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Année olympique, intérêt en pic

15 février 2018 | Edition N°2186

Comme tous les quatre ans à cette période de l’année, la discipline se retrouve sous le feu des projecteurs. Un intérêt éphémère dont compte profiter le CCLO, le club lausannois du Chavornaysan Valentin Loup et de son compère Antoine Liaudet.

«On a beau être basés à Lausanne, on est aussi le club des Nord-Vaudois.» Antoine Liaudet, responsable de l’Ecole de curling du CC Lausanne olympique (CCLO), pose le décor d’entrée. «Les joueurs d’Orbe, d’Yverdon-les-Bains et des alentours n’ont pas vraiment le choix, en fait. Soit ils s’entraînent à Neuchâtel, soit ils nous rejoignent à Ouchy. Ce sont les deux halles les plus proches. Sinon, il faut aller à Morges ou à Leysin, les seuls autres clubs du canton.»

Esprit de contradiction

Sur les 250 membres que compte le CCLO, nombreux sont donc ceux effectuant le déplacement depuis le Nord vaudois. C’est notamment le cas de Valentin Loup (27 ans), tombé sous le charme de la discipline au début des années 2000. «J’avais eu la possibilité de découvrir le curling lors d’une journée d’initiation. J’ai accroché immédiatement, à tel point que je ne me suis jamais arrêté. J’ai toujours été un original. A cette époque, j’ai testé à peu près tous les sports atypiques, du bowling au tir à l’arc. C’était sûrement par esprit de contradiction, face à mes amis qui jouaient presque tous au foot.»

Avec Antoine Liaudet et deux autres compères, le Chavornaysan fait partie de l’équipe élite du club. «On a tous commencé quasi au même moment. On a rapidement pris nos marques en jouant ensemble et notre petit groupe n’a pas changé depuis plus de dix ans», glisse le Nord-Vaudois.

Seule formation du CCLO à évoluer au plus haut niveau, elle lutte avec ses moyens pour se faire une place face aux grosses écuries du circuit mondial: «Il faut savoir que la finance d’inscription pour les tournois coûte vite cher, explique, pour sa part, le Lausannois. On doit prévoir entre 1000 et 1500 francs, sans compter tout ce qu’implique un voyage de plusieurs jours (ndlr: les compétitions débutent en général le jeudi pour s’achever le dimanche). Résultat, on se contente de plus en plus des événements qui ont lieu en Suisse.»

Pour s’en sortir, les curleurs lausannois s’occupent notamment de la section juniors du club, histoire de faire la part belle à la relève et de mettre de côté quelques sous. «Le plus compliqué est d’arriver à se coordonner pour que tout le monde puisse prendre congé à son travail et soit disponible au même moment», poursuit Antoine Liaudet.

Une nouvelle halle, et vite

Si les deux hommes n’ont pas peur de placer une partie de leurs économies dans leur passion, la halle vieillissante dont est propriétaire le club de la capitale vaudoise ne leur rend pas franchement service. «Rien que pour alimenter les lieux en énergie, cela nous revient à 70 000 francs par demi-saison», s’attriste Bertrand Dousse, président de l’Association lausannoise de curling. «Un autre souci, c’est que nos pistes ne sont pas assez larges pour accueillir des compétitions internationales, même chez les juniors», reprend Valentin Loup.

La nouvelle halle d’Ouchy ressemblerait à ça. ©François Chatelain

La nouvelle halle d’Ouchy ressemblerait à ça. ©François Chatelain

Avec le projet de réaménagment de la halle -qui s’auto-alimenterait en énergie grâce à des panneaux solaires- en prévision des Jeux olympiques de la Jeunesse 2020 (lire La Région Nord vaudois d’hier), la lumière pointe cependant au bout du tunnel. «Nos locaux sont vieux de près d’un demi-siècle, on commence à se sentir à l’étroit», lâche encore le Chavornaysan.

Les Vaudois espèrent surtout surfer sur la vague des JO de Pyeongchang. «C’est un constat qu’on effectue tous les quatre ans: les gens et les médias se prennent d’affection pour le curling en période olympique, puis nous oublient progressivement pour les trois années qui suivent. D’ici fin 2018, on devrait compter une vingtaine de membres supplémentaires. Une évolution significative», témoigne Antoine Liaudet.

Le CCLO profite donc de la tendance pour proposer des journées portes ouvertes (les 3 et 4 mars prochain) et diverses initiations: «Habituellement, ces dernières se déroulent sur huit soirs. Mais, pour l’occasion, on a décidé de les concentrer uniquement sur quatre jours. Après cette petite formation, les nouveaux venus peuvent rejoindre une de nos nombreuses équipes actives.» Et, ainsi, perpétuer le cycle.

 

Le curling mixte, une discipline à elle seule

Deux nouveautés ont récemment fait leur apparition dans les compétitions internationales: l’augmentation de la free guard zone de quatre à cinq pierres (c’est-à-dire le nombre de pierres protégées avant de pouvoir être déplacées), ainsi que l’apparition du curling mixte. Si la première est passée relativement inaperçue, la seconde a fait beaucoup de bruit, notamment grâce à la médaille d’argent obtenue par la paire suisse Jenny Perret et Martin Rios mardi à Pyeongchang. «C’est une discipline à part entière, lance Antoine Liaudet. On ne s’en rend pas compte de l’extérieur, mais cela n’a rien à voir avec le curling classique. C’est une toute autre dimension tactique à appréhender.»
Au rayon des principales différences: le nombre de joueurs (de quatre à deux), le total de coups par manche (huit à six), ainsi que le nombre de manches (dix à huit). «Le format est plus dynamique. Comptez environ 1h40 pour un match, plutôt que 2h30 habituellement.»

Florian Vaney