Logo

Sylvain Homberger, une vie passée au service de sa commune

26 juillet 2016 | Edition N°1793

Ependes – Après plus de vingt ans de municipalité, dont la moitié en tant que syndic, Sylvain Homberger se retire de la scène politique villageoise. Portrait d’un homme attachant… attaché à sa commune.

Sylvain Homberger aura marqué de son empreinte le développement d’Ependes, «un village qui a su garder son identité.» ©Simon Gabioud

Sylvain Homberger aura marqué de son empreinte le développement d’Ependes, «un village qui a su garder son identité.»

Une page se tourne à Ependes. Comme bon nombre de ses collègues de la région, Sylvain Homberger a profité du changement de législature -sa cinquièmepour prendre sa retraite politique. Le 1er juillet dernier, celui qui a fêté ses 50 ans cette année a rendu les clés de son bureau à son successeur, après dix ans de syndicature, et plus du double passé à l’Exécutif.

«On dit que c’est à partir du deuxième ou du troisième mandat que l’on commence à être productif. Alors, vingt ans, ce n’est finalement pas si long», lâche, la voix posée et teintée d’un accent vaudois, l’ancien syndic. De la terrasse ombragée de la maison familiale, Sylvain Homberger balaie l’horizon du regard, s’arrêtant un instant sur le toit de l’ancien collège, rénové il y a peu. «Cet ouvrage est, justement, l’une des bonnes choses réalisées durant ces cinq législatures.»

Juillet 1994. Le cap de la trentaine pas encore franchi, le jeune paysagiste de formation suit les traces de son grand-père et il est élu à la Municipalité. «Heureusement, j’étais le seul nouveau venu à l’Exécutif. La transition des dossiers s’est donc relativement bien passée», se souvient- il. De l’aveu du cadre de l’entreprise grandsonnoise Cand-Landi, être à la tête d’un Exécutif communal ne s’apparente à aucun autre travail d’entreprise : «La rigueur n’est pas similaire. Il faut connaître l’historique des dossiers. Et, bien sûr, il faut faire preuve de beaucoup de sensibilité. C’est primordial», relate celui qui aime placer l’humain au centre de ses préoccupations.

Projet de fusion avorté

En vingt ans de municipalité, Sylvain Homberger a vu nombre de dossiers «chauds» se succéder sur son bureau. S’il devait n’en retenir qu’un ? «L’échec de la fusion, l’année passée», lâche-t-il sans hésiter. Porté à bout de bras par les autorités, syndic en tête, le projet de fusion à cinq (Belmont, Ependes, Corcelles, Essert-Pittet et Chavornay) a échoué «de peu» aux urnes. «Ça a été un vote très émotionnel, où les arguments objectifs sont restés vains», se souvient-il. Malgré la déception, l’idée de claquer la porte ne lui a jamais traversé l’esprit : «Ce n’est pas comme cela qu’une Municipalité doit travailler. D’ailleurs, le soir même, partisans et opposants se sont retrouvés au bistrot pour boire un verre.»

Contrairement à certains villages environnants, Ependes n’a pas connu un développement et une croissance démographique démesurés durant les deux dernières décennies. Seule une vingtaine d’habitants sont venus s’ajouter aux 325 qui peuplaient alors le village. «C’est une bonne chose, même si cela peut ne pas être perçu comme tel. Ependes a su garder son identité de village», souligne-t-il. Une prouesse en grande partie dûe au nombre important de sociétés que compte la bourgade : «Aujourd’hui, il n’y a plus de liens naturels entre les habitants, puisque tout le monde travaille en-dehors du village. Ces clubs et associations permettent de remédier à cela.»

Au moment de prendre congé, celui qui compte bien profiter de sa retraite politique pour se remettre au sport «de façon plus assidue», parcourt du regard la plaine de l’Orbe. «J’avoue que je me réjouis de profiter des belles soirées d’été pour enfourcher mon vélo, plutôt que de la consacrer à une assemblée de Municipalité», lâche, tout sourire, Sylvain Homberger.

Le «bon» souvenir Octobre 2012.

«L’inauguration du nouveau collège d’Ependes est probablement l’une des plus belles satisfactions de mes dix ans de syndicature. Projet tripartite réalisé avec les communes de Belmont et Suchy, la construction de cette école illustre un pari sur la jeunesse et l’avenir, et reflète la nécessité de se regrouper pour mieux avancer. C’est aussi important pour un petit village comme celui d’Ependes que de garder les enfants en son sein.»

Le «mauvais» souvenir

Mai 2014. «C’était un dimanche, très tôt le matin, se souvient Sylvain Homberger. Il était 6h, lorsque j’ai reçu un téléphone pour m’avertir qu’un villageois armé était retranché chez lui. Peu après, quarante policiers et le DARD (ndlr : détachement d’action rapide et de dissuasion) de la police cantonale étaient déployés dans tout le village pour neutraliser ce Robin des Bois, armé d’une tronçonneuse, de flèches et d’un couteau. C’était très inhabituel pour un petit village comme le nôtre.»

Enregistrer

Simon Gabioud