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André Huon a reçu la Légion d’honneur

2 mars 2016 | Edition N°1693

Yverdon-les-Bains – La plus haute distinction française a été décernée à un professeur de la HEIG-VD, jeudi dernier. Portrait d’un ingénieur à la force tranquille.

L’ambassadeur français René Roudaut remet les insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur à André Huon. © Muriel Aubert

L’ambassadeur français René Roudaut remet les insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur à André Huon.

Entouré de sa femme et de ses deux enfants, André Huon a écouté l’ambassadeur de France René Roudaut résumer sa carrière. Devant ses collègues, ses amis et sa famille, l’Yverdonnois a reçu, jeudi dernier, à la Résidence de France, à Berne, les insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur. Cette distinction récompense le parcours de celui qui a, notamment, participé à la création de la filière d’ingénierie de gestion de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) d’Yverdon-les-Bains.

«Vous avez fait beaucoup de choses en même temps, et ce n’est pas une critique. J’en suis impressionné», a déclaré, en guise d’introduction, l’ambassadeur en s’adressant à André Huon. Il est vrai que le curriculum vitae de celui qui a grandi dans la région parisienne ne tient plus sur une seule page depuis plusieurs années. L’ingénieur, diplômé de l’Ecole spéciale de mécanique et d’électricité (ESMS-Sudria), de l’Ecole supérieure d’électricité (SUPELEC) et de l’institut d’administration des entreprises de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, a effectué son service national comme ingénieur scientifique, avant de débuter sa carrière professionnelle, en 1983, comme ingénieur d’étude, puis comme responsable d’affaires dans des projets de systèmes informatiques embarqués.

Puis, André Huon n’a pas résisté à son envie de bouger. «Je suis venu en Suisse par attrait de la montagne», explique celui qui a dirigé plusieurs skis-clubs et associations sportives, mais qui est également moniteur de ski et juge national de compétition. Il s’est installé à Yverdon-les-Bains, en 1987, puis, trois ans après, a été nommé Conseiller du commerce extérieur de la France.

En 2002, celui qui a obtenu le titre d’ingénieur européen a décidé de quitter le monde de l’industrie pour créer des activités de conseil en développement international et devenir professeur à la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud, dans la Cité thermale. C’est suite à cet engagement que le professeur d’ingénierie et de management a participé à la création de la nouvelle filière technico-commerciale. «J’aime concevoir et arriver à un aboutissement. Je n’aime pas que les choses restent au stade de l’idée», a commenté cette force tranquille.

Mais le parcours d’André Huon, un homme calme et discret, ne se limite pas à sa vie professionnelle. Ce père de deux jeunes adultes fait partie de nombreux organismes professionnels, et d’associations. Il en préside plusieurs, comme les Groupes suisses des associations des ingénieurs de l’ESME-Sudria et de SUPELEC, qu’il a fondé en 1991.

«C’est étrange de voir défiler ainsi sa vie, a commenté, avec émotion, André Huon, après les conclusions de l’ambassadeur. Je ne pensais pas que mon existence était si dense.» Après avoir reçu plusieurs grades honorifiques, dont celui de chevalier de l’ordre national du Mérite, l’Yverdonnois qui fêtera ses 60 ans cette année, a rejoint ses aïeux dans l’ordre national de la Légion d’honneur. «Mes grands-parents ont reçu ce titre pour fait de guerre, alors que je le reçois pour affaires étrangères et développement international», a-t-il expliqué, fier de suivre leurs traces.

Muriel Aubert