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Les sans-abri premières victimes du froid

27 février 2018 | Edition N°2194

Les personnes sans domicile fixe sont particulièrement touchées par les températures glaciales qui sévissent actuellement. Activé hier soir, le plan «grand froid» a permis d’ajouter des places d’hébergement à La Lucarne. Si cette situation perdure et si les demandes continuent à affluer, les abris PC de la commune pourront être ouverts dès ce jeudi.

«Je ne suis pas une personne si frileuse que ça mais là, il faudrait faire quelque chose en plus.» Stéphanie, 31 ans, avait réussi à se débarasser de sa bronchite. Avec la vague de froid qui frappe la Suisse depuis la fin de la semaine dernière, elle est retombée malade. Comme elle, plusieurs sans-abri estiment que la Commune d’Yverdon-les-Bains n’a pas assez de structures adaptées pour les personnes en situation de précarité, d’autant plus avec la météo actuelle.

Vu l’urgence de la situation, les autorités communales, le service Jeunesse et Cohésion sociale (JECOS) et Police Nord Vaudois se sont pourtant coordonnés et ont déclenché le plan «grand froid» hier soir (lire encadré), en ajoutant des places au sein du Centre d’hébergement d’urgence La Lucarne.

«A partir de -5 degrés, il y a un risque vital pour les personnes qui dorment dehors. Vendredi dernier, le plan a été validé et il a été décidé d’activer des mesures spéciales dès lundi soir (ndlr: hier), annonce Cyril Maillefer, responsable de La Lucarne. Cette procédure était prête depuis plusieurs années mais elle n’avait pas encore dû être activée.»

«Enfin!», s’exclame Pierre-Yves Bassin, directeur du centre d’accueil Zone Bleue, destiné à orienter et à faire de la prévention pour toute personne concernée par la toxicodépendance, à propos de l’activation du plan «grand froid» et surtout de la possibilité donnée par les autorités d’ouvrir les abris PC. «J’ai l’impression que la Ville a peur de créer un appel d’air et que les personnes qui se trouvent dans des situations difficiles dans la région viennent toutes à Yverdon-les-Bains», lâche celui dont le centre accueille de nombreux sans-abri pendant la journée, en raison du manque de structures adaptées (lire encadré). «La Commune offre le service minimum.»

«Pierre-Yves Bassin travaille en étroite collaboration avec le JECOS. Il peut à tout moment faire des propositions qui seront transmises à la Municipalité», répond Jean-Daniel Carrard, syndic de la Commune.

Selon Cyril Maillefer, il y a des lacunes à combler: «Le problème de la précarité existe bel et bien dans le Nord vaudois.» Depuis la fin du mois de décembre, La Lucarne est en surcharge constante.

 

Gianluca Agosta