Logo

Les Tiny Houses les font déchanter

28 février 2017 | Edition N°1944

Cheyres – La société Swiss Tiny House, qui a déposé le bilan en décembre dernier, est pointée du doigt par certains clients. Son fondateur réfute les accusations.

Geraldine Imhof ne peut pas dépasser les 30 kilomètres/heure avec son atelier mobile. ©Ludovic Pillonel

Geraldine Imhof ne peut pas dépasser les 30 kilomètres/heure avec son atelier mobile.

Geraldine Imhof a, à l’image d’une poignée de personnes, cru au rêve américain proposé par Swiss Tiny House, une entreprise créée en octobre 2015 à Cheyres dans le but de commercialiser des mini-maisons sur roues conçues à Ependes.

«J’ai eu l’idée d’en faire fabriquer une en lisant un article sur cette société. J’y ai vu une alternative intéressante au local que j’aurais loué très cher pour vendre mes produits cosmétiques au centre-ville d’Yverdon-les-Bains», commente la quadragénaire domiciliée à Châbles. Son nouvel outil de travail itinérant, sur mesure, qu’elle pourrait aménager comme elle voudrait, ne s’est pas matérialisé comme elle l’aurait espéré. Absence de retour sur ses plans, qu’il aurait fallu entièrement modifier à la dernière minute, erreur dans la commande du sol, report de la livraison de plus de deux mois (ndlr : elle a reçu un dédommagement de 1500 francs pour ce retard) et mauvaise répartition des charges de la construction sont les reproches principaux qu’elle adresse à ses mandataires. «J’ai perdu de l’argent en annulant des participations aux marchés. Le poids total de ma Tiny House est de 3,5 tonnes. C’est beaucoup plus que les 2,3 à 2,5 tonnes prévues initialement. Elle est donc beaucoup moins maniable et je ne peux pas me déplacer à plus de 30 kilomètres/heure, ce qui m’empêche de prendre l’autoroute», déplore-t-elle. Virginie Glardon, de La Chaux-de-Fonds, s’avoue quant à elle «démoralisée» par sa mauvaise expérience avec le prestataire cheyrois. «Je souffre d’une maladie et j’avais choisi de vivre dans une Tiny House entre autres pour avoir moins de nettoyage à faire, mais je dois sans arrêt éponger l’eau qui s’écoule des fenêtres. Le taux d’humidité est de l’ordre de 60 à 80, voir 90 %. J’ai décidé de déserter les lieux car des moisissures se sont installées», signale celle qui avait élu domicile dans l’habitation avec son fils.

Pas d’homologation

La moisissure s’installe dans l’intérieur de Virginie Glardon. ©DR

La moisissure s’installe dans l’intérieur de Virginie Glardon.

Ses griefs envers Swiss Tiny House sont pluriels. Sa nouvelle demeure n’a pas pu être homologuée, car le critère du poids n’aurait pas été respecté et la maison, livrée en son absence, a subi un dégât d’eau consécutif à un orage. «Les finitions des fenêtres ont été réalisées sur place quelques jours après», précise celle qui a investi dans une installation électrique pour remplacer le dispositif à gaz, qui ne lui inspirait confiance.

«La société a déposé le bilan et nous n’avons aucune garantie sur les appareils. J’ai hésité à porter plainte, mais je n’ai pas les ressources pour me battre», commente encore Virginie Glardon.

En plus des problèmes décrits, les deux femmes interrogées déplorent l’attitude méprisante, voire injurieuse de leur fournisseur. D’autres clients seraient aussi mécontents de ses services.

«La réalisation des Tiny Houses a été confiée à des professionnels de la construction»

Pascal Cornu, fondateur de Swiss Tiny House, regrette le mécontentement de ses clientes. Il assure, toutefois, que tout a été fait dans les règles de l’art. «Une Tiny House n’est pas une villa. Elles n’ont, à mon sens, pas assumé leur choix», déclare-t-il. «La pose de gouttières amovibles permettrait de régler les problèmes d’écoulement d’eau par les fenêtres chez notre cliente de La Chaux-de-Fonds. Nous n’en avons pas installé, car elle nous doit 2000 francs, que nous avons décidé de ne pas réclamer. De plus, nous l’avons rendue attentive aux problèmes de poids auquel elle s’exposait dans l’optique de l’expertise», ajoute l’entrepreneur.

Pascal Cornu affirme que «la réalisation des Tiny Houses a été confiée à des professionnels de la construction. Les matériaux utilisés sont de très bonne qualité». Selon lui, la réaction de ses clientes relève de la frustration de voir leur rêve brisé par les contraintes légales. Le dépôt de bilan de la société cheyroise serait d’ailleurs entièrement dû à ce paramètre. «La décision de l’association vaudoise des propriétaires de camping de ne pas accepter les Tiny Houses pour des raisons de hauteur a été le coup d’assommoir. Nous envisagions de faire l’acquisition d’une halle à Domdidier. La majorité de nos clients sont très contents et nous avions des offres ouvertes pour une cinquantaine de personnes. Les trois derniers mois ont été difficiles car nous avions beaucoup investi dans ce concept», conclut-il.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Ludovic Pillonel