Logo

Yverdon à l’heure du recueillement

19 juillet 2016 | Edition N°1788

Yverdon-les-Bains – Proches et anonymes se sont rassemblés, hier soir sur la place Pestalozzi, pour rendre hommage à la petite Kayla et à sa maman, toutes deux décédées lors de l’attentat terroriste de Nice.

Le temps s’est figé, hier en début de soirée, sur la place Pestalozzi, d’habitude pleine de vie. Les rires font place aux pleurs. Après le choc et la sidération, puis l’attente insoutenable, l’heure est au recueillement pour la Cité thermale et ses habitants.

Proches ou anonymes, tous profondément émus, nombreux sont les Yverdonnois à s’être rassemblés solennellement pour rendre un vibrant hommage à la petite Kayla, six ans, et à sa maman, dont le décès lors de l’attentat de Nice a officiellement été confirmé par les autorités fédérale et cantonale hier matin.

Instants de communion

Un étendard aux couleurs du Brésil, des bougies, des fleurs et des peluches sont rassemblés pêle-mêle sur les marches du temple, aux airs de mémorial improvisé. Regroupés en arc de cercle, les gens se recueillent en silence et apportent leurs présents les uns après les autres. «Pourquoi est-ce qu’on allume des bougies ?», demande une petite fille à sa maman.

«Pour que, depuis le ciel, Kayla puisse voir que l’on pense très fort à elle», lui répond sa mère.

Pour certains, les mains semblent contenir les sanglots qui menacent. D’autres n’y arrivent pas ; les larmes ruissellent sur leur visage. Les regards vides, bercés par une infinie douceur, reflètent toute l’incompréhension qui règne. L’indignation semble inonder l’esprit de tous. Pas de haine, juste l’envie de communier avec ces vies fauchées, dont une qui prenait à peine son envol.

Quelque 150 personnes ont pris part au vibrant hommage. @ Michel Duperrex

Quelque 150 personnes ont pris part au vibrant hommage.

La démarche d’inviter la population à se rassembler et à se recueillir s’est initialement faite par le biais des réseaux sociaux, qui ont fait l’objet de diverses initiatives de soutien à l’égard de la famille. Avec l’accord des autorités yverdonnoises, c’est finalement sur un hommage sous forme de rassemblement que le choix s’est arrêté.

«Mère et fille décédées ; une famille déchirée après trois jours d’intenses recherches, malheureusement ». C’est par ces simples mots qu’Inès, à la fois grand-maman et maman endeuillée, a fait part de la terrible nouvelle sur les réseaux sociaux, tôt hier matin. Une nouvelle qui a, par la suite, été confirmée par les autorités fédérale et cantonale.

«Nous avons déjà pris des mesures d’aide et d’accompagnement pour la famille, notamment en ce qui concerne le rapatriement des deux corps, ici en Suisse», relate le porte-parole de la police cantonale, Jean- Christophe Sauterel.

Recherchée depuis le soir de l’attaque meurtrière, Cristina, 31 ans, coiffeuse d’origine brésilienne, résidait dans le quartier de la Villette avec son compagnon et ses trois enfants -Kayla, six ans, décédée, et ses deux autres filles âgées de respectivement quatre ans et huit mois, saines et sauves.

 

Soutien des autorités communales

«Les autorités expriment à nouveau leur solidarité et leurs condoléances à l’adresse de la famille en deuil et des proches des victimes», a indiqué la Municipalité d’Yverdon-les-Bains dans un communiqué publié hier. A noter que la Ville suivra au plus près les mesures mises en place par les autorités compétentes dans ce dossier. «Elle envisagera les possibilités complémentaires de soutien à la famille concernée en vue de son retour en Suisse», ont aussi souligné les autorités.

 

Employeur solidaire

Stéphanie Cornu, directrice de la fondation de soins à domicile La Solution, ne cachait pas son émotion en évoquant la tragédie que vit son employée Inès, qui a perdu sa fille, Cristina, et sa petite- fille, Kayla. «J’ai reçu un message de sa part ce matin à 5h (ndlr : hier matin). Elle n’avait pas encore de nouvelles de sa fille. Nous lui avons fait part de notre soutien. Qu’elle prenne tout le temps nécessaire pour surmonter une telle épreuve avant de retrouver le chemin du travail», relatait-elle.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Simon Gabioud