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«AggloY» à la quête d’un second souffle

22 juin 2012

Les mesures dites de deuxième génération du projet de l’agglomération yverdonnoise, AggloY, ont été présentées mardi dernier au public. Les interventions de ce dernier concernent principalement les effets pratiques. Le concept peine à toucher le simple citoyen.

Le public a écouté très attentivement les présentations du syndic Daniel von Siebenthal et des experts. Les questions, elles, touchent des points qui affectent les habitants.

La communication est un art d’autant plus difficile lorsqu’il s’agit d’évoquer un futur lointain qui, dans un monde où l’immédiateté s’est accentuée avec les nouvelles technologies, confine avec l’utopie. La séance d’information organisée par la Ville d’Yverdon-les-Bains à l’intention du public, mardi dernier à l’Aula Magna du Château, l’a, une fois encore, démontré.

En effet, au terme de la présentation des mesures dites de deuxième génération, en résumé du bilan du projet de 2007, de l’amélioration ou de la modification des mesures envisagées à l’époque, et enfin des nouvelles propositions, le public, qui a répondu relativement nombreux malgré une invitation un peu tardive, s’est principalement intéressé à des problèmes pratiques, concernant sa proximité, plutôt qu’aux grandes options.

Qu’en est-il de l’extension du service de Travys vers Grandson? L’option d’une prolongation jusqu’au Repuis avait été retenue, mais l’extension du RER jusqu’à la gare de Grandson, appelée à devenir une interface des transports -7 millions de francs y seront investis-, change la donne, a répondu le syndic yverdonnois Daniel von Siebenthal, président du comité de pilotage (COPIL) d’AggloY.

Quel est le statut des accès Sud et Ouest d’Yverdon-les-Bains? Dans le premier projet, la Confédération a refusé de positionner ces accès en priorité une. Celui qui sera déposé le 30 juin revient à la charge, mais pour l’accès Ouest. Il est urgent de réaliser le «barreau» ouest pour rejoindre le pôle Chamard-Châtelard, le plus important de la future agglomération puisqu’il pourrait accueillir la plus grande partie des 10 000 nouveaux habitants et 6000 emplois envisagés d’ici 2030.

Pêle-mêle…

L’état de l’avenue Kiener et des immeubles en bordure qui se fissurent -elle sera réaménagée-, la problématique des zones (et des prix) dans le cadre de la communauté tarifaire vaudoise (Mobilis), ou encore le réaménagement en cours de la rue Jean-André Venel, de même que les parcours des transports urbains, ont suscité des interrogations.

On le voit, l’Yverdonnois ne se sent vraiment concerné que lorsque les mesures prennent une allure concrète et le touchent, ou le dérangent, dans son quotidien.

En c’est sans doute dans ce domaine que le COPIL doit encore travailler pour trouver la formule magique pour intéresser la population des huit communes concernées à l’évolution du projet.

Il faut bien admettre que jusqu’ici, les choses ont trop souvent été faites dans le stress. «Un train pris un peu tard» en 2007, selon l’expression de Daniel von Siebenthal, une information dans l’urgence en 2012 -le dossier doit être déposé à Berne la semaine prochaine, et, même si ce fait n’a pas été évoqué, le départ abrupt de la responsable du projet et de son adjointe, sans doute source d’une certaine fébrilité. Aussi bien lors du point presse que lors de la séance publique, le président du COPIL a assuré que la population serait consultée, vraisemblablement dans le courant de l’automne.

Plus de temps

Ce sentiment d’urgence devrait disparaître dans la mesure où la Confédération, pour des questions de financement, a décidé de rallonger sensiblement le délai de réalisation, le portant de 2020 à 2030 pour le premier paquet.Daniel von Siebenthal a rappelé à plusieurs reprises que le projet n’était pas figé. Pour preuve, le réaménagement complet de la gare d’Yverdon, envisagé en 2007, n’est plus d’actualité. Par ailleurs, l’évolution des finances publiques déterminera également le rythme.

A ce stade, le réaménagement de la place du Château et de la rue Haute, à Grandson, présenté par le municipal Antonio Vialatte, s’approche de la phase de réalisation. Les choses devraient évoluer en ville d’Yverdon avec le réaménagement de la rue de l’Industrie, accès privilégié pour le projet Gare-Lac, qui, avec Chamard-Châtelard et le PST devraient permettre à une agglomération de 34 000 habitants aujourd’hui, de passer à 45 000 habitants et 21 000 emplois en 2030.

Isidore Raposo