Logo

«Je suis Brésilien, j’aime le ballon, pas le football à l’anglaise!»

4 avril 2012

Football – 1re ligue – Nouvel entraîneur d’Yverdon Sport, Junior Santos aura la difficile mission de conduire l’équipe de la Cité thermale en 1re ligue promotion. Après un premier nul obtenu -ou concédé- contre Malley, elle accueillera Naters ce soir à 20h. L’occasion de parler philosophie de jeu avec son nouveau patron.

Si Junior Santos a accepté de devenir l’entraîneur d’Yverdon Sport, c’est parce qu’il y a une véritable mission: faire progresser l’équipe dans son ensemble, comme les joueurs individuellement. Ici, il donne des conseils au jeune latéral gauche Flavio Chioda.

Une nouvelle ère a donc commencé du côté d’Yverdon Sport. Stéphan Cornu a cédé sa place à Junior Santos, qui a dirigé l’équipe pour la première fois samedi dernier au Bois-Gentil contre Malley (1-1). Ce soir, le Brésilien prendra place sur le banc de touche du Stade Municipal et il espère mener ses hommes à la victoire, contre la solide formation haut-valaisanne de Naters. Sur la pelouse, probablement pas de révolution, mais le nouvel entraîneur entend conduire une transition vers un style bien défini, qu’il évoque ici en long et en large.

La Région: Junior, quelle philosophie de jeu voulez-vous insuffler à YS?

Junior Santos: Tout d’abord, je veux que nous ayons la possession du ballon. Ensuite, que nous soyons agressifs, que nous instaurions un pressing très haut dans le terrain. Pour finir, tout cela doit reposer sur une organisation très solide. Grâce à ces trois facteurs, nous serons tranquilles et nous aurons le temps de construire. Pour l’instant, l’équipe précipite trop. Dès qu’on récupère la balle, on dégage, on veut trop vite marquer. On doit apprendre à s’amuser. Je suis Brésilien, j’aime le ballon, pas le football à l’anglaise!

Avez-vous les joueurs pour pratiquer un tel football?

Je crois que oui, même s’ils n’ont pas encore l’habitude de le faire. Mais l’équipe est composée de beaucoup de petits gabarits, qui ne peuvent pas espérer gagner des matches physiquement. Alors, pour limiter le nombre de duels, ayons le ballon et soyons plus rapides que nos adversaires. Jouons à deux, trois touches.

Depuis votre arrivée, mercredi dernier, par quoi avez-vous commencé?

Les joueurs ont besoin de bosser physiquement. La saison est trop avancée pour effectuer un travail au niveau de la puissance pure, alors nous nous concentrons sur la condition physique. Je prépare des entraînements très intensifs, où tous les exercices se font avec le ballon. Ainsi, on fait du physique sans vraiment s’en rendre compte. Cette semaine, avec les deux matches contre Malley puis contre Naters, je n’ai pas voulu trop charger. Mais dès jeudi, les joueurs vont pleurer (rires)!

Comment avez-vous vécu votre la partie de samedi dernier?

Ce n’était pas facile. Malley est une excellente équipe, d’un niveau de Challenge League à mes yeux. Elle n’est pas à sa place, au classement. Franchement, actuellement, elle est meilleure que nous. Physiquement, les joueurs sont au top. Et ils ont d’excellentes individualités, comme l’attaquant Renato Rocha, qui prend beaucoup de place.

Alors qu’au sein de votre contingent, les attaquants ne sont pas légion.

Je n’en ai qu’un vrai: Samir Talbi. S’il doit manquer un match? Je ne sais pas ce que je ferai. Peut-être un système sans attaquant à proprement parler. Wellington, Martin Douillard, ce sont de très bons joueurs, mais qui ne sont pas au mieux dans un rôle d’attaquant.

Votre effectif n’est-il pas un peu court, dans l’absolu?

Il est serré, c’est vrai. Mais il y a des solutions à trouver en fonction des situations, comme contre Malley, où j’ai changé beaucoup de choses à la mi-temps pour qu’on reprenne le contrôle du milieu de terrain, ce qui a bien marché. Je n’ai pas un onze de base arrêté, même si vraisemblablement, l’équipe qui jouera contre Naters sera presque la même que contre Malley.

Voyez-vous votre engagement sur le long terme, au sein d’Yverdon Sport?

Je vis au jour le jour. Pour l’instant, je regarde jusqu’au terme de la saison, après, on verra. Je me motive lorsqu’il y a un véritable projet, une mission. En l’occurrence, je dois faire progresser l’équipe, pour qu’elle joue bien, afin qu’elle intéresse le public de la région et des nouveaux sponsors.

 

Souvenirs de Dubaï

L’appel de la famille

Avant de s’engager avec Yverdon Sport, Junior Santos a officié durant presque une saison au Dubaï CSC, qui évolue en première division des Emirats arabes unis. Il a repris l’équipe huit matches après le début de la saison, alors qu’elle comptait zéro point, et a réussi à la conduire au maintien. Ce qui lui a conféré une certaine aura aux yeux des dirigeants, qui lui ont fait une offre de prolongation de contrat avec de juteux revenus à la clé. Mais c’est l’appel de la famille qui l’a emporté. «J’ai décidé de revenir en Suisse, car j’y ai ma femme et mes enfants et que ce n’était pas possible qu’ils m’accompagnent», explique-t-il. Il faut dire qu’au Proche-Orient peut-être plus qu’ailleurs, la sécurité de l’emploi, pour les entraîneurs de football, est toute relative. «Tu perds trois matches, tu es viré, sourit Junior Santos. Depuis mon départ en juillet 2011, Dubaï CSC en est à son quatrième entraîneur!» En contre-partie, il y a l’argent, bien sûr, les structures de travail idéales qui vont avec et… du football! Contrairement aux idées préconçues, Junior Santos affirme que le niveau du championnat est très relevé. Non seulement grâce aux étrangers dont les clubs s’attachent les services, mais aussi grâce aux locaux, qui ne cessent de progresser. «Il y en a de plus en plus qui vont avoir le niveau de faire une carrière en Europe», estime le nouvel entraîneur d’YS.

Lionel Pittet