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A sec, un paysan salue l’arrivée de l’hélico

9 août 2018 | Edition N°2306

Balcon du Jura – L’exploitant agricole Eric Guillet est l’un des Nord-Vaudois à bénéficier de l’aide de l’Armée pour ravitailler en eau son troupeau de génisses.

Des ornières et des gros cailloux de part et d’autre d’un chemin des plus escarpés: le tronçon qui relie les Cluds au chalet d’alpage des Cernets Dessous est loin d’être une sinécure pour qui ose s’y aventurer. A moins d’avoir un tracteur ou un bon dépanneur sous la main, il est vivement déconseillé d’emprunter ce tracé en voiture. Expérience faite, il est certain qu’on ne nous y reprendra plus! Il fallait peut-être vivre cette aventure rocambolesque pour comprendre la difficulté dans laquelle se trouve Eric Guillet, propriétaire des Cernets Dessous, un alpage situé sur les hauteurs de Bullet. Depuis mardi, l’agriculteur bénéficie de l’aide de l’Armée pour être approvisionné en eau par hélicoptère, puisqu’il ne peut pas remplir l’une de ses trois citernes, située à 700 mètres de son chalet.

Rapide et efficace

«Lorsque j’ai découvert qu’une ligne téléphonique avait été mise en place par le Canton pour être ravitaillé, je n’ai pas hésité une seule seconde», révèle le septuagénaire, qui avait déjà dû être approvisionné par hélicoptère en 2015 en raison de la sécheresse. «J’ai été impressionné par la rapidité et l’efficacité de l’Armée. En 48 heures, elle était là», poursuit le Nord-Vaudois qui gère un troupeau de huitante génisses et qui, la semaine dernière déjà, a transporté des milliers de litres avec son tracteur pour remplir les deux autres citernes situées à proximité de son chalet. Depuis qu’il exploite cet alpage qui se trouve à 1360 mètres d’altitude, Eric Guillet a connu quatre sécheresses en huit ans, alors que son prédécesseur en avait connu une seule en quarante ans. «Les temps changent, mais c’est quand même inquiétant.»

Hier matin, aux environs de 9h, un hélicoptère a survolé les Cernets Dessous pour remplir la citerne. «Pour le moment (ndlr: hier peu avant midi), ils ont apporté près de 10 000 litres d’eau, mais il m’en faudra cinq fois plus, estime-t-il. Cependant, je ne comprends pas pourquoi ils sont partis si vite (ndlr: lire encadré)

Si l’or bleu acheminé par voie aérienne depuis le lac de Neuchâtel n’a pas été du goût des huitante bêtes d’Eric Guillet, elles ont toutefois dû s’en contenter. «L’eau du lac est un peu différente de celle d’alpage, explique l’agriculteur. Elle sent un peu le poisson, mais les génisses s’y habitueront.» 

Plus de renseignements au:
021 316 51 21.

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L’Armée suisse sur tous les fronts

Si Eric Guillet a été étonné de voir l’hélicoptère partir si tôt hier matin, c’est parce que l’Armée est sur tous les fronts, jusqu’à demain, voire samedi. «Il faut que chaque site soit ravitaillé en eau, commente Denis Froidevaux, chef de l’Etat-major cantonal de conduite. On en livre un peu moins que prévu, mais on en amène partout.» Par ailleurs, l’Armée a reçu des demandes des cantons de Berne et de Fribourg, qui souffrent également du manque d’eau. «C’est un paramètre à prendre en compte», assure le responsable. Et d’ajouter: «Nous ferons un point de situation en fonction des précipitations qui sont prévues jeudi (ndlr: aujourd’hui).»

Valérie Beauverd