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Après les Mondiaux, Schir reste sur sa faim

9 mars 2016 | Edition N°1698

Cyclisme sur piste – Le coureur du VC Orbe est rentré sans médaille de Londres, malgré un très bon madison, quelques jours après la déception de la poursuite par équipes.

© Juillerat -aIl y a deux tout grands rendez-vous sur piste dans l’agenda de Théry Schir, cette année. Le premier, les Championnats du monde de Londres, est passé. Il reste le plus fabuleux: les Jeux olympiques de Rio, cet été.

Le Prilléran du VC Orbe est rentré avant-hier d’Angleterre, sans médaille autour du cou. Dimanche, son camarade Claudio Imhof et lui ont dû se contenter d’une frustrante 4e place à l’ultime épreuve au programme, le madison (50 km, 200 tours), enlevée par le duo Bradley Wiggins – Mark Cavendish devant son public, dans une salle en folie.

«Même si, vu la concurrence, un 4e rang à l’américaine est un bon résultat, je reste sur ma faim», lâche Théry Schir, en tirant le bilan de ses joutes. Il faut dire qu’en début de compétition, le quatuor de poursuite par équipes -dont il fait partie- s’est manqué, ne terminant que 9e, bien loin de son niveau habituel. «C’est la première fois, depuis quelques années, que l’on se plante. Ça fait bizarre, ce d’autant plus que c’est arrivé aux Championnats du monde», concède le pistard vaudois.

Pourtant, les poursuiteurs à croix blanche se sentaient en forme. Mais rien ne s’est déroulé comme prévu le jour J. «On a commis des petites erreurs techniques qui nous ont coûté du temps. Pour commencer, on n’a mal pris connaissance de la piste, dont les virages sont très différents de ceux sur lesquels on s’entraîne en Suisse, et cela nous a fait prendre de mauvais relais. On ne s’est pas assez bien adaptés», estime-t-il. En sus, le démarreur vaudois Frank Pasche n’a pas été aussi brillant que d’habitude.

Pas ridicules

Promis, les protégés de Daniel Gisiger ont tiré les enseignements de leur contre-performance et ne commettront pas les même erreurs sur l’ovale des Jeux. Le discours demeure positif, car les récents résultats sont bons. En plus, les pistards ont prouvé être au niveau, durant le reste des Mondiaux londoniens. Le soir même de la déception de la poursuite par équipes, Claudio Imhof a décroché une médaille de bronze en scratch.

«On a pu montrer que, de manière générale, on n’était pas ridicules», réagit Théry Schir. Sur un plan personnel, sa réponse est tombée lors de sa seconde entrée en piste, pour le madison: jusque dans le dernier tour, le duo qu’il composait avec Imhof était sur le podium.

Après avoir attaqué rapidement en compagnie de la Colombie et pris un tour aux autres nations, les Suisses ont eu le temps de souffler un peu, avant de glâner des points lors des sprints (tous les vingt tours). Par contre, ils n’ont pas pu se mêler à l’emballage final, afin de conserver leur place sur le podium. Imhof, qui avait déjà pris part à deux épreuves les jours précédents, a souffert dans des derniers tours extrêmement rapides. Il faut dire que le Thurgovien a remplacé au pied levé Silvan Dillier, le compagnon habituel de Théry Schir, amoindri et qui a renoncé au dernier moment.

«Malgré le changement de coéquipier, on a pu se battre pour une médaille, positive le sociétaire du VC Orbe, qui avait décroché l’argent mondial, il y a deux ans, en Colombie. J’ai aussi pu me mesurer à Bradley Wiggins, le seul qui a réussi à attaquer quand ça devenait très dur, et voir que je n’étais pas à des années lumières.» Il est, décidément, bien dommage que le madison ne soit plus au programme olympique.

Manuel Gremion