butin en guise de «préjudice moral». Ceci à l’insu de son coéquipier, selon nos confrères parisiens.

Un coup monté?

Le flou subsiste dans cette affaire. Y avait-il vraiment des braqueurs, ce jour-là à Chavornay? Si on en croit le témoignage d’une jeune femme qui confiait, vendredi dernier, avoir déposé sa collègue sur ce parking, le jour précédent à 19h45, soit au moment même du braquage, on peut douter de la présence réelle de malfaiteurs à cet endroit. Ce témoin avait en effet déclaré n’avoir «absolument rien remarqué». Questionné sur ce point, Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la Police cantonale vaudoise, déclare: «C’est justement ce que l’enquête en cours doit établir». En revanche, les forces de l’ordre ne souhaitent pas commenter la garde à vue du convoyeur de fonds, de sa fille et de son coéquipier, en France.

Contactée, Monica Leita Vermot, procureure chargée de l’affaire au sein du Ministère public de l’arrondissement du Nord vaudois, ne fait, elle non plus, aucune déclaration sur cette arrestation.

L’affaire Toni Muselin

Ce fait divers en rappelle en autre, celui du convoyeur de fonds Toni Muselin, qui avait  dérobé le contenu de son fourgon, à Lyon, le 5 novembre 2009. Condamné par les magistrats français, l’homme avait écopé d’une peine privative de liberté de cinq ans. Sur les 11,6 millions dérobés, 9,1 seulement avaient été récupérés. Le reste de l’argent demeure, à ce jour, introuvable. Le convoyeur de fonds a été libéré en 2013.

Valérie Beauverd