Logo

Au-devant d’une année charnière

4 juillet 2018 | Edition N°2281

Après quatre ans passés aux Etats-Unis, dont trois au Curry College de Boston, Lionel Mauron s’apprête à disputer un ultime exercice au niveau universitaire. L’attaquant de Valeyres-sous-Montagny jouera son avenir en tant que hockeyeur.

Le temps passe vite. Voilà déjà quatre ans que Lionel Mauron est parti tenter sa chance aux Etats-Unis. Le hockeyeur de Valeyres-sous-Montagny a, depuis lors, gagné sa place outre-Atlantique dans une ligue universitaire, jusqu’à devenir l’un des leaders de son équipe du Curry College de Boston. A 24 ans, l’ancien junior de Lausanne entame sa dernière année d’études en management et de joueur avec les Colonels. Une année charnière.

De retour en Suisse depuis deux semaines, Lionel Mauron s’apprête à filer en vacances sur la côte ouest américaine avec ses parents et sa sœur Sandrine, internationale suisse de football (opérée à un genou il y a dix mois, elle a pu reprendre l’entraînement). «C’est chouette de partir ensemble, pour une fois qu’on est tous à la maison», ajoute le grand frère, qui reprendra la préparation dans la région, avant de rejoindre le Massachusetts le 7 août, pour son sprint à lui.

Faim de glace

«Je ne ferme aucune porte, autant en Suisse qu’aux Etats-Unis, mais il est clair que j’ai encore envie de jouer au hockey», lance celui dont l’avenir se décidera ces prochains mois. Les règles sont strictes dans le milieu universitaire, et les joueurs n’ont pas le droit de signer un contrat ailleurs avant d’avoir terminé leur cursus. Ils ne sont pas non plus autorisés à avoir un agent. Ils peuvent simplement faire des essais. Dans le cas de Lionel Mauron, des équipes d’ECHL – porte d’entrée pour l’AHL, elle-même antichambre de la NHL – ont déjà manifesté de l’intérêt. Rien n’est figé quant au pays dans lequel l’attaquant pourrait poursuivre sa carrière. L’hiver dernier, il est allé patiner avec Langenthal, l’un des meilleurs clubs de Swiss League, durant une semaine, histoire de se montrer et de se jauger. «A 25 ans, je ne serai plus considéré comme un jeune. Un club voudra que je puisse avoir immédiatement de l’impact. Franchement, je pense que je peux apporter quelque chose.»

L’exemple Mike Völlmin

En ce sens, le centre de 87 kilos pour 1m80 a beaucoup travaillé pour progresser. «A l’époque où j’évoluais à Lausanne, je paraissais nonchalant. Un défaut que je crois avoir gommé. La principale différence à laquelle il a fallu m’adapter à mon arrivée en Amérique du Nord, c’est que là-bas, on doit vraiment se battre chaque jour pour sa place.»

Lors de son escapade en Haute-Argovie, le Nord-Vaudois a côtoyé le défenseur Mike Völlmin. Lui aussi a passé quatre ans en NCAA III, avant qu’il ne rejoigne Langenthal et, depuis ce printemps, Genève-Servette, au plus haut niveau helvétique. Un chemin que Lionel Mauron aimerait pouvoir emprunter lui aussi, sachant qu’il est peu probable qu’un club de National League lui ouvre directement ses portes.

La saison avec le Curry College se bouclera entre février et mars de l’an prochain. Lionel Mauron aura alors le temps d’aller patiner dans différents clubs, afin de tenter de gagner le droit de poursuivre son rêve. «Par chance, je suis dans une équipe où on me fait pleinement confiance. Je me retrouve dans les meilleures conditions possibles.»

Sa meilleure saison

Le Curry College a connu un excellent dernier championnat, enregistrant 17 victoires en 25 sorties. L’équipe a pourtant ensuite été éliminée dès le premier tour des playoffs (en un match) par le futur champion.

Sur un plan personnel, Lionel Mauron, centre du premier trio, a livré son meilleur exercice, avec 30 points inscrits, dont dix buts, et pas le moindre pépin physique. «La saison à venir, on ne sera plus que trois rescapés depuis mon arrivée au club, glisse le routinier, motivé à reprendre avec une équipe compétitive. Je ferai partie des trois capitaines. Une belle reconnaissance pour un joueur européen.»

Manuel Gremion