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Anthony Dumartheray a quitté l’équipe nationale pour enseigner

28 décembre 2015

Badminton – La carrière de l’Yverdonnois de 27 ans, multiple champion de Suisse, a pris un nouveau tournant.

Anthony Dumartheray ne range pas ses raquettes, au contraire. Mais il les sortira moins à l’international. © Jacquet -a

Anthony Dumartheray ne range pas ses raquettes, au contraire. Mais il les sortira moins à l’international.

Appelez-le «monsieur l’entraîneur national»! Non, la carrière de joueur d’Anthony Dumartheray n’est pas encore terminée. Mais, à 27 ans, l’Yverdonnois lui a donné une nouvelle orientation. «J’ai quitté l’équipe nationale. Je n’irai plus m’entraîner à Berne et je vais considérablement réduire ma participation à des tournois à l’étranger», résume-t-il.

Depuis quelques mois, le droitier du BCY est entraîneur des cadres M13 et M15 de Swiss Badminton. Un poste à 40% qu’il assume avec un immense plaisir. Sa relation difficile avec le sélectionneur national en place depuis un peu plus d’une année, le Danois John Dinesen, a accéléré les choses.

Privé de Jeux européens, à Bakou, en début d’année, après la création d’un critère «impossible à atteindre», Anthony Dumartheray s’est senti poussé vers la sortie. «L’entraîneur met la priorité sur les jeunes du cadre, ce que je peux tout à fait comprendre. Mais il leur servait les choses sur un plateau. Il me tirait contre le bas plutôt que de les pousser, eux, à me rattraper, évoque le badiste nord-vaudois, multiple champion de Suisse. A l’entraînement, c’était comme si je n’étais pas là. Je me rendais tous les matins à Berne pour pas grand-chose. Il faut bien comprendre que je ne suis pas fâché avec la Fédération, mais avec une personne en particulier.»

Les choix opérés par le sélectionneur aux derniers Championnats du monde par équipes, où Anthony Dumartheray n’a pas été aligné en simple, spécialité dans laquelle il s’entraînait pourtant depuis deux ans, ont fini de le convaincre de quitter l’équipe de Suisse, alors qu’il avait déjà postulé pour le poste d’entraîneur des juniors nationaux.

Ironie du sort, les nouvelles fonctions de l’Yverdonnois font qu’il se retrouve à collaborer avec John Dinesen. Le travail avec les jeunes doit être fait dans la lignée de ce qu’attend le Scandinave chez les plus grands. «Mais cela ne me pose absolument aucun problème, car j’estime que, comme entraîneur, il est très compétent, coupe Anthony Dumartheray. Techniquement et tactiquement parlant, je suis tout à fait d’accord avec ce qu’il propose sur le court. C’est socialement parlant, que ça ne jouait pas.» A défaut d’être les meilleurs amis du monde, tous deux collaboreront, quand nécessaire, pour le bien de chacun, celui des sportifs avant tout.

37e mondial en mixte

Dix fois de suite champion de Suisse en mixte, avec la Chaux-de- Fonnière Sabrina Jaquet, Anthony Dumartheray garde d’excellents souvenirs sous le chandail national. «Les premières années ont, certainement, été les meilleures. Je me souviens, notamment, d’une compétition en Chine, en 2009, où on avait remporté notre groupe. C’était la meilleure équipe de Suisse de ces dernières années», raconte-t-il.

Il s’est, aussi, battu pour aller aux JO, en mixte, échouant de peu. Sa partenaire et lui ont occupé le 37e rang mondial de la spécialité, au plus fort de leur collaboration. «J’ai pu participer à de super tournois. J’ai joué face aux meilleurs du monde, s’exclame-t-il. Asgar Madsen, le coach national d’alors, nous avait énormément soutenus. C’est avec lui que j’ai le plus progressé.»

Anthony Dumartheray emploie, désormais, la majorité de son temps à enseigner ses connaissances. Aux cadres vaudois et nationaux, dans son club et aux participants à la nouvelle structure sport-études créée cette année. Cela ne l’empêchera pas de défendre, encore, les couleurs du BC Yverdon, en interclubs et aux Championnats de Suisse, où il se fera un plaisir de montrer qu’il en a encore dans la raquette.

Manuel Gremion